Papa est au ciel, mes amours

mother and son in cimetery

Mes amours,

Comment vous expliquer l’inexplicable ? Comment vous annoncer, avec les bons mots, et sans déverser un océan de larmes devant vous, que votre papa est au ciel ? Comment vous faire comprendre que sa vie s’est arrêtée alors que la vôtre ne fait que commencer ?

Vous avez peut-être remarqué que depuis quelques jours, maman est triste et éteinte. Qu’il y a beaucoup de larmes qui coulent sur ses joues. Qu’elle a troqué ses robes de travail contre un pyjama. Que ses repas santé et copieux ont été remplacés par des sandwichs au beurre d’arachide. Que j’ai moins le goût de vous chatouiller, de faire le petit train autour de la table de cuisine et de jouer à cache-cache. Par contre, je n’ai que l’envie de vous serrer dans mes bras. Vous donner de l’affection et de l’amour. En double. Pour compenser ce que papa ne pourra plus vous donner.

Vous êtes hauts comme trois pommes. À cause de votre jeune âge, vous ne vous souviendrez de votre papa que par les souvenirs que je vous raconterai. Par les photos que vous verrez. Mais jamais vous n’aurez l’occasion de vous rappeler, par vous-mêmes, de votre papa. Vous ne vous rappellerez pas à quel point il aimait vous faire rire et vous chatouiller. Ni comment il prenait le temps, à chaque soir, de vous lire une histoire au lit, et finissait par vous border affectueusement en vous disant « bonne nuit mes minis ». Vous ne vous souviendrez pas non plus des châteaux de sable construits lors de notre premier et dernier voyage en famille. Oui, il y aura d’autres voyages avec Maman. À trois. Mais nous ne serons plus jamais quatre.  À la table, au souper, la place de papa ne sera plus occupée. Le matin, vous ne le retrouverez plus sous les couvertures, lui qui aimait tant s’y cacher pour vous faire faire un saut. Ses grosses bottes de construction, que vous vous amusiez à enfiler, ne traîneront plus dans l’entrée. Il ne sera plus jamais là pour assister à toutes vos premières fois. Première journée de patin, premier spectacle, premier jour d’école, première blonde, et j’en passe. Mais moi, j’y serai. Pour toutes ces fois, et pour toutes les suivantes.

Je ne sais pas encore à quel point je devrai jouer le rôle de papa. Ce double rôle m’effraie. J’ai toujours été forte, sachant que papa était derrière moi. Je savais que je pouvais compter sur lui dans mes moments de faiblesse. Mais aujourd’hui, maman se retrouve seule. Seule avec vous, mes bébés, qui cherchez innocemment votre papa.

Mon garçon, tu deviens maintenant l’homme de la maison. À quatre ans, c’est bien jeune pour occuper un si grand emploi. Mais je sais que ta grande maturité t’aidera. Par contre, je ne te demande pas de jouer au papa. Reste un petit garçon. Épanouis-toi. Joue, rigole et amuse-toi. Tu as le droit de rire. Mais aussi le droit de pleurer la perte de ton papa. Ton papa, ton idole.

Ma fille. Tu as tout juste un an. Tu auras à peine prononcer le mot papa. Il ne t’aura jamais vu faire tes premiers pas. Jamais tu ne te souviendras de son visage. Mais tout le monde te dira à quel point tu lui ressembles.

Papa est au ciel mes amours. Quand vous verrez les rayons du soleil qui survolent la maison, dites-vous que c’est lui qui veille sur nous, du haut de son beau et douillet nuage blanc.

Crédit : Twin Design/Shutterstock.com
Valérie Bousquet
VALÉRIE BOUSQUET

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