Comment je survis au suicide de mon enfant

depressed woman alone

Ma fille a été emportée par un cancer de l’âme. Elle n’allait pas bien depuis quelques années, mais on avait l’impression d’être sur la voie de la guérison. Elle semblait être mieux, son cœur semblait moins lourd, son sourire était plus souvent de retour dans son joli visage. On avait bon espoir de la voir en rémission de son cancer de l’âme mais voilà, elle y a succombé en mettant fin à ses souffrances par un suicide.

Survivre à son enfant qui est parti trop tôt est difficile. Trop souvent, j’ai entendu de drôles de phrases comme « Je ne sais pas comment tu as fait, tu es faite forte, je n’aurais jamais été capable! ». À chaque fois qu’on me sert cette phrase, je bouille. Je ne suis pas faite plus forte, je n’ai juste pas le choix de continuer. Parce que la vie vaut la peine d’être vécue. Parce qu’elle me réserve plusieurs autres beaux moments. Parce que j’ai de belles raisons de vivre comme mes enfants, petits-enfants, conjoint et réseau d’amis très présents. Parce que le suicide d’un enfant est épouvantable, mais que je ne peux me résoudre à faire vivre ça à nouveau à ceux qui me survivront et qui ont déjà perdu un être cher, mon bébé, ma grande fille, une sœur, une tante, une amie, une amoureuse, une collègue, une voisine.

Mon deuil ne sera jamais complété, jamais fait, jamais fini. On apprend à vivre avec le souvenir de son enfant disparu. On se fait lentement, très lentement à l’idée. On s’efforce de se rappeler son odeur, son sourire, ses traits, la douceur de ses cheveux, le son de son rire. On s’accroche à nos plus beaux moments pour essayer d’oublier la crevasse qui habite maintenant une partie de notre cœur, mais jamais on ne fait complètement son deuil.

Jusqu’à la fin de nos jours, des questions demeureront sans réponse. On se refera le scénario des derniers jours, on épluchera nos souvenirs des dernières conversations, on essayera de voir venir l’imprévisible, on tentera de comprendre ce qui ne se comprendra jamais. Avons-nous échappé un détail crucial? Est-ce que nous avons dit la bonne chose? Est-ce qu’on aurait pu le sauver? Cette charge mentale pèsera sur nos épaules à tout jamais. On ne s’habituera jamais à son poids, on apprend simplement à vivre avec celui-ci.

J’ai envie de parler de ma fille. Ne vous empêchez pas de me dire à quel point elle était jolie, ça me fait du bien. Ne vous empêchez pas de me rappeler à quel point elle arrivait à vous faire rire, ça me fait sourire. Ne vous empêchez pas de me souligner à quel point elle a marqué votre vie, ces doux souvenirs m’apaisent. Son souvenir est tout ce qu’il me reste d’elle et d’en parler la rend vivante dans mon esprit. Elle n’est plus avec nous mais à chaque fois qu’on en parle, c’est comme si elle me donnait la chance, pour un court instant, de recoller le morceau qui manque à mon cœur de maman éplorée.

Ma fille n’a pas fait le choix de se suicider. À ses yeux, elle n’avait pas d’autres options pour faire taire ses souffrances. Le suicide n’est jamais une option, mais la maladie mentale brouille l’esprit. Je n’en veux pas à ma fille, mais j’aurais vraiment souhaité que son âme trouve autrement la paix qu’elle souhaitait tellement trouver.

À tous les parents qui survivent à leur enfant décédé d’un suicide, mes pensées les plus sincères sont avec vous.

Catherine I.
CATHERINE I.

16 thoughts on “Comment je survis au suicide de mon enfant

  1. Melissa Répondre

    Si triste! Je ne sais pas quoi dire… Je fais partie de celles qui pense ne pas pouvoir survivre à une tel chose. Vous êtes incroyable. Tout ceux qui continue malgré la perde d’un enfant vous êtes tout simplement incroyable. Je vous envoie tout l’amour du monde.❤❤❤😢

  2. Nathalie Répondre

    Je me retrouve tellement dans le texte mais moi, c’est ma mère qui s’est suicidée. J’ai aussi le sentiment qu’elle souffrait d’un cancer de l’âme. On ne s’en remet jamais totalement
    On continue à vivre mais plus rien n’a le même sens.

  3. Sandra Poliquin Répondre

    Je vous comprends tellement, j’ai perdu mon fils le 23 juin 2017 … ( texte sur la maman du beau Nicolas écrit par Genevievre Ricard) On ne se remet pas on …. survit…. Amitié Sandra Poliquin xxx

    1. Audrey Répondre

      Chère Dame,
      Nous avons perdus notre fils presque
      en même temps.. mon fils s’est enlevé
      La vie le 11 Mai 2017. C’est tellement difficile … L’art Décrit très bien les
      Sentiments..
      Bonne chance à vous toutes ..
      Audrey

  4. Chez capitaine maman Répondre

    Ton texte est très touchant. J’ai été cette jeune fille il y a une dizaine d’année…
    Je te souhaites à toi et ta famille pleins de courage.

  5. La blonde Répondre

    Dans mon cas ce n’est pas mon enfant, mais ma mère qui s’est suicidée.
    On “survit” c’est bien le terme. Ce choix du non-choix dont le deuil est tellement éprouvant.
    Ma pensée s’apaise en me disant que cette libération qu’elle a voulu, elle l’a probablement trouvé. En tout cas, c’est tout ce que j’espère….
    #DesPenséesPositives à vous

  6. Nathalie St Denis Répondre

    Mon fils s’est suicidé vendredi le 8 mars. Vous avez écrit ce que je ressens.

  7. Lucie Carmichael Répondre

    Ça fait du bien d’ écrire et d’ en parler avec des gens qui vivent la même épreuve que nous. Pour ma part j’ assiste à des recontres de parents en deuil. Partager notre souffrance de notre enfant. Mon fils à fait ce choix je ne lui en veut pas, il est parti avec une parti de moi, je me sens amputé, malgré toute ma douleur je continue a vivre j’ ai un autre fils il était très proche de son frère on parle beaucoup ensemble du deuil. Je suis bien entouré amis et famille. Ils sont avec nous le liens ne se brisera jamais. Je lui parle souvent mon grand garçon je t’ aime Louis. Notre amour est soudé à tout jamais.

  8. Marielle Répondre

    Ma fille est partie aussi il y a six mois.Elle avait 22 ans,elle était belle ,comme les vôtres certainement. Je me dis pour seule consolation que cette vie ne lui convenait plus, alors ,elle a fait ses valises et elle est partie. Je souhaite de tout coeur qu’elle rayonne là ou elle est et qu’elle soit épargnée de la souffrance que je vis au quotidien. Le plus dur est de continuer sans eux,.Je la vois partout; dans mes rêves, dans sa chambre, à table… Pourtant je ne peux plus l’embrasser, la toucher ,l’écouter. C’est la punition la plus terrible qu’une maman puisse vivre. De plus, la vie a repris son cours pour tous ceux qui nous entourent et malgré leur bienveillance nous avons du mal à clôturer ce chapitre douloureux de notre vie. J’ai longtemps souhaité la rejoindre et encore aujourd’hui, mais je ne sais pas ce qu’il y a de l’autre côté et ceux qui resteront souffriront doublement. Même si ce n’est pas bien, je garde secrètement au fond de moi l’espoir que le temps qui me séparent d’elle ne soit pas trop long.

    1. Audrey Répondre

      My God.. je vous comprends tellement
      .. je vis exactement la même chose 😥
      Même si j’ai encore une fille.. mon fils me manque tellement que j’ ai souvent envie d’a Le rejoindre

  9. Parents pour toujours Répondre

    Comme je vous comprend et je sympathise beaucoup avec vous, notre fils s’est enlevé la vie il y a 3 mois et c’est avec une peine et une douleur indescriptible que nous vivons cela à chaque jour, une partie de nous est partie avec lui et c’est insupportable.

  10. Lucie Carmichael Répondre

    Je vous comprend, j’ai perdu mon fils il s’est enlevé la vie à 31 ans ça va faire bientôt 1 an et demi. Très difficile je le pleur à chaque jour et présentement les fêtes approchent. La douleur est plus vive et insoutenable. J’ ai un autre fils qui m’ aide à traverser cette épreuve. Il faut en parler et se faire aider, j’assiste à des recontres de parents qui ont vécu la perte d’ un enfant. Partager cette grande peine sa fait du bien. Je sais qu’il veille sur nous mon grand garçon notre amour restera indéfiniment soudé à tous jamais. Je t’ aime. Maman.

  11. manon Répondre

    Moi ces très frais il ses enlever la vie le 8 décembre 2019. Nous nous sommes parler le 24 novembre . Il voulais retourné à l’école en janvier ,avait pris un appartement, je dirai plus un cercueil. Mon fils n’a jamais eu un vie facile. Je n’étais pas d’accord avec ses choix de vie ,rue,drogue, jamais de place fixe, il étais rebelle mon grand mais jamais au grand jamais je n’aurais penser qu’il ferait ce geste. On n’en parlais ouvertement. Mon fils avait beaucoup de petite cause judiciaire. Tous ses délit étais lier . Pour stationnement la plupart. Non il n’était pas un enfant de coeur mais il était mon fils.❤je l’ai ramener à la maison pour toujours lui qui m’avait habituer à son absence physique ,on se parlais régulièrement surtout pour que je l’aide financièrement je n’en avais pas les moyen. Je lui répétais souvent que l’on ne pouvait pas avoir de l’argent si on ne travaillais pas. Peut être tanner de cet vie de merde trop difficile pour ces jeunes il a décider d’en finir sans me prévenir. Le seul soulagement que je peux avoir ces d’arrêter de m’inquiéter pour lui . Mon fils avait 33 ans

  12. manon Répondre

    Moi ces très frais il ses enlever la vie le 8 décembre 2019. Nous nous sommes parler le 24 novembre . Il voulais retourné à l’école en janvier ,avait pris un appartement, je dirai plus un cercueil. Mon fils n’a jamais eu un vie facile. Je n’étais pas d’accord avec ses choix de vie ,rue,drogue, jamais de place fixe, il étais rebelle mon grand mais jamais au grand jamais je n’aurais penser qu’il ferait ce geste. On n’en parlais ouvertement. Mon fils avait beaucoup de petite cause judiciaire. Tous ses délit étais lier . Pour stationnement la plupart. Non il n’était pas un enfant de coeur mais il était mon fils.❤je l’ai ramener à la maison pour toujours lui qui m’avait habituer à son absence physique ,on se parlais régulièrement surtout pour que je l’aide financièrement je n’en avais pas les moyen. Je lui répétais souvent que l’on ne pouvait pas avoir de l’argent si on ne travaillais pas. Peut être tanner de cet vie de merde trop difficile pour ces jeunes il a décider d’en finir sans me prévenir. Le seul soulagement que je peux avoir ces d’arrêter de m’inquiéter pour lui . Mon fils avait 33 ans et étais mon grand Amour pour toujours . Tu es libre maintenant ❤❤❤❤❤

  13. Gisele Dumont Répondre

    Moi aussi mon fils s’est enlevé la vie le 12 octobre 2019. Il avait un gros mal de vivre depuis un certain temps. Je l’aidais du mieux que je pouvais et financièrement aussi malgré que je n’avais pas beaucoup les moyens financiers. Je l’ai retrouvé pendu dans son logement, c’est la pire chose que j’ai vécu dans ma vie! Il prenait de la drogue et avait affaire avec la police
    Il devait comparaître dans les jours suivants. Jamais je n’aurais pensé qu’il s’ enlèverait la vie!!! J’ai tellement mal, il me manque terriblement!!!

  14. Gisele Dumont Répondre

    Mon fils également s’est enlevé la vie, le 12 octobre 2019. Je l’ai retrouvé pendu dans son logement, c’est épouvantable de voir ça!!! Il avait tellement un mal de vivre, depuis quand exactement,, dure à dire. C’est la pire chose à vivre de toute ma vie!! C’était mon seul enfant. Je l’aimais tellement, et il me manque horriblement!

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *