Toutes les choses qui me manquent depuis que tu es grand

mother play with kid

À toi, mon enfant qui grandit si vite,

Depuis que tu es né, je me suis souvent répété que j’avais hâte de te voir devenir grand, mature et autonome. Je me suis répété maintes et maintes fois que j’avais hâte que tu grandisses pour que je puisse dormir la nuit, manger mon repas chaud et avoir un peu plus de temps à moi pendant que tu allais vaquer à tes activités.

Pourtant, depuis que le temps avance et que tu vieillis, j’apprends à faire le deuil de petits rituels de ta vie d’enfant et je réalise à quel point cela me manque. Évidemment, je me réjouis de ce que tu deviens, c’est un si grand privilège que de te voir grandir. Mais parfois, je m’ennuie.

Je m’ennuie de guérir tes blessures en y déposant un bécot. Quand tu avais mal et que j’étais la seule solution possible à ton mieux-être et que tu me donnais l’impression d’être une magicienne alors qu’en l’espace de quelques secondes, je parvenais à tout régler.

Je m’ennuie du câlin dont tu n’as plus besoin pour bien dormir. On se dit toujours bonne nuit et j’ai encore la chance de te border avant d’aller me coucher, mais je suis bien consciente que tu le fais davantage pour moi que pour toi.

Je m’ennuie de ce moment où je te chantais des berceuses et je te prenais dans mes bras avant d’aller au lit. Quand mes chansons te réconfortaient et t’apaisaient. Que ma voix te rassurait. Que le temps semblait se figer durant ce moment où plus rien ne comptait autour de nous.

Je m’ennuie de tes expressions d’enfant. Quand tu te trompais dans tes mots ou que tu en bafouillais d’autres. Quand toute la candeur du monde se retrouvait dans ton langage.

Je m’ennuie de ton odeur d’enfant. J’aurais pu la reconnaître à cent milles à la ronde. Je m’ennuie de cette petite pause que je prenais dans le creux de ton cou pour me connecter à toi. Pour profiter du moment présent. Pour que le temps s’arrête.

Je m’ennuie de tes milliers de dessins. Ceux-là que tu me donnais les yeux remplis d’étoiles. Tu étais si fier. Je m’ennuie de ton visage, quand je te disais que c’était le plus beau que tu m’avais offert jusque-là. Je m’ennuie de ton petit air quand je l’accrochais sur le frigo. Je me sentais gâtée d’être celle à qui tu offrais toutes tes œuvres d’art.

Je m’ennuie du temps où jouer à cache-cache avec toi faisait de moi la meilleure mère du monde. De tes éclats de rire quand tu me trouvais. De tes gloussements quand c’est moi qui te cherchais. De la magie dans tes yeux quand tu dénichais LA meilleure des cachettes pour nos prochaines parties.

Je m’ennuie de ces moments où tu ne réclamais que moi. Ces moments qui nous appartenaient dans la nuit parce que j’étais la seule qui pouvait t’apaiser suite à un mauvais cauchemar. Tu me faisais sentir telle une guerrière qui chasse les méchants, j’étais ton héroïne parce que j’arrivais dès que tu m’appelais.

Je m’ennuie de ta doudou, de ta suce et des toutous que tu traînais partout. Maintenant, tu te laisses encore traîner, mais tes vieux verres de lait et tes bas sales me semblent beaucoup moins attachants.

Je m’ennuie de ces moments où tu étais tout le temps là. Je m’ennuie même de tes incursions dans la salle de bain quand je cherchais un brin de solitude, même si c’était clairement ta façon de t’assurer que je ne puisse me sauver alors que tu me racontais la même histoire pour la millième fois.

À toi, mon enfant qui grandit si vite, je dois t’avouer que je m’en veux un peu d’avoir eu si hâte que tu grandisses. Cela fait prendre bien du sens à l’expression qui dit qu’il faut perdre ce qu’on a pour réaliser ce qu’on avait.

À toi, mon enfant qui le restera quand même toujours, merci pour tous ces beaux moments passés, mais aussi pour tous ceux à venir que je savourerai sans plus vivre dans l’attente que tu grandisses.

Phonzine
PHONZINE

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