À toi qui n’es “pas prêt à être un beau-père”

annoyed stepfather

À toi qui n’es “pas prêt à être un beau-père”,

J’apprécie ton honnêteté, vraiment.

Mais ça ne te tentait pas d’y penser avant?

J’ai été transparente dans mon profil sur le site de rencontres, j’ai mentionné mon enfant pour que tu puisses prendre une décision éclairée et en toute connaissance de cause. J’ai même utilisé des Emojis avant les mots pour rendre le tout bien clair. T’sais, c’est pas tout le monde qui accepte les nuits entrecoupées, j’en suis consciente. Sauf que là, je me pose une question : as-tu pris le temps de lire mon texte de présentation ou tu t’es arrêté à ma face cute?

Pendant nos échanges, quand tu m’as demandé ce que je recherchais chez un homme, je t’ai précisé qu’aimer les enfants était un must étant donné que mon enfant vient avec moi. Tu m’as répondu que tu adorais les enfants. Je t’ai cru car je n’avais aucune raison de douter de ta parole. Tu m’as même demandé si je voulais un autre enfant un jour étant donné que tu tiens à en avoir un à toi et avouons-le, mes ovaires étaient ravis que tu le mentionnes.

Pourtant, après deux semaines/un mois/trois mois à se voir dès que possible et à jaser toute la journée, bien avant que je n’envisage de te présenter mon p’tit, tu es soudainement tombé des nues quand tu as réalisé à retardement que j’étais maman. Tu m’as sorti la même rengaine que les autres avant toi en me disant que tu me trouvais belle et gentille, qu’on s’entendait à merveille, mais que tu n’étais pas prêt à être beau-père. Tu es allé jusqu’à trouver la situation dommage parce que j’étais vraiment ton genre de femme.

À chaque fois, les deux bras me tombent.

À chaque fois, je suis déçue.

Je suis déçue parce qu’on s’entendait bien, qu’on avait du fun à parler de tout et de rien, qu’on développait une certaine complicité. Je suis déçue parce que je me réjouissais d’avoir rencontré un bon gars et que je me permettais de retrouver espoir.

Certes, dater une maman est un peu plus complexe que fréquenter une femme qui n’a pas encore expulsé un être vivant hors de son corps. Il faut danser autour des jours de garde et de la routine de dodo, il faut accepter de constamment passer en deuxième et ça peut être déroutant, j’en conviens. Mais sache qu’un enfant, c’est une richesse, pas un obstacle.

À toi qui n’es pas prêt à être un beau-père, je vais ravaler ma déception, patcher mon p’tit cœur magané et passer à autre chose.

Mais la prochaine fois que tu jaseras avec une maman, penses-y donc.

Camille Pichette
CAMILLE PICHETTE

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