5 arguments pro-allaitement culpabilisants

newborn crying with baby bottles

Enceinte de mon premier enfant, l’allaitement était pour moi une évidence. Peut-être parce que j’ai été moi-même un bébé longtemps allaité. Peut-être parce que j’avais vu tant de mamans allaiter autour de moi. Peut-être aussi parce que j’avais été imprégnée du message qu’on nous martèle sur tous les tons : « le lait maternel, c’est ce qu’il y a de mieux pour ton enfant ». Et que j’avais envie d’être une bonne maman. J’étais loin de me douter de la douleur et des angoisses que ça engendrerait, des larmes que je verserais pendant ces semaines où j’ai allaité mon tout petit. J’ai fini par abandonner non sans un immense sentiment de culpabilité. Avec le recul, je garde un souvenir amer de cette expérience et je porte désormais un autre regard sur la question. Oui, le lait maternel est ce qu’il y a de mieux pour ton enfant. Mais l’allaitement n’est pas une performance. On n’est pas deux faites pareilles sur terre. Parmi les femmes souhaitant allaiter, il y a celles pour qui ça marchera bien d’emblée (les chanceuses), il y a celles qui galéreront au départ, mais qui finiront par dépasser les turbulences initiales, et il y a celles pour qui les obstacles seront tellement nombreux qu’elles feront le choix d’arrêter.

Ceci dit, est-on obligé d’assaillir les futures et jeunes mamans d’arguments pro-allaitement qui, pour les plus chanceuses, s’avéreront vrais, et qui pour les autres, ne feront qu’augmenter le sentiment d’angoisse et d’échec à l’idée de ne pas y arriver ?

#1  L’allaitement est plus simple

Quand on vit chaque jour suivant la naissance de bébé dans l’angoisse de la pesée quotidienne, quand chaque tétée dure une heure et qu’il y en a neuf par jour, quand on passe le peu de temps où bébé n’est pas au sein à avaler des tisanes galactogènes, à tenter de soigner ses crevasses à l’aide de trois onguents différents et à appliquer des cataplasmes contre les mastites, qu’on devient agressive à force d’écouter des conseils ineptes autour de soi (« Le secret pour l’allaitement, c’est de bien dormir ! »), bref, quand allaiter prend tout le temps, toute l’énergie et envahit toutes les pensées d’une jeune maman, ce n’est définitivement pas plus simple que le biberon.

#2  L’allaitement favorise l’attachement mère-enfant

Quand il se fait dans la douleur et l’appréhension, l’allaitement ne favorise pas l’attachement mère-enfant. Une maman donnant le biberon serait-elle donc incapable de bercer et cajoler son bébé aussi bien que les autres ? Libérée de l’angoisse permanente que son enfant ne prenne pas assez de poids, les seins légers et les mamelons cicatrisés, n’y sera-t-elle pas au contraire mieux disposée ?

#3  L’allaitement protège bébé des maladies

Le lait maternel contient des anticorps, mais il ne protège pas de toutes les maladies. Combien de bébés allaités attrapent la bronchiolite ? Et si tu n’allaites pas, sache que ton bébé naît déjà avec des anticorps maternels que tu lui as transmis via le placenta et qui le protègent aussi pendant ses premiers mois de vie.

#4  L’allaitement rend bébé plus intelligent

Cette brillante étude ayant occupé de nombreux chercheurs pendant plusieurs années maintient dans l’angoisse toute une série de mères n’ayant pu allaiter, persuadées que leurs enfants finiront en école spécialisée pour quatre points de QI en moins. Relevons au passage que d’autres chercheurs ont voulu reproduire ces résultats sans succès. C’est un problème récurrent en sciences humaines.

#5  L’allaitement aide à retrouver la ligne

Merci, Gisele. J’ai compris comment tu avais fait pour te pavaner sur la plage en mini bikini avec des abdos de rêve deux mois post-partum. Figure-toi qu’en ce qui me concerne, l’allaitement a eu l’exact effet opposé, et m’a empêchée de perdre les kilos en trop accumulés pendant la grossesse. Une fois que j’ai arrêté, ils se sont en revanche envolés sans faire d’effort.

À toutes celles qui culpabilisent d’avoir abandonné l’allaitement, j’aimerais leur dire que l’amour qu’elles donnent chaque jour à leur enfant est un million de fois plus riche que toutes les substances miracles contenues dans le lait maternel.

La Collaboratrice dans l'Ombre
LA COLLABORATRICE DANS L’OMBRE

Une réflexion sur “5 arguments pro-allaitement culpabilisants

  1. Vero Répondre

    Superbe texte! L’angoise me hante encore d’avoir arreté l’allaitement après 2 mois de galère! Je suis heureuse que quelqu’ un aie réussi à mettre des mots sur ce que je ressens! Ma fille est maintenant aux biberons exclusivement, a 3 mois, pèse plus que bien des bébés allaités, fait des nuits de 12 hrs et on fusionne pendant le biberon bien plus qu’au sein où elle ne me regardait jamais! Maintenant je me sens zen avec ma décision car je suis plus en forme donc j’ai l’impression d’être une meilleure maman pour ma fille. Mais j’envie tellement celle pour qui l’allaitement va bien et s’epanouisse 🙂

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