Je te pardonne, maîtresse

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J’ai été trompée. Pas une, pas deux, mais plus comme vingt-huit fois. Autant de fois où je me suis sentie rejetée, de seconde ligne, insuffisante et mal aimée.

J’écris ça et je t’entends déjà me dire : « Mais voyons fille, pourquoi tu n’es pas partie après la première fois? ». La vérité, c’est que je ne le sais pas, encore aujourd’hui. Une partie de moi était morte de peur, une partie se complaisait dans la faiblesse, une autre était pleine d’espoir et il y avait mon ego, blessé, qui refusait de la laisser gagner, elle. Mais qu’est-ce que je cherchais à gagner au juste? Était-ce vraiment un trophée cet homme-là? Je ne pense pas non!

Je lui en ai voulu. Je l’ai ridiculisée dans mes pensées, diminuée devant lui et rabaissée avec mes amies. Je l’ai jugée et méprisée. Je l’ai haïe de briser ma vie, mon couple et ce que je croyais qu’on bâtissait. Je l’ai tristement et stupidement analysée pour comprendre ce qu’elle avait et qui me manquait. J’ai bêtement cru que c’était ma faute, que je n’étais pas assez bien.

Même si je le détestais, je ne pouvais pas le quitter. J’avais besoin de lui prouver qu’il avait tort et que j’en valais la peine. Je me suis demandé à répétition pourquoi un homme aussi nul pouvait me rejeter moi. Après tout, je suis brillante, allumée, ambitieuse et compétente, mais je n’y croyais plus. J’étais insuffisante. Il m’avait promis l’éternité et je l’avais cru. Mais il la trouvait mieux que moi.

Alors, j’ai commencé à tout lui mettre sur le dos. C’était elle le problème, le démon, le vice auquel ils ne pouvaient résister, lui et ses faiblesses d’homme, ce pauvre garçon. J’avais besoin d’une coupable et ce devait être elle. Je refusais de la voir gagner.

Je lui ai souhaité le malheur et que le karma la reprenne au détour. Longtemps. Trop souvent. Jusqu’à ce que je me mette à lui parler pour l’écouter, plutôt que pour la juger ou lui répliquer. Face à face, j’ai vu dans ses yeux la même tristesse que dans les miens. J’ai vu son âme perdue et son cœur blessé. Et j’ai ressenti non plus de la colère, du ressentiment ou de la jalousie, mais bien de l’empathie. J’ai eu envie de la rassurer, de la consoler et de lui promettre que tout allait s’arranger. Elle n’allait pas mieux que moi. Elle aussi culpabilisait, se sentait insuffisante et mal aimée. Elle était comme moi. Humaine, aimante et avide de respect, d’honnêteté et d’amour pur. Ses sentiments avaient gagné sa raison. Elle était simplement tombée sur un mauvais gars, maladroitement le même que moi. Alors j’ai compris, je lui ai pardonné et j’ai recommencé à respirer.

Maîtresse, j’ai envie de te dire que je ne t’en veux pas, que je ne t’en veux plus. Sans doute que dans une autre vie, nous aurions pu être amies. Je suis désolée que tu aies eu toi aussi à vivre cette expérience. Je suis désolée que cet homme t’ait toi aussi brisée, qu’il t’ait menti, trahie et qu’il ait violé ta confiance. Je sais ce que tu ressens. Je te comprends.

Vanessa Lalancette
VANESSA LALANCETTE

Une réflexion sur “Je te pardonne, maîtresse

  1. Sarah Répondre

    Je t’aime
    Merci
    Point

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