À toi qui crois que je donne trop d’attention à mon enfant

mother comfort kid

À toi qui te permets de remettre régulièrement en question la façon dont j’élève mes enfants,

Je comprends que mes méthodes ne sont pas tout à fait orthodoxes et que je peux te paraître bizarre avec mes choix. Ceci dit, ce sont les miens et tout comme toi, j’ai la capacité de réflexion et aussi celle de faire mes recherches, d’évaluer les possibilités  et d’appliquer les méthodes qui correspondent le plus à mes valeurs, à mon quotidien et à mes capacités.  Alors même si je te parais un peu marginale avec mon portage, mon cododo et mon allaitement qui te semble prolongé et que le fait que je réponde systématiquement aux besoins de mon bébé te dérange, dis-toi que pour moi, c’est un choix éclairé avec lequel moi et ma famille nous sentons bien.

Quand, malgré toutes tes capacités à t’exprimer, tu pognes légitimement les nerfs, que tu perds patience, que tu cries, que tu pleures, que tu manques de mots pour t’exprimer et que tu gères certaines de tes émotions avec un verre de vin ou un morceau de gâteau au chocolat, je me demande pourquoi tu considères que je devrais exiger de mon bébé une maturité émotive qui s’acquiert avec les expériences de vie et qui est parfois difficile à atteindre, même à l’âge adulte.  Au même titre que je le ferais pour un autre être humain, j’accorderai toujours toute l’attention nécessaire à un enfant en crise.

Je choisis de considérer ses cris et ses pleurs, que tu estimes être un comportement à ignorer, comme un message important à entendre et je préfère l’accompagner dans ce processus en l’observant, en l’écoutant et en cherchant des solutions avec lui pour le guider dans cette belle aventure qu’est la vie. Je préfère ne pas traiter mon enfant comme s’il était un mini-adulte, mais plutôt comme l’être humain en apprentissage qu’il est. Tu peux voir les choses à ta façon mais merci de me laisser gérer les miennes à ma façon.

Quand tu me dis que mon bébé doit apprendre à dormir seul et que c’est malsain qu’il recherche la chaleur, l’odeur, le son de la respiration de ses parents, mais que tu me confies avoir de la difficulté à fermer l’œil quand ta douce moitié ne partage pas ton lit, je vois un drôle de paradoxe dans tes propos. Encore une fois, tu me conseilles de demander à mon enfant d’accomplir ce que tu considères en tant qu’adulte comme vide, triste et froid et difficile à surmonter. Ceci étant, non, je ne laisserai jamais mon bébé pleurer seul dans une chambre en me disant que ça va  finir par arrêter parce que pour moi, ce n’est pas la solution pour augmenter son sentiment de sécurité, ni la qualité de son sommeil.

Quand tu veux prendre mon enfant et qu’il refuse d’aller dans tes bras, je ne comprends pas que tu insistes. Toi, l’adulte, es-tu prêt à te blottir dans les bras d’un inconnu, juste parce qu’il le souhaite si fort? Non? Alors pourquoi l’exiges-tu d’un bébé qui ne te connaît pas? Comprends qu’il n’est pas prêt, s’il te plaît. Respecte son rythme et tu seras certainement récompensée par des milliers de sourires, de jeux et de câlins quand tu auras réussi à l’amadouer.  C’est ainsi qu’il comprendra qu’il a le droit d’avoir des limites et qu’il est sain de les faire respecter.

Si j’ai choisi de te partager ces mots, c’est parce que j’en ai assez que tu me crois dépassée par la maternité simplement parce que mes valeurs éducatives sont différentes de ce à quoi tu as été habituée. Sache qu’être une maman est pour moi le plus beau des cadeaux et que ma vie est plus riche qu’elle ne l’a jamais été. Sache aussi que mon amoureux et moi sommes heureux ensemble et que nous faisons équipe pour donner le meilleur à ce petit bout de bonheur qui a fait de nous une famille.

J’espère que ces quelques mots t’aideront à comprendre et à respecter ce que nous sommes.

Christine Jean
CHRISTINE JEAN

27 thoughts on “À toi qui crois que je donne trop d’attention à mon enfant

  1. Arianne-Ly Chaussé Répondre

    Excellent ❤️

  2. Elody Bachoffner Répondre

    Wow! Juste parfait Christine!
    Merci pour c’est mots!
    Le prochain qui me fait un commentaire, j’y fait lire!

  3. Nacera Yah Répondre

    Je partage totalement ton point de vu. Bravo Tu as tout très bien expliqué et résumé sur le sujet!

  4. RÉMI Amandine Répondre

    Merci !
    Merci d’avoir poser les mots que je cherche depuis la naissance de ma fille.
    Je suis maman d’une petite fille de 16 mois, toujours allaité, que je porte quand elle en a besoin. J’ai pratiqué le cododo. Aujourd’hui elle dort sur un matelas au sol comme décrit par Maria Montessori.
    Depuis sa naissance, je fais face à temps de critiques, de jugement de la part de personnes qui nous jamais allaité ( je suis la seule à allaité dans notre entourage), jamais porté, toujours laisser bébé seul dans son lit et laisser pleurer. Il pratique tous également les violences éducation ordinaire à outrance.
    Je me sens si seule avec mes principes et ma façon d’aimer ma fille. Mon conjoint a eu également beaucoup de mal à comprendre ( c’est beaucoup mieux aujourd’hui).
    Alors merci encore d’avoir trouvé les mots qu’il faut pour permettre à toutes ces personnes, non pas de comprendre, mais au moins respecter mes choix.

  5. Sébastien Répondre

    Merci, ça fait du bien ! Je me garde le lien vers cet article au chaud, afin de le ressortir la prochaine fois que quelqu’un nous fera une remarque.

  6. Maite simonneau Répondre

    Merci et c’est avec plaisir et conviction que je partage sur mon mur

  7. Emy Rêve Répondre

    Bravo pour ces mots justes!

  8. Ben Répondre

    Quand on n’est pas sur la même longueur d’onde au niveau culturel et social. .On peut toujours critiquer l’autre et s’ apostropher devant son mode de vie
    La vous nous avez bien expliquer avec une souplesse et lucidité sans doute et vous nous avez mis en question pour pouvoir être et vive comme nous voudrions et pas comme les autres nous demande de l’être
    Merci

  9. Desvaux Répondre

    Bonjour , je vous comprend toutes.
    Moi maintenant je n es plus de bébé elle sont grandes d on une et maintenant maman qui à allaiter et voilà tout c est passé comment dans le texte. Lorsque mes filles sont née j ai eu le même soucis mais moi je ne les pas allaiter !! Est oui on ne me comprener pas . Elles avaient 5 ans écarts quand la première es devenue en âge de comprendre certaine choses sa soeur reprennent le relais. Je vous parle de sa il y a 26 ans . Boucoup de nuits blanches et en travailant en 2×8 . Je couché avec elles pour pouvoir dormir mieux. Les enfants sont pas tous pareils . Oui lorsque l on n est pas comprise c est ce sentir seule. Je souhaite courage à toutes et bon pouponnage c est si beau de pouvoir prendre le temps d élevé ces enfants et de les voir grandir c est un passage de la vie qui ne faut pas raté.
    bonne continuation. ?
    Salutations

  10. Séverine Répondre

    Vos mots sont si justes ! Si seulement les gens pouvaient cesser de donner leurs avis non sollicités, si seulement ils pouvaient considérer un enfant comme ce qu’il est, plutôt que d’y voir un pervers manipulateur, si seulement nous pouvions être à l’écoute les uns des autres, le monde ne s’en porterait que mieux.
    Bravo pour ce texte, j’ai l’impression d’être moins seule en vous lisant

  11. Barthelemy Répondre

    Christine Jean, j’espère seulement que votre enfant seras plus respectueux que vous l’êtes dans vos propos. Vous voulez enseigner la bienveillance aux autres mais sur un ton agressif. Du coup pour moi votre commentaire perd de sa valeur

    1. Montoisy Répondre

      J’ai quitté un nombre incalculable de mères célibataires qui “subissaient” leurs gosses abominables qui prenaient toute la place dans leur existence pitoyable. Je suis père de deux enfants qui ont compris qu’ils étaient très importants à mes yeux mais qui ne vampirisent pas toute mon attention avec des comportements horripilants. Une éducation sans barrière, sans limite, sans frustration, sans respect de l’Autre, je n’y crois pas une seule seconde. La parentalité positive est purement et simplement une arnaque de la pire espèce qui engendre des enfants-rois, anxieux, assistés, capricieux, pleunichards, colériques, égocentriques etc… Négocier en permanence pour tout avec un mioche, c’est de la science-fiction pour moi mais hélas ce système éducatif foireux qu’est la Parentalité positive est un mouvement sectaire qui recrute de plus en plus d’adeptes.

    2. Louise Répondre

      En quoi ce texte est il agressif? Elle critique uniquement le fait, que ceux qui ne partage pas ses principes se permettent de les lui reprocher… C’est plutôt légitime de dénoncer ce mode de fonctionnement non?

  12. Virginie Répondre

    Génial. Merci je me retrouve tellement là dedans c’est dingue. Merci merci.

  13. Vivier karen Répondre

    Et sinon lorsque l on a des jumeaux comment on fait pour avoir ce système d éducation?

    1. Louise Répondre

      Avec les jumeaux, on fait ce qu’on peut… Je ne crois pas qu’il y ai de réel jugement sur les autres façons de faire dans ce texte, mais plutôt un rejet sur le jugement des autres par rapport a ses choix à elle tout simplement.

  14. Brigitte Répondre

    En même temps, faut écouter l’expérience. Un enfant qui n’a jamais eu de frustrations, qui vit dans la ouate, ne sera pas autonome et aura beaucoup de difficulté à affronter les épreuves de la vie

    1. Montoisy Répondre

      Je suis entièrement d’accord avec vous Brigitte. Comment ces pauvres gosses qui n’ont jamais connu la frustration vont – ils faire face sereinement face aux inévitables frustrations de l’existence à l’âge adulte?? Être parent c’est selon moi guider lentement mais sûrement son enfant vers l’autonomie absolue et lui faire prendre gentiment conscience qu’il n’est pas le nombril du monde. Certes un bon parent doit être à l’écoute des besoins de son enfant mais il faut impérativement que la réciprocité soit de mise. Demander à un enseignant ce qu’il pense de la Parentalité positive et il vous rira au nez tant ce système éducatif est désastreux pour le bon épanouissement psychologique d’un enfant.

    2. Louise Répondre

      On parle ici d’un bébé, pas d’un enfant.
      Cette subtilité a toute son importance.

  15. Marie Répondre

    Oh lala comme je m’y retrouve ds tout ça. Et ça continue avec le temps qui passe et des enfants qui s’expriment librement. Il faut s’armer face aux dinosaures qui ne comprennent pas que des enfants osent prendre la parole et donner leur avis. Qu’ils ne comprennent pas quand on leur demande d’arrêter de crier en leur hurlant dessus. Moi non plus d’ailleurs je n’ai jamais saisi l’idée..
    Qu’un enfant de 4 ans hyperémotif peut te lancer le premier truc qui passe au visage si tu essaies de le manipuler ou de le forcer.
    Que tu perds ton temps ma pauvre à tjrs tout expliquer à tes gosses, ils n’ont qu’à t’obéir, tu es leur mère enfin, un peu de fermeté !
    Et qd ils sont avec nous ca va, ils sont calmes. C’est donc bien toi qui les gâtes…
    Toi tu es lasse de répondre et tu souris gentiment.

  16. Gwen Répondre

    Tellement Vrai et bien dit !!!! Merci !! C’est exactement ce que je ressens !!

  17. Ben Répondre

    Merci de mettre en mots ce que je n’arrive à exprimer et à faire entendre! une belle lecture aujourd’hui!
    Bien à vous

  18. charlotte Répondre

    Superbe !

  19. Guismo Répondre

    Je retrouve beaucoup de mes convictions dans ce très bel appel à la tolérance qui laisse entrevoir une certaine colère. Je n’écoute plus tous ces gens incapables de comprendre ce qui est décrit et surtout je ne perd plus mon temps à essayer de les convaincre. Je commence par tolérer ce qu’ils sont mais ne permet pas qu’ils l’appliquent à mon fils. Trop de “oui” sont effectivement à mon avis potentiellement délétères à une construction saine de l’enfant/adulte. Et de même trop de “non”. Comme une alimentation saine, il faut un peu de tout et surtout pas trop d’amer ou de toxique. Je suis dans l’échange avec mon fils depuis sa naissance. Un enfant qui crie est pour moi d’abord un enfant qui s’exprime. Et moi quand je m’exprime, j’apprécie que l’on face attention à ce que j’exprime. Alors j’ai donné sans retenue cette attention. Et il me l’a bien rendu ! Pour ce qui est de la “ouate”, je connais bien peu de gens qui n’ont jamais eu aucun souci, même en tant qu’enfant. Le mien a eu lui aussi sa bonne dose de galères deja à 9 ans. Et je suis très fière de sa gestion des crises. Il faut toutefois rester dans l’empathie face aux gens qui ne veulent pas donner cela … ils ne l’ont peut être tout simplement pas reçu; ils ne peuvent donc pas savoir ce que cela veut dire.

  20. Louise Répondre

    Très beau texte. Très juste. Merci

  21. Kali Répondre

    Bonjour,
    C’est plus plus 😁 tout est fois 2 ! Vous aurez remarqué …
    J’ai eu 2 jumelles, qui ont 3 ans et 4 mois aujourd’hui, après 2 aînés élevés dans le même maternage proximal, tel que décrit dans l’article, (avec des hauts et des bas, l’arrivée du 2éme n’est pas toujours évidente) et je confirme que 2 bébés en même temps c’est une autre paire de manches, mais j’ applique les mêmes “principes”, du mieux que je peux : je réponds à leurs besoins, elles ont été portées (Oui toutes les 2 en même temps), allaitées encore, cododo jusqu’à 3 ans et encore en partie aujourd’hui…. alors elles ont plus pleuré, plus attendu elles se donnent plus de tartes entre elles, mais beaucoup de bisous de câlins, de réconfort etc.

  22. FroG Répondre

    Ne croyez-vous pas que bon nombre de gens qui ont tant de mal à se passer d’un conjoint à leur côté, qui vivent l’amour comme forcément fusionnel, ont justement eu des parents qui les ont entretenus dans cette interdépendance, ne sachant pas poser entre eux la distance nécessaire ? Mettre l’enfant à sa place, ça n’est pas l’abandonner. Si vous croyez le contraire, c’est que vous avez sans doute des choses à régler dans votre propre enfance. Devenir le serviteur de son enfants, c’est l’éduquer à devenir maître ou servant.
    Et, ne vous en déplaise, la société est en droit d’avoir un avis sur la façon que vous avez de préparer vos enfants à vivre en son sein. A moins que vous n’ayez décidé d’aller vous installer sur une île dans une bienheureuse autarcie familiale.

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