Tu viens de partir chez tes grands-parents et tu me manques déjà

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Mon bébé,

Tu viens de partir chez tes grands-parents pour une nuit, le temps de prendre un peu de temps pour moi car les nuits ne sont jamais complètes et la fatigue s’accumule depuis un bon moment.

Tu viens de partir chez tes grands-parents pour une nuit, et mon cœur souffre déjà de ton absence.

Me balader seule dans la maison, dans le calme, sans bruit, sans cri et écouter le silence. J’en ai rêvé, j’y suis.

Et pourtant, tes jouets éparpillés me manquent, ta voix me manque, ta présence a laissé place au vide. Ce vide qui est partout car tu ne m’appelles pas, tu ne me demandes pas pour partager une partie de jeu avec toi, tu ne me racontes pas tes scénarios dignes de films d’action lors de tes missions réalisées par tes figurines de superhéros.

S’asseoir à table pour le déjeuner sans me lever dix fois avant la fin du repas, sans découper la viande en petits morceaux dans d’autres assiettes, sans éponger un verre d’eau renversé, sans insister pour que tu manges des légumes, sans me fâcher parce que tu ne veux pas finir ton dîner. J’en ai rêvé, j’y suis.

Et pourtant, la petite chaise à côté de moi te réclame. Ton verre à l’effigie de ton héros de dessins animés préférés reste inutile. Les couverts colorés ne servent à personne.

Me coucher sans crainte de réveils multiples à cause de terreurs nocturnes, d’un cauchemar, d’un nez bouché, d’un pipi à faire. J’en ai rêvé, j’y suis.

Et pourtant, ce silence qui règne dans la maison me pèse. Je me demande si tu m’as réclamé au moment de te coucher, si tu es triste ou très à l’aise, si tu aurais voulu être dans ton lit, si tu penses à moi. Je n’ai pas de bisou à déposer sur ton front en passant une dernière fois dans ta chambre, pas de pantoufles à écarter de ton lit au cas où tu te lèverais la nuit pour t’éviter de trébucher. Je n’ai pas cette image à la fois apaisante et attendrissante de toi, sereinement endormi. Tes petits pas feutrés venant à mon lit la nuit ne se feront pas entendre, ton petit corps chaud cherchant ma présence rassurante ne viendra pas se coller à moi, je n’écouterai pas ta respiration lente et profonde si lénitive.

Être réveillée le matin par la lumière et mon cycle naturel de sommeil, en douceur. J’en ai rêvé, j’y suis.

Et pourtant, je voudrais t’entendre m’appeler. Je voudrais te voir sauter sur mon lit pour venir faire un câlin avant de nous lancer dans le rythme infernal de la journée.

Ne rien faire. M’allonger dans le canapé, regarder le temps qui passe. Ne pas me lever une fois assise pour atteindre ton livre préféré que tu réclames, ne pas être interpellée toutes les 3 minutes pour te regarder jouer, ne pas répondre à tes mille « pourquoi ». M’ennuyer même, peut-être. J’en ai rêvé, j’y suis.

Et pourtant, que le temps est long ! Une journée sans toutes ces petites choses à faire pour toi, avec toi, est sans cadence, monotone.

Faire quelque chose pour moi seule, me consacrer à ma passion, m’investir dans un projet personnel ou professionnel sans être interrompue. J’en ai rêvé, j’y suis.

Et au moment de me mettre au travail, je cherche ma motivation. Ma motivation, c’est toi car je veux te montrer que nous pouvons accomplir plein de choses, petites et grandes. Que notre seule limite c’est nous-mêmes. T’emmener sur le chemin de l’ambition et du plaisir de faire.

Partir au magasin pour refaire ma garde-robe sans personne à attacher dans le siège-auto, sans personne qui s’impatientera très rapidement, sans pression. J’en ai rêvé, j’y suis.

Et pourtant, je te cherche à l’arrière de la voiture dans le rétroviseur. Je commence même des phrases qui prennent fin subitement quand je m’aperçois que tu n’es pas là. Et la radio doit combler ce silence.

Me retrouver avec ton papa. Juste nous deux. Pouvoir discuter, de tout et de rien, avec fluidité. Pouvoir se donner du temps et de l’attention, trop souvent laissés de côté par le tourbillon de la vie et les to-do lists. J’en ai rêvé, j’y suis.

Mais nous ne parlons que de toi, nous nous émerveillons de la personne que tu es et il nous parait presque étrange de n’avoir qu’à nous occuper de nous.

Je viens de te déposer chez tes grands-parents, et je me sens si seule, au plus profond de moi. Ce vide immense au fond de mon cœur me ramène à l’évidence : tu es toute ma vie.

J’ai souvent pensé qu’il était réducteur de penser ainsi, voire triste car nous sommes tellement plus que de simples mères. Mais être ta maman est tellement de choses à la fois, chaque jour, chaque heure, chaque minute, chaque seconde et à chacune de tes respirations.

Mon bébé, je viens de te déposer chez tes grands-parents pour une nuit et j’ai déjà hâte de te retrouver.

Crédit : Slava Dumchev/Shutterstock.com
Nadège Pineur
NADÈGE PINEUR

Une réflexion sur “Tu viens de partir chez tes grands-parents et tu me manques déjà

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