Je suis une guerrière, je suis une mère monoparentale

mother and daughter in kitchen

Je suis une guerrière parce que je me bats, à chaque jour, pour répondre à tous les besoins de ces trois petits êtres, sous ma pleine responsabilité. Je porte un sac énorme sur les épaules, sans possibilité d’en partager le poids.

Je dois m’assurer qu’ils mangent tous à leur faim, m’assurer que leurs vêtements soient propres et que la maison le soit également. M’assurer qu’ils ont des culottes de la bonne grandeur, une deuxième paire de souliers pour l’éducation physique, des uniformes d’école en bon état et des habits d’extérieur appropriés.

Je dois répondre aux goûts de tout un chacun, éliminer le jambon de notre menu, même les semaines où il est en spécial, afin d’éviter une guerre du « ah non, j’hais ça le jambon! », ne pas mettre trop de pâtes dans nos repas, même si la moitié d’entre nous ne mangerait que ça, penser aux légumes verts, rouges, bleus et qu’importe leur couleur au fond, tant que c’est plus nourrissant que du chocolat !

Je dois voir à prendre des rendez-vous chez le médecin, le dentiste, l’optométriste, le pédiatre et Dieu merci, j’ai des enfants en santé !

Je dois penser à leur rappeler de se faire un lunch (ou de faire leurs lunchs), d’apporter leur lunch, de se brosser les dents après avoir mangé et de faire leurs lits. Je dois ramasser les morceaux de casse-tête qui traînent ici et là, les bas sales par terre et je dois peigner leurs cheveux le matin, du moins pour la petite, de sorte à prendre le plus de précautions possibles pour tenir les poux loin de leurs petites têtes.

Mais outre toutes ces responsabilités quotidiennes, je dois penser à leur avenir, en m’assurant que tous les devoirs soient faits, que le comportement à l’école soit adéquat, que la garderie assure un bon développement et que les valeurs de base, tels que le respect, l’écoute et l’amour, sont bien acquises.

À ça, je dois ajouter de voir à ce que toutes les factures soient payées, qu’on ait de bonnes assurances et que les dettes soient au plus bas, de sorte à ne pas laisser un trop gros héritage dans le négatif. Que ma voiture soit toujours en bon état, ce qui me permettra de maintenir également mon rôle de taxi.

Voyant légèrement plus loin, je dois prévoir l’achat d’une maison, pour que tout un chacun puisse avoir son espace, qui ne soit ni trop chère, ni en trop mauvais état. T’sais, un bon deal ! Une maison qui pourra assurer également mon avenir à moi, le jour où je prendrai ma retraite. Ah! et parlant de retraite, je dois voir à investir dans mon REER bien entendu !

Entre tous les “Maman! Maaaaaman!!”,  je me dois d’être saine d’esprit, de prendre soin de moi; de ma santé mentale et physique, de ma carrière. Je dois m’assurer de ne jamais laisser ma colère transparaître contre leurs ingrats de pères qui pensent qu’une pension peut voir à remplacer leur présence (pour ensuite me dire que je ne pense, moi, qu’à l’argent!)

Puis, outre toutes ces choses desquelles j’ai la pleine responsabilité, je dois envisager un jour avoir du temps de libre pour rencontrer quelqu’un, répondre à mes besoins affectifs et sexuels. Mais ça, c’est quand je ne rencontre pas des hommes qui me reprochent de tout vouloir contrôler d’un côté et qui ne lèvent pas le petit doigt de l’autre. Des hommes qui me reprochent mon manque d’énergie le soir, pour les petites pirouettes coquines.

Je dois passer du temps avec mes amies, leur offrir une écoute et des moments privilégiés, ici et là. Je dois aller aux fêtes de famille.

Je dois, je dois, je dois… Capoter ! C’est ça que je dois faire. Capoter d’avoir tout ce poids sur les épaules, comme la guerrière que je suis, effectivement. Capoter de n’avoir personne le soir pour me masser les pieds, m’embrasser sur le front ou tout simplement me donner une « tite bine » pour me dire à quel point je suis hot d’avoir réussi à passer une autre journée sans trop de dégâts.

Alors je m’auto-encourage et j’essaie de prendre la vie une journée à la fois, tout en pensant à demain et à l’an prochain, parce que personne ne le fera à ma place.

À toutes les guerrières, dans la même situation que moi, je nous lève mon chapeau. On est des guerrières jusqu’au bout des ongles et il ne faut pas lâcher. Parce que tout ça est payé par des câlins, des sourires et par la confiance de nos enfants et se terminera, un jour, par un « Merci maman » qui sera de loin la plus belle des récompenses.

Rachel Phaneuf
RACHEL PHANEUF

4 thoughts on “Je suis une guerrière, je suis une mère monoparentale

  1. YoungMom Répondre

    Beau texte.
    Mais à toutes les guerrières dans la même situation que toi ? Ce que tu décris c’est pas mal le quotidien de toutes les mères ! Pas juste les monoparentales.

    Toutes les mamans sont aussi forte et mérite autant ce titre.
    T’en mieux si tu arrives bien, comme nous toutes.

    1. Christelle Répondre

      Je pense que, pour écrire ça, vous ne savez pas ce qu’est la réalité d’une mère monoparentale. À moins que votre conjoint agissent comme un enfant de plus! Ce qui arrive quand même souvent ??!

  2. Bianca Proulx Répondre

    Et bien je te donne tout le mérite de bien faire ça!!! Mais il y en a qu’ils ont la chance ? d’avoir des parent malgré leur situation,moi (comme d’autres mères),je ne suis pas mère monoparentale mais nous avons BÛCHER pas mal et fait énormément de SACRIFICES pour donner le meilleur pour qu’elle puisse avancé dans la vie(choix personnel de nous deux). A chacun sa misère. La vie est un ėternel combat ma chérie??????????

  3. Guylaine Grenier Répondre

    Ouf que c’est difficile, on se sent seule

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