La pression de la brassée de linge à plier

tired woman with laundry

Je t’écris alors que je viens juste de finir ma sixième brassée de lavage. Pendant que je pliais mes débarbouillettes, l’article que tu as entre les mains s’écrivait tout seul.

Parce qu’aujourd’hui, c’était une journée tough. Ma maison était chaotique, ma vaisselle d’il y a deux jours traînait encore dans le lavabo et je ne te parle même pas de la chambre de bain. J’ai crié de façon exagérée trois fois après les enfants pour leur dire de ranger leurs souliers, j’ai couru jusqu’à la première réunion de parents pour l’entrée à la maternelle de mon plus jeune tout en angoissant sur le fait que je ne serais jamais capable de travailler cette semaine avec la rentrée de tous mes enfants, j’ai fait une tartine de beurre de peanut accompagnée de bananes et de fraises à tout le monde pour dîner,  j’ai oublié de me raser les jambes et j’ai éprouvé de la culpabilité de ne pas avoir couru le cinq kilomètres que je voulais faire. Puis, j’ai regardé mes prochaines semaines en ayant un vertige pas possible en réalisant que la dernière fois que j’avais réellement pris du repos plus de trois jours consécutifs, c’était l’été de mes quatorze ans.

C’est là que je me suis demandé pourquoi je m’imposais ce rythme pas possible là.

Cet été, je me suis permis de travailler à horaire réduit pour pouvoir être au maximum avec mes cocos. Est venu avec cette décision un immense rush de questionnements, de moments de doute, et surtout d’anxiété de ne pas avancer mes dossiers comme je l’aurais souhaité. En alignant mes débarbouillettes sur mon comptoir, j’en suis revenue à LA question : « C’est qui qui a callé la shot? » On essaie de prouver quoi à qui en courant comme des poules pas de tête? C’est quoi, une mère idéale? C’est quoi, l’horaire normal? Qu’est-ce qui est bon et qui ne l’est pas? Comment faire pour faire des enfants heureux qui deviendront des adultes épanouis?

Puis c’est devenu plus clair.

Pour moi, ce n’est sans doute pas dans ce rush imposé par je ne sais trop qui, qui dit qu’on doit avoir une maison toujours ordonnée et parfait, que je veux vivre. Ce n’est pas en courant à gauche et à droite que je peux donner l’exemple à mes enfants parce que je finis par me perdre moi-même. Ce n’est pas non plus en suivant toujours le guide alimentaire canadien qu’on fait des enfants forts.

C’est d’abord et avant tout en étant plus douce avec moi. C’est en commençant à accepter mes bons comme mes moins bons moments parce qu’ils sont sains… et nécessaires. Ce n’est certainement pas en pliant les bas de façon parfaite que mes enfants seront plus heureux. Ce n’est pas non plus en ayant des planchers si propres, qu’on ne peut même pas marcher dessus, qu’on atteindra cet équilibre et ce bonheur familial. C’est en ayant une structure et une routine oui, mais qui conviennent à nos valeurs. Et c’est surtout en réalisant que la vie va vite. Très vite. Qu’hier encore j’allaitais mon p’tit dernier, celui-là même qui entre à la maternelle dans deux jours.

Oui, la performance au travail si on veut… mais à quel prix? Celui de ne pas voir le temps passer parce qu’on avait le nez plongé dans le travail?

Ça fait que depuis tantôt je respire et je médite à me répéter que personne ne me demande d’être parfaite. Personne n’attend quoi que ce soit de moi. Que la seule et unique pression que je ressens, c’est moi qui décide volontairement de me la mettre sur les épaules.

Aujourd’hui, je décide de revenir à l’essentiel, de plier mon linge parce que j’ai envie de le plier et non pas par obligation, que les redressements assis vont attendre à demain, et que pire, je vais aller célébrer ma journée de fou avec de la crème glacée.

T’sais fille, je le répète souvent à travers mes écrits et mon travail, mais la personne la plus importante de ta vie, c’est toi.

Respire, ris, danse, sois fière de qui tu es parce que tu rock… vraiment.

Le reste va attendre, et promis, tes enfants ne seront pas malheureux pour autant.

MELISSA NORMANDIN ROBERGE MELISSA NORMANDIN ROBERGE

Mélissa Normandin Roberge est une entrepreneure-née. Ayant fondée sa première entreprise à l'âge de 18 ans, elle s'est toujours donné comme mantra d'aller au bout de ses rêves et de vivre le moment présent. Maintenant conférencière et coach en affaires, elle est devenue une experte en paillettes, désirant convaincre les gens qu'ils peuvent briller en osant être unique, différent, et surtout être eux-mêmes complètement. En savoir plus...

Site Web Page Facebook


Une réflexion sur “La pression de la brassée de linge à plier

  1. Francois "Fern" Tetreault Répondre

    Excellent article comme tout le temps Mel! Good job! 😉
    “[…]la personne la plus importante de ta vie, c’est toi.”

    Et quand tu te mets à t’occuper de toi et à faire attention à toi, étrangement, c’est les autres autour qui en bénéficient aussi! WOW!! C’est comme du WIN-WIN pas pire je trouve! 😛

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *