Ce soir, je suis venue te border

little kid sleep

Ce soir, je suis venue te border.

Je suis restée là, debout, immobile, dans la pénombre, à contempler ton petit visage endormi. J’ai tenté de me remémorer tes traits, il y a six mois, un an, six ans et j’ai réalisé que ces souvenirs m’échappaient peu à peu. Qu’à chaque jour qui passe, tu grandis et j’oublie un peu plus à quel point tu as été petit.

Ce soir, je suis venue te border.

Je suis restée là, debout, immobile, dans la pénombre, à contempler ton petit visage endormi. Je t’ai trouvé grand, je t’ai trouvé beau et j’ai dû me pincer pour réaliser que tu te tenais véritablement devant moi. En chair et en os. Avec ton grand cœur, ton incroyable personnalité et toutes les forces qui sommeillent encore en toi, prêtes à éclater au lever du jour. Puis je t’ai murmuré à l’oreille que rien ne me rendait plus fière que de te regarder te transformer peu à peu en ce merveilleux garçon que tu deviens.

Ce soir, je suis venue te border.

Je suis restée là, debout, immobile, dans la pénombre, à contempler ton petit visage endormi. Et il m’a semblé que ce moment, dont j’étais pourtant le seul témoin, effaçait les traces des chicanes et des crises de larmes dont notre journée avait été victime. Que la douceur de tes yeux clos dans l’obscurité de ta petite chambre et ta respiration régulière nous donnaient une chance de tout effacer pour reprendre à zéro.

Ce soir, je suis venue te border.

Je suis restée là, debout, immobile, dans la pénombre, à contempler ton petit visage endormi. J’ai pensé aux milliers d’enfants malades qui se battent pour survivre au moment même où ma main caresse ta joue. À ceux qui meurent à la guerre sous le tonnerre de larmes de leur mère. À ceux qui périssent sous les mains de terroristes alors qu’ils n’ont rien à voir avec toute cette violence. Et j’ai réalisé la chance que j’avais que tu sois en santé. Que tu possèdes tes dix doigts, tes deux bras, tous tes orteils et que ton cœur batte au rythme de toute cette vie qui grouille en toi.

Ce soir, je suis venue te border.

Je suis restée là, debout, immobile, dans la pénombre, à contempler ton petit visage endormi. Entre deux rêves, un sourire s’est dessiné sur tes lèvres. Ce sourire que j’aime tant. Ce sourire émerveillé qui veut découvrir le monde. Ce sourire qui guérit tout. Et mon cœur s’est serré lorsque j’ai réalisé qu’il ne te suffirait pas à affronter le monde. Que mes caresses non plus. Que de bien grandes épreuves t’attendaient. Que je ne pourrais pas te protéger de la douleur pour toujours. Que dans quelques années, mon regard bienveillant au-dessus de ton visage endormi ne ferait plus le poids. Puis je me suis raisonnée, me rappelant que ton cœur trouverait toujours sa voie.

Ce soir, je suis venue te border.

Je suis restée là, debout, immobile, dans la pénombre, à contempler ton petit visage endormi. Et j’ai réalisé que malgré la fatigue, les vacances qui ne sont plus aussi reposantes qu’elles l’ont déjà été, les comptes à payer, la course effrénée pour aller te chercher à la garderie et les pratiques de soccer du samedi matin, ma vie serait incroyablement vide sans toi. Que même si l’on m’offrait des milliards de dollars pour reconstruire ma vie de toutes pièces, je ne pourrais les accepter sans qu’on me promette que tu en ferais partie. Que rien ni personne n’était plus important que d’être là, ce soir, assise au pied de ton lit, les yeux dans l’eau, le cœur gonflé d’amour.

Ce soir, je suis venue te border.

Je suis restée là, debout, immobile, dans la pénombre, à contempler ton petit visage endormi. J’ai fermé les yeux et je me suis fait la promesse de profiter de ce moment de douceur et de silence que la vie m’offre quand tu dors à poings fermés jusqu’à ce que tu sois grand et que tu me rappelles que la vie passe bien vite en te couchant après que le sommeil m’ait gagnée.

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