À mon enfant différent qui souffre

sad kid alone

À toi, mon enfant différent qui souffre,

C’est tellement difficile de te voir ainsi, à combattre ta colère et ta peine, à te voir pleurer de rage devant tes difficultés. Le cœur me serre à chaque fois que tu te compares aux autres et que tu te rabaisses en voyant que tu n’arrives pas à fonctionner comme eux. Pourtant, tu es si vif d’esprit et intelligent, si attachant et empathique; une vie épanouie t’attend après la tempête, j’en suis convaincue du plus profond de mon être.

Je les vois tes efforts pour tenter de te contenir, pour arriver à suivre la cadence qu’on t’impose, pour supporter ce qui pour toi est insupportable, à savoir les bruits trop forts, les lumières trop vives, les vêtements qui te dérangent. À te voir te culpabiliser, te dénigrer en remarquant les regards des autres lorsque tu ne te contrôles plus dans toute ton intensité.

Je t’observe, jour après jour, développer de nouvelles obsessions, comme avoir les cheveux parfaitement coiffés au point de vouloir en couper des mèches, avoir les bas parfaitement égaux pour éviter de les arracher et les lancer, n’avoir aucun pli de pantalon dans tes bottes d’hiver, sous peine d’une explosion.

Je la vois ton anxiété, qui transparaît à travers ces comportements qui semblent des caprices aux yeux de plusieurs. Le contrôle que tu tentes d’avoir sur les détails de ton quotidien à défaut de l’avoir sur le reste de la journée. La peine que tu as après avoir dit des insanités aux gens qui t’entourent alors que ta colère prend possession de tout ton petit être.

Je la vois ta souffrance de ne pas être capable de te faire des amis dans la cour d’école, puisque tu es même incapable d’y mettre les pieds, à l’école.

Je le vois ton désarroi, quand nous devons mettre fin prématurément à une activité familiale en raison de ton profond mal-être qui te fait hurler des phrases qu’aucun parent ne devrait entendre dans la bouche de son enfant.

J’aimerais que tu saches que je vais continuer à remuer ciel et terre pour trouver l’aide requise afin de rallumer les étoiles dans tes yeux. Que je vais continuer à tenter d’innombrables interventions toutes plus stratégiques et créatives les unes que les autres pour arriver à soulager ne serait-ce que quelques minutes ou un bout de journée.

J’aimerais que tu saches à quel point je paierais cher pour prendre ta souffrance sur mes épaules, ne serait-ce qu’un instant, pour te redonner ton insouciance enfantine.

J’aimerais que tu saches que je serai toujours là pour t’épauler, même quand tu me hurles dessus, ne sachant pas comment contrôler ta colère et ta peine. Que jamais je ne t’abandonnerai.

J’aimerais que tu saches que les crises, la colère, la peine, la souffrance, ça ne dure pas toute la vie; que le beau peut arriver après le laid.

J’aimerais que tu saches que je t’aime du plus profond de chacune de mes cellules et ce, jusqu’à la fin des temps, même si parfois tu remets en doute l’amour inconditionnel que j’ai pour toi.

Je t’aime mon enfant qui souffre.

Crédit : osonmez2/Shutterstock.com
Mom-of-three
MOM-OF-THREE

5 thoughts on “À mon enfant différent qui souffre

Laisser un commentaire

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *