Tu as le droit de ne pas filer le parfait bonheur même si ta famille est heureuse et en santé

baby cry with mother

Tu es la mère d’un, deux, trois enfants ou peut-être plus. Ils sont en santé, tu as un bon travail et un mari aimant.

Mais parfois, tu en as ras-le-bol. Ras-le-bol de devoir te creuser la tête toute la journée pour trouver quoi faire pour souper et passer d’interminables minutes devant le four pour nourrir ta petite famille qui va très probablement repousser son assiette après deux bouchées.

Sauf que, parce que certaines familles comptent les cennes et ont de la difficulté à joindre les deux bouts, tu ne te donnes pas le droit d’être exaspérée sous prétexte que tu es chanceuse d’avoir les sous nécessaires pour faire une bonne épicerie.

Tu es la mère d’un, deux, trois enfants ou peut-être plus. Ils sont en santé, tu as un bon travail et un mari aimant.

Mais parfois, tu en as ras-le-bol que tes enfants attrapent virus par-dessus virus. Le plus jeune a passé deux jours à vomir à cause du petit Gus qui a commencé une gastro à la garderie la semaine dernière. Ta plus vieille a ramené des poux de l’école hier et toute la famille doit passer au superbe shampoing et au peigne fin. Pis ton chum lui, c’est la grosse grippe d’homme, incapable de fonctionner normalement pour les quatre prochains jours.

Sauf que, parce que certains enfants ont une santé plus fragile que les tiens ou sont atteints de maladies graves, tu ne te donnes pas le droit d’être exaspérée sous prétexte qu’à part quelques petits virus saisonniers, ta famille est en bonne santé.

Tu es la mère d’un, deux, trois enfants ou peut-être plus. Ils sont en santé, tu as un bon travail et un mari aimant.

Mais parfois t’en a ras-le-bol de ta job. La pression est grande et la lourdeur des tâches pèse comme un dix-roues sur tes épaules. Sans parler de la conciliation travail-famille qui n’est pas simple du tout. Ton patron est compréhensif face au fait que tu as des enfants, mais tu perçois quand même son découragement quand tu dois lui annoncer que tu dois prendre une journée de congé parce que ton petit est malade, ou que tu dois quitter plus tôt pour son rendez-vous de suivis chez le doc.

Sauf que, parce que certains parents sont sans emploi ou occupent des postes plus demandants que le tien, tu ne te donnes pas le droit d’être exaspérée sous prétexte que tu as la chance d’avoir un travail qui te permet de vivre une vie assez aisée et de pouvoir subvenir aux besoins de ta petite maisonnée.

Tu es la mère d’un, deux, trois enfants ou peut-être plus. Ils sont en santé, tu as un bon travail et un mari aimant, mais sache que tu as tout à fait le droit d’être écœurée et découragée par moments. Tu as le droit d’être fâchée sans avoir de remords en pensant à ceux qui sont moins chanceux que toi. Tu as le droit de vivre tes propres drames.

Il existe forcément des gens qui vivent des situations plus difficiles que la tienne, mais ça ne veut pas dire pour autant que t’as pas le droit de pleurer lors de ta troisième tournée de shampoing de poux ou de la crevaison de ton pneu juste avant de partir chercher le petit à la garderie.

Il existe forcément des gens qui vivent des situations plus difficiles que la tienne, mais il n’existe pas de hiérarchie de la douleur ni de concours à savoir qui souffre le plus.

Des gens vivent forcément des situations plus difficiles que la tienne, mais tu as le droit de ne pas filer le parfait bonheur même si ta famille est heureuse et en santé.

Marie-Ève Marois
MARIE-ÈVE MAROIS

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