À toi qui as voulu des enfants avec moi, mais qui ne s’impliques pas assez

tired woman doing laundry

À toi qui as voulu des enfants avec moi, mais qui ne s’impliques pas assez,

C’est vrai, tu ne me demandes rien ou bien peu.

Tu ne me demandes pas de préparer une liste de courses, d’aller les chercher, de préparer les repas des petits, ni de leur donner à manger plusieurs fois par jour;

Tu ne me demandes pas de trier leur linge sale, de faire la lessive, de l’étendre, de plier les vêtements et de les ranger dans leur chambre;

Tu ne me demandes pas de remplir les papiers de la garderie ou de l’école, de signer le carnet de correspondance, d’aider à faire les devoirs et m’occuper des inscriptions à la cantine et aux activités parascolaires;

Tu ne me demandes pas d’endormir les enfants, de les bercer, de leur chanter une berceuse ou de leur lire une histoire. Ni de me lever en plein milieu de la nuit, une ou plusieurs fois, pour leur donner le biberon ou les rassurer après un cauchemar;

Tu ne me demandes pas de leur donner le bain, la douche, de leur laver les mains, de veiller au brossage des dents, de changer la couche, de nettoyer les oreilles ou de leur couper les ongles;

Tu ne me demandes pas de les amener chez la nounou ou à l’école le matin, de retourner les chercher le soir pour assurer le transfert à leur entraînement de judo ou leur cours de solfège;

Tu ne me demandes pas de penser à prendre rendez-vous pour les visites médicales obligatoires, à explorer des pistes avec des professionnels pour soulager les maux, ni à me renseigner sur la marche à suivre pour être remboursés par la mutuelle;

Tu ne me demandes pas de jouer avec eux, d’aller leur chercher un livre à la bibliothèque, de les emmener au parc, de danser et chanter avec eux, de rire aux éclats, de leur préparer une recette de pâte à sel ou de faire un atelier peinture;

Tu ne me demandes pas d’être là pour eux, de répondre à leurs mille et une interrogations quotidiennes, de les éloigner des dangers et de leur expliquer les interdits;

Tu ne me demandes pas de les chérir, les câliner, de leur tendre les bras et de les aimer plus que de raison;

Tu ne me demandes pas tout cela parce que je le fais déjà, naturellement, de mon plein gré et ce depuis la seconde où ils ont vu le jour.

À l’inverse, je ne te demanderai jamais non plus de faire une de ces choses. Ne crois surtout pas que c’est parce que je pense que tu feras mal ou différemment ou que je n’arrive pas à déléguer. Mais demander de l’aide ou un service me réduirait à penser que ces devoirs m’incombent personnellement. Alors si tu n’es pas en mesure de prendre tes responsabilités de ta seule initiative, ne compte pas sur moi pour venir te chercher.

Si tu crois que tu m’aides et que tu ne peux pas donner plus, sache que tu es dans l’erreur; tu ne le concevrais pas une seule seconde dans la situation inverse.

Si tu veux intervenir dans la manière dont je fais les choses à la maison ou avec les enfants, investis-toi d’abord aussi. Sinon, ne te permets pas de remettre en question ma façon de procéder.

Sache que je suis capable de tout assumer seule; les familles monoparentales en sont une jolie preuve.

Je redoute simplement le jour où j’en viendrai à la triste conclusion que mon quotidien ne change pas en ton absence.

Crédit : Rocketclips, Inc./Shutterstock.com
Margaux Quoniam
MARGAUX QUONIAM

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