Depuis que ton enfant s’est enlevé la vie

depressed kid

Depuis que ton enfant s’est enlevé la vie, tu te réveilles la mort dans l’âme et la larme à l’œil et tu te couches de la même façon. Tu te mords le cœur des milliers de fois par jour pour que le restant de ton être arrive à te faire moins mal et tu avances avec l’impression constante de reculer ou de faire du sur-place.

Depuis que ton enfant s’est enlevé la vie, il n’y a pas de journée où tu ne te pinces pas en avoir mal au cœur tellement tu aimerais que ce ne soit pas vrai, et ta vie continue dans un acharnement constant à apprendre à vivre sans lui.  Chaque jour, tu as l’impression que ton existence te serre la gorge à deux mains tellement respirer fait mal et tu marches sur les genoux car le poids du monde pèse trop lourd sur ta réalité.

Depuis que ton enfant s’est enlevé la vie, tu dois tout recommencer et poursuivre ta route en te rappelant constamment que tu devras le faire sans lui. Tu vis ce que tout parent sait : on ne devrait jamais survivre à son enfant et tu maudis ces statistiques dont ton enfant fait maintenant partie.

Depuis que ton enfant s’est enlevé la vie, il ne te reste plus que les souvenirs de ce que sa vie a été et ce qu’elle n’est maintenant plus. On te répète constamment que le temps panse les maux, mais chaque jour qui passe, tu constates que la blessure est encore béante, sans cicatrice apparente.

Depuis que ton enfant s’est enlevé la vie, tu souris pour faire taire l’incompréhension autour de ta situation, de ce sourire craqué et chambranlant.

Depuis que ton enfant s’est enlevé la vie, tu as perdu l’essentiel même de ta vie, la moitié de ta raison de vivre et tu continues tranquillement à combattre cette envie de le rejoindre à chaque instant qui passe.

 

Sarah Giguère
SARAH GIGUÈRE

2 thoughts on “Depuis que ton enfant s’est enlevé la vie

  1. Anick Bergevin Répondre

    Ma fille sest enlevé la vie en attendant le train pour son dernier voyage en août 2018…la douleur…cette maudite doukeur qui pogne a la gorge, qui te serrenles tripes chaque fois que tu penses aller un peu mieux… Je ne la connais que trop!!! 💞

  2. Brigitte Lehoux Répondre

    J’ai perdu mon garçon en novembre 2019. Tout ce que tu écris, je le ressens. Tu l’écris tellement bien. La cicatrice est tellement grande qu’elle sera toujours apparente. Avant la perte de mon garçon, je n’avais jamais eu ce mal de gorge serrée. Merci pour ton partage. Je suis de tout coeur avec toi.
    Brigitte, Maman de Zackaël – 5 ans pour toujours <3

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