À ma petite battante

enfant malade

Depuis que tu es née, tu as passé plus de temps ici à l’hôpital, entre ces murs gris, que dans ta chambre. Celle qui a été décorée pour toi, celle que tes toutous gardent précieusement. La maison est bien silencieuse sans toi. La bassinette vide, la balançoire qui ne berce plus, les petits vêtements bien rangés qui sont maintenant bien trop petits.

Le temps passe et il y a des jours où tout va bien car tu vas bien. Comme si de rien n’était. Puis il y a les autres jours. Ceux où l’on prend la valise, celle qui est toujours prête, celle qu’on aimerait ranger pour de bon, celle qui nous rappelle que tu es une enfant spéciale, une enfant extraordinaire née avec un mauvais cadeau du hasard. La loterie de la vie est parfois injuste, mais rien n’arrive pour rien, alors nous nous relevons et nous nous battons pour te donner toutes les chances.

Avec toi, les jours se suivent et ne se ressemblent pas car on ne peut pas savoir de quoi demain sera fait. Tout peut basculer. Un sourire aujourd’hui, une larme demain. La pilule miracle n’existe pas et le traitement est un long parcours. Mon cœur se serre de te voir souffrir. On apprend les mots patience et résilience et on nous répète de vivre un jour à la fois alors que je ne cesse de rêver à celui où tu iras mieux.

Quand tu iras mieux, on chérira chaque instant passé ensemble à la maison. Voir le sourire sur ton visage quand on est tous là : papa, moi et tes sœurs à te faire un gros câlin. Ces moments de tendresse qui nous manquent énormément.

Quand tu iras mieux, on créera des souvenirs à profusion : je t’emmènerai à la mer, voir tes petits pieds effleurer le sable. Je t’emmènerai au parc, au zoo, partout. Tu grandiras et on ira à la crèmerie. On ira voir les grands-parents, les amis, la famille et je verrai le bonheur briller dans tes petits yeux. Tu deviendras une magnifique petite fille, une adorable jeune femme, tu changeras le monde à ta façon. Tu montreras fièrement ta cicatrice et toutes ces épreuves seront derrière toi.

Oui, on sourira en pensant à tout ce que tu as pu traverser, à toutes ces batailles qui ont contribué à forger celle que tu es.

Tellement de choses à faire.

Mais pour l’instant, guéris vite, ma petite battante. Chaque étape de plus est une victoire.

Mia Navahy, maman d’une petite battante qui a une maladie grave du foie

Crédit : C. Vanrintel/Shutterstock.com
Mia Navahy
MIA NAVAHY

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