À mon enfant qui doute de l’existence du Père Noël

little girl doubtful about santa claus

Mon enfant,

Ce matin, tu m’as parlé de ton amie Émilie. Elle t’a dit qu’elle ne croyait pas au lutin taquin. Elle est également convaincue que le Père Noël n’existe pas et que ce sont ses parents qui se déguisent.

J’ai entendu le doute dans ta voix. J’ai senti ton malaise alors que tu cherchais chez notre lutin un quelconque mécanisme qui le ferait bouger.

Alors que tu mettais un pied hors de ton imaginaire d’enfant, mon cœur de parent se resserrait un peu plus. J’arriverai peut-être à te convaincre encore cette année, mais c’est définitivement une série de “dernières fois” qui s’étale devant moi.

C’est normal que tu vieillisses et que tu découvres la vraie vie, mais c’est difficile de savoir que tu perdras un peu de ce naïf émerveillement qui me touchait tant. Nous n’irons plus faire la file pendant une heure au centre d’achat pour une petite photo de cinq minutes sur les genoux d’un inconnu barbu qui te fait croire en la magie. Je n’aurai plus à me relever à minuit pour faire un tour pendable que la fatigue était sur le point de me faire oublier.

Bientôt, tu sauras que les reines ne volent pas, peu importe la couleur de leur nez. Tu sauras que la petite souris ne collectionne pas les dents. Eh oui, ça aussi c’était maman. Tu comprendras que la ligne est clairement tracée entre l’imaginaire fabuleux et la vraie vie de grands.

Je vais faire mon possible pour que ton passage vers cet univers exempt de licornes et de fées se passe le mieux possible. Je vais te donner tous les outils pour que tu bâtisses ta propre magie.

Mais sache que cette époque va me manquer. Parce que j’ai vu des lumières scintillantes dans ma vie, mais aucune qui n’arrive à la cheville de tes yeux quand tu voyais arriver le barbu rouge. J’ai entendu de magnifiques mélodies, mais ton rire à gorge déployée quand le lutin s’est surpassé est la plus grande des symphonies.

Je profite de la dernière année. Je profite de ces « dernières fois ». Nous allons attendre deux heures au centre d’achat en chantant des chansons de noël pour une simple photo. Et je la chérirai comme la dernière fois que tu croyais avec ton cœur d’enfant.

Mon souhait pour la nouvelle année : vieillis, oui, mais pas trop vite. Et au travers de cette nouvelle réalité qui s’ouvrira devant toi, garde ton cœur d’enfant et la magie survivra au fond de toi.

Je te laisse, j’ai un tour de lutin à aller préparer.

Marie-Jo Sauriol
MARIE-JO SAURIOL

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