L’anxiété de mon coeur à rapiécer

woman alone on bed

J’en partage des belles affaires, parce que je suis positive pis ben ben forte qu’ils disent. J’en ai vécu des affaires rushantes, j’en ai surfé des vagues de vraiment pas beau, mais là, depuis un temps, j’ai jamais eu autant peur, été aussi effrayée, j’ai jamais été aussi engloutie par la vague. Jamais je pensais que ça m’arriverait, après tout. Pis je pense qu’il faudrait généralement plus en parler; juste d’écrire ça me fait un peu de bien, peut-être que ça t’en fera aussi.

Si tu m’as pas vue ces derniers temps, j’ai l’air de ça. J’ai l’air fatigué, en même temps, ç’a l’air pas si pire tu me diras. Je peux même avoir l’air bien de loin, mais je travaille fort du mental pis de l’intérieur dans le moment.

Souffrir d’anxiété, c’est mourir un peu de l’intérieur chaque fois que la vague te submerge. C’est un combat constant vers un court moment lointain où t’auras pu mal en dedans, de partout. C’est ton coeur qui est crashé en mille morceaux, c’est des millions de poids dans ton estomac, ta cage thoracique qui squeeze pis te transperce toute. Tu respires pu ou presque, l’air est inexistant, tu peines à le faire entrer, t’aurais le goût de fermer les yeux pis te réveiller de ce cauchemar vivant. L’anxiété, ça t’alourdit partout où ça te pogne, t’as juste le goût de te mettre en boule à ce moment-là pis de pleurer pour que quelqu’un t’aide, que quelqu’un te serre fort dans ses bras, fort pis te lâche pu jamais. T’as du mal à avancer, t’as pu le goût de manger, t’as juste pas faim, t’es déjà pleine de dégoût. Pis là quand t’arrives au neutre, tu sais que la prochaine vague va te frapper tantôt, plus tard, te réveiller peut-être la nuit pis te couler un peu plus.

Quand l’anxiété cogne chez vous pis s’installe, c’est un parasite qui se propage pis tu cherches les solutions pour t’en débarrasser. Pis elles semblent inexistantes. T’oses pas trop déranger personne, mais en même temps t’as peur de toi, t’as peur d’être toute seule. T’aurais le goût de crier, que quelqu’un t’entende parce que t’es toute petite, mais t’as l’impression que personne comprend vraiment ce qui se passe. T’as peur de déranger, tu te sens lourde toi-même, alors l’angoisse de devenir lourde pour les autres prend de l’espace.

J’essaie de t’expliquer, même si tu comprends toujours pas, c’est dur quand tu l’as pas vécu de le comprendre. Si tu te sens de même des fois, ben appelle-moi, je vais te serrer dans mes bras vraiment fort pis pu te lâcher. Parce que même si dans les moments où t’aurais envie de fermer les yeux longtemps jusqu’à ce que la douleur disparaisse pour toujours, ben tu dois les garder ouverts tes yeux. T’as pas le droit de laisser les vagues te noyer. T’as pas le droit de laisser l’anxiété gagner le combat. T’as le droit d’être bien, t’as le droit de demander, t’as le droit d’être toute petite, t’as le droit de pas feeler pour une fois, t’as le droit qu’on prenne soin de toi, t’as le droit d’être entendue pis écoutée. T’as le droit de retrouver le bien, t’as le droit encore d’être heureuse. Laisse-toi prendre la main, même si tu penses qu’elles peuvent toutes te lâcher, y’en a qui restent là vraiment, sincèrement. Va chercher de l’aide, t’es courageuse et intelligente de le faire.

T’es ben plus importante que tout ça. Lève la tête pis respire, pleure ce que tu dois pleurer pis reste pas toute seule à te perdre là-dedans. Ne reste pas toute seule, ok ? Bientôt ça va allez ou plus tard, mais un jour tu vas respirer. Accroche-toi au neutre pour le moment, pis creuse pour te bâtir des châteaux doux et réconfortants pour les jours où ce sera plus beau, question d’y rester un bout.

Essaie au moins, ce que tu gagnes c’est la vie t’sais, pis t’en as juste une. Pis aime-toi plus.

Si je t’ai parlé ces derniers temps, sache que tu m’as aidée à garder les yeux ouverts un tout petit peu plus chaque fois. Sache que je te serai éternellement reconnaissante, parce que tu m’as permis de vivre encore. Sache aussi que ben, j’ai toujours besoin de toi, même si j’ai des moments neutres un peu plus longs. J’aime ça que tu prennes de mes nouvelles. Je sais pas pendant combien de temps encore, fait que merci de répondre quand je sonne, merci de me donner de ton temps précieux, même si tu sais pas quoi dire, pis que tu sais pas quoi faire, juste que tu sois là, ça me fait flotter un peu plus dans le moment un peu mieux. Merci à l’infini de rester pis de m’aimer plus que je ne peux le faire ces derniers temps. Merci du plus profond de mon coeur déchiré que je tente de rapiécer avec mes skills de couturière débutante. Merci de me donner de quoi faire des coutures.

Anxiété, tu me fais royalement chier, pis je vais piocher pour que tu gagnes pas la partie.

Ça va aller, un jour ça va aller.

Je me le promets pis je te le promets.

Carolane Tremblay

Crédit : Yupa Watchanakit/Shutterstock.com
La Collaboratrice Spotanée
LA COLLABORATRICE SPONTANÉE

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