À toi qui as honte de consulter un psychologue

sad woman depressed

Tu es assise là, dans cette salle d’attente. La salle d’attente d’un psy.

Cette salle d’attente où jamais tu n’aurais cru devoir venir t’installer. Tu as la tête remplie de questionnements, de doutes. Remplie de remises en question, de réflexions qui n’aboutissent pas. La tête pleine de culpabilité, pleine de non-dits, pleine de honte. Tu es assise là, dans la salle d’attente d’un psy. Le regard peu assumé , les jambes croisées, mais pas très à l’aise. Tes mains sont de plus en plus moites, la boule dans ta gorge elle, est de plus en plus grosse. Tellement grosse que tu peines à avaler ta salive. Tu te demandes de quoi tu lui parleras; il te semble à présent que tes problèmes ne sont pas si gros que ça. Tu as voulu ta vie, ta famille, pourquoi te plaindrais-tu des difficultés que cela peut engendrer par moments ? Tu angoisses, l’anxiété monte, tu te demandes si tu ne voles pas la place de quelqu’un d’autre qui en aurait plus de besoin que toi. Tu as tout pour être heureuse, alors pourquoi aller te plaindre à un inconnu de tes “niaiseries” comme on te le dit souvent.

Tu es assise là, dans cette salle d’attente. Tu fixes le vide. Tu te demandes qu’est-ce que tu fais là, qu’est-ce qui t’a amenée là. Depuis que tu es mère, il est vrai que tu te sens parfois dépassée par le cycle infini des tâches et des consignes à répéter. Ces petits tracas de la vie que tu pensais être surmontables, que tu te croyais capable de traverser seule, parce que tu l’as toujours fait. Petite, on t’a montré à avancer seule et à être indépendante. On t’a appris à te faire confiance et à te dire que tu n’aurais jamais besoin de personne d’autre. On t’a appris à croire en toi, en tes capacités, en tes désirs et ton jugement. On voulait faire de toi une femme forte, un pilier pour sa famille, un modèle à suivre pour ses enfants.

Combien de fois t’a-t-on dit : “Ne raconte pas ta vie à tout le monde, garde ça pour toi”, “Ce n’est pas si grave, regarde en avant et continue”, “Cesse de te plaindre, tout le monde passe par là”. Ces phrases pleines de bon vouloir, ces phrases qui, au fil du temps, on fait de toi cette femme forte dont ils rêvaient tous ont également contribué à former une épaisse carapace sur ton dos. Une carapace à l’épreuve des émotions, de l’aide offerte et des oreilles attentives prêtes à t’écouter. Certes, elle a su te protéger, mais maintenant elle s’est transformée en prison. Plusieurs émotions et pensées y sont captives et ne demandent plus qu’à s’évader pour que tu t’imprègnes d’un peu de liberté, de légèreté.

Oui, il est bien vrai que tu es fière de celle que tu es devenue, mais tu as le droit de te l’avouer, tu as besoin d’aide. Certains diront que c’est de la faiblesse, un manque de force intérieure, une fondation faible de ton estime de soi, un manque de confiance en toi. Mais la vérité, c’est que demander de l’aide, oser affronter ses démons et admettre qu’il est temps de changer ne sont rien d’autre que des preuves de courage et de force.

C’est un pas vers la reprise du pouvoir sur ta vie.

 

La Bohème
LA BOHÈME

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