À toi qui as quelque chose à redire sur ma façon d’être maman

mother judging

À toi dont l’envie te démange de me partager tes jugements sur ma façon d’être mère,

À toi qui brûles d’un désir intense de me dire ce que tu désapprouves dans ma vie familiale,

J’aimerais t’inviter à y penser à deux fois avant de te lancer. Et question de t’aider à savoir quand tourner ta langue dans ta bouche sept fois avant de parler, voici un petit truc bien simple : fais preuve de la même discrétion concernant ton opinion sur ma maternité que tu le fais avec ta vie sexuelle. Oui, oui, ta vie sexuelle.

Tu sais, je me doute bien que tu as une opinion sur ma façon d’élever mon enfant tout comme je me doute que tu as une vie sexuelle. C’est normal, la plupart des gens en ont une, et c’est même sain. Ça montre que tout fonctionne : ton cerveau et ta libido. Félicitations.

Par contre, si je te croise pour la première fois de ma vie à l’épicerie, entre le pain et la confiture de framboises, vas-tu trouver approprié de me raconter que tu as scoré hier avec le beau brun du bar ou de me dépeindre en détails le style de bobettes que ton partenaire portait hier et toutes les idées coquines que ça t’a données ? Non parce que c’est privé et ça ne me concerne pas ? Eh bien, diantre, pourquoi ne pas faire la même chose avec ton opinion sur le manteau pas assez chaud à ton goût de mon bébé ou ma façon de le nourrir? Dans un cas comme dans l’autre, on ne se connaît pas assez pour que ça soit pertinent de m’en faire part.

De plus, ta vision sur la façon adéquate de s’occuper d’un bébé est un peu à l’image de ta vie sexuelle : elle t’est bien personnelle et ce qui te plaît ne me convient pas forcément. Tu peux donc t’abstenir de me partager ta forte désapprobation de la DME ou toute autre façon de faire qui ne te rejoint pas.

Quand il est question de ta vie sexuelle, le consentement mutuel est non négociable, n’est-ce pas? Eh bien, pourquoi n’appliquerais-tu pas aussi cette règle de base à ton opinion sur ma vie familiale? Ainsi, avant de me marteler les oreilles au sujet du très dangereux et malsain cododo ou de ta tristesse à l’idée de penser à un pauvre bébé qui dort seul dans sa chambre, prends le temps de vérifier si je suis intéressée à recevoir ton avis sur la question et accepte qu’il y a des chances que je te dise non et que c’est mon droit.

D’ailleurs, n’oublie pas que, qu’il soit question de parentalité ou de sexualité, il y a plusieurs façons de faire qui sont tout à fait satisfaisantes. Comme tu le sais, sous les draps, les autres ont bien le droit de ne pas faire les choses comme tu les fais; la seule personne avec qui il faut absolument être sur la même longueur d’ondes, c’est la personne avec qui tu couches. Eh bien, crois-le ou non, c’est la même chose lorsqu’il est question d’élever des enfants. Ceci étant dit, ne m’en veux pas si je n’ai pas envie d’écouter ce que tu as à me dire sur mes façons de faire avec mon bébé : le seul avec qui j’ai à m’entendre et à échanger là-dessus, c’est celui avec qui je l’élève, cet enfant-là.

Finalement, si après toutes ces considérations, tu juges toujours pertinent de me partager ta vision de ma maternité, fais comme s’il s’agissait de ta vie sexuelle : commence par les préliminaires. Tu n’as même pas besoin d’allumer des chandelles et d’étendre des pétales de rose par terre : une simple discussion où tu t’intéresses réellement à moi et à ma famille préparera très bien le terrain pour que tout ça se passe en douceur et je te jure que ça va être pas mal plus le fun pour nous deux.

Marie-Noëlle Lavertu
MARIE-NOËLLE LAVERTU

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