Le début de la fin

sad woman in bed

Une fois toutes mes boîtes dans le camion, la porte fermée, l’onde de choc. Les spasmes de larmes alors que je vois les déménageurs dans mon rétroviseur. Ça y est. Je devrai me contenter de ça. Accepter le rejet. Surmonter une peine immense. Te perdre. Toi. Nous. Eux.

Me retrouver mère célibataire épuisée. Qui déteste sa vie. Pour le moment. Amère. Comme une vengeance tranquille qui ne calme rien du tout. Et tenter d’être conciliante. Pour respecter ce que nous avons été. Pour envisager la possibilité d’une amitié entre nous, parce que tu as été cet homme. L’homme de ma vie.

Voir le désespoir de près. Le sentir qui rôde. Qui tente de m’enlever toute confiance. Et faire semblant. D’être bien. Pour rassurer les autres. Parce que si je le dis tout haut, j’arriverai peut-être à me croire. Pour cesser de voir ton regard fuyant. Pour ne pas inquiéter les enfants. Pour être moi aussi un parent convoité, plein d’entrain.

Imagine à quel point je me suis trompée pour en arriver là. Je ne t’ai pas vu venir. Je voulais tellement croire en nous. À notre capacité d’être présents l’un pour l’autre. Plus personne ne comprend ça autour.

Et maintenant je suis là, à me dire que je ne suis pas certaine de pouvoir surmonter cette tempête. Mes fondations ne sont pas assez solides. Et ma tête part en vrille. Je ne suis qu’un amas de peine et de colère. Je ne gère plus du tout. Déracinée.

Disparaître un instant. Être à nouveau apte. Reprendre des forces. Me laisser porter par la brise. Pour finalement, ressentir un peu de beau. Un jour. Être en mesure de me réjouir un peu encore. Combler le vide. De ne pas me sentir chez moi. De ne plus sentir ta peau. De ne plus être bien nulle part. De devoir partager la présence des enfants. Et vivre cette froideur installée entre nous.

Le soir, seule dans ma nouvelle maison, je me demande bien par où commencer pour arrêter de tourner en rond. Pour entrevoir l’horizon de belle façon.

Et ce n’est que le début. Imagine comme ce sera long.

Isabelle Bouchard
ISABELLE BOUCHARD

Une réflexion sur “Le début de la fin

  1. melanie Répondre

    Garde courage très chère! Je suis de l autre côté du miroir pour plusieurs raisons et j’ai dû remonter la pente et reprendre confiance en la femme que nous sommes une journée à la fois. Entoure toi d amie, de vraie et laisse de côté ceux qui jugent. Bonne chance!

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