Mon bébé, tu as brisé mon coeur de pierre

mother kiss baby in bed

J’avais un coeur de pierre jusqu’au jour où je suis tombée enceinte pour la première fois. Lorsque j’ai vu le positif sur le test de grossesse, la frayeur a envahi tout mon être. J’ai eu peur. Peur comme jamais. J’ai pleuré toutes les larmes de mon corps. J’aurais voulu crier, mais aucun son ne voulait sortir de ma bouche. Je m’en voulais de ne pas avoir pris assez de précautions. D’avoir été aussi naïve. De t’avoir laissé te loger en moi. Mais sans le savoir, mon cœur de pierre venait de se fissurer, laissant entrevoir une lueur. Une lueur d’amour. Un amour auquel je n’aurais jamais cru. Un amour que je croyais impossible.

J’avais un coeur de pierre jusqu’au jour où j’ai accepté de devenir maman. Je me suis surprise à flatter mon ventre et être remplie de bonheur lorsque je te sentais bouger. À essayer de deviner quelle partie de ton corps donnait un coup sur ma main. À sentir un réconfort quand tu me réveillais au milieu de la nuit parce que tu bougeais. Comme pour me dire que tu étais là, pour ne pas que je t’oublie. À te parler, à avoir hâte de te voir enfin pour pouvoir te serrer contre moi et sentir ton odeur. À retrouver ces émotions que j’avais si longtemps enfouies au plus profond de mon être. À avoir peur de te perdre. À avoir peur que tu souffres. À avoir peur de ne pas faire les choses correctement. À avoir peur de ne pas être à la hauteur. À avoir peur que tu ne m’aimes pas.

J’avais un coeur de pierre jusqu’à ce que je me surprenne à avoir hâte de te revoir à chaque échographie. À pleurer de joie chaque fois que j’entendais ton petit cœur plein de vie battre si vite. À prendre mon temps pour te choisir le plus beau des prénoms et à me le répéter sans cesse dans ma tête pour qu’il me devienne familier. À vouloir avoir tout ce qui est le plus sécuritaire. À préparer chaque pièce de la maison pour qu’elles soient prêtes à t’accueillir.

J’avais un coeur de pierre puis le jour de ta naissance est arrivé. Ce moment de symbiose. Tu allais enfin être là. Aussitôt qu’on t’a déposé sur moi, la seule chose qui m’est venue en têt est que je devais te garder en vie. C’était ma mission. La mission que je devais accomplir à tout prix. J’étais comme un robot qui était programmé pour nourrir, changer, laver et endormir. Cette séquence se répétait comme si rien d’autre n’existait autour de moi. Je ne réalisais pas que tu étais bien là. Ça m’a pris quelques jours à t’apprivoiser toi, mais aussi moi dans ce nouveau rôle qui m’effrayait tant. Mais ensuite, mon cœur a explosé d’amour. Et tout est devenu plus facile, plus fluide.

J’avais un coeur de pierre puis je me suis surprise à passer des nuits blanches pour m’assurer que tu respirais, que tu n’avais ni trop chaud, ni trop froid, que tu étais bien là. À passer des heures à te regarder dormir, à chercher ta chaleur. À avoir peur qu’il t’arrive malheur. À sentir la tendresse m’envahir. À te chanter des chansons et te murmurer des mots doux dans l’oreille. À aimer sentir la douceur de ta joue sur la mienne. À flatter ton petit dos jusqu’à ce que tu t’endormes. À te bercer pendant des nuits entières. À pleurer de fierté chaque fois que tu réussissais à faire quelque chose de nouveau. À vouloir arrêter le temps pour que tous ces beaux moments n’aient jamais de fin.

J’avais un coeur de pierre puis tu as grandi et mon amour n’a cessé de grandir avec toi.

Tu m’as permis de devenir une personne meilleure.

Tu m’as sauvée.

Tu as brisé mon cœur de pierre et tu m’as appris à aimer de nouveau.

Angie Séguin-Lunam
ANGIE SÉGUIN-LUNAM

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