Tu es brûlée et la journée n’est même pas commencée

kids playing morning

Depuis que tu es devenue mère, tu as l’impression de te trouver au coeur d’un ring menant un perpétuel combat entre ta fatigue et ta routine. Qu’on se comprenne bien quand tu en parles ouvertement, le but n’est pas tant de te plaindre que de recevoir un peu de soutien et d’espoir suivant une nuit trop courte.

Quand tu te lèves le matin, c’est rarement ton cadran qui te réveille; tu n’as pas ça ce luxe-là. Depuis que tu es devenue mère, c’est mille et une raisons qui te réveillent le matin sans possibilité de snoozer personne.

Malgré tout, tu te lèves avec le sourire, tu mets ton chapeau de gestionnaire hors-pair et tu t’attaques à cette nouvelle journée qui s’offre à toi.

T’habilles les enfants, tu prépares leur déjeuner, tu finalise les lunchs et tu t’assures que tout le monde a tout ce qu’il faut. Simultanément, t’essaies de te faire une face et d’avoir l’air de quelque chose. Malheureusement, les conflits à gérer, les dégâts de lait et les nez qui coulent ont priorité sur le mascara et bien souvent, tu pars de chez vous avec l’air d’un tableau à moitié peinturé.

Malgré la vitesse à laquelle les minutes s’écoulent,  t’essaies d’être productive. Ce soir, il y a aura une autre routine à gérer. Il y a aura les devoirs, les leçons, le souper. Il faudra faire deux ou trois brassées et t’aurais bien aimé t’entraîner. Tu prépares ce que tu peux du souper pour t’avancer. Tant qu’à faire, t’en profites aussi pour partir une brassée de foncé.

Au moment où tu as l’impression de prendre le dessus sur ta routine infernale du matin, l’un de tes doux enfants te rappelle qu’il avait quelque chose d’important à apporter à l’école ou à la garderie aujourd’hui. Des documents à signer. Un toutou à déguiser. Un déguisement à porter. Un lunch froid à manger. Ce faisant, tu mets ta routine sur pause pour essayer de fournir à tous ce dont ils auront besoin.

Sans trop que tu vois le temps filer, une fois les deux, trois, quatre lunchs faits et les enfants nourris, habillés et langés, c’est l’heure de partir et c’est toujours à ce moment précis que tu as l’impression de participer à une course à obstacles à laquelle tu ne t’es pourtant pas inscrite.

T’as beau tenter d’être organisée, on dirait que chez vous, il y a toujours une souris qui vient changer vos affaires de place. Peu importe la saison, mitaines ou casquette, ledit moment où c’est le temps de sacrer le camp est complexifié par la gestion de toutes les choses que plus personne ne retrouve. C’est comme une malédiction. Le zipper du manteau est coincé, la mitaine encore mouillée, la deuxième botte disparue, le velcro ne velcrotte plus et le p’tit dernier a soudainement envie même s’il vient d’aller à la toilette.

T’essaies de rester calme, de ne pas trop pousser dans le derrière de tes p’tits, mais tu sens que ta patience prend le large.

C’est avec le sentiment d’être témoin d’un miracle que tout le monde finit de se préparer et que tu constates que vous êtes tous parés à décoller. Mais mieux vaut calmer ta joie car t’as beau voir la lumière au bout du tunnel de ta routine du matin, ça reste que ton matin est loin d’être fini. Il faut encore que tu parviennes à convaincre le plus jeune de s’asseoir dans son banc et s’assurer que tout le monde est attaché. Invariablement, il faut aussi que tu retournes dans la maison chercher le sac de l’aîné qui l’a oublié.

Misère. Tu respires un bon coup pour être certaine de te rendre jusqu’au bout avant d’entreprendre le dernier sprint parce que depuis que tu es devenue mère, tes promenades en voiture le matin sont remplies d’obstinage et de chignage entre tes enfant; tu as troqué les infos de la circulation pour la gestion des rejetons.

Les enfants étant finalement arrivés à destination après une potentielle séance de déshabillage, tu t’assois dans ton char et ça t’envahit. Il n’est pas encore huit heures, ta journée n’est théoriquement même pas commencée et pourtant, tu le ressens dans tous les pores de ta peau : t’es brûlée. T’es complètement brûlée. Tu te demandes comment tu va faire pour te rendre à la fin de ta journée.

À toi, la maman brûlée alors que la journée n’est pas commencée, si tu te sens seule dans ton bateau et que t’es pas toujours convaincue que tu y arriveras, rassure-toi : on est une maudite gang.

Phonzine
PHONZINE

Une réflexion sur “Tu es brûlée et la journée n’est même pas commencée

  1. Sophie TAnguay Répondre

    Ah oui merci Phonzine!!!

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