À toi, chère société qui veut s’ingérer dans l’éducation que je donne à mon enfant

mother and son hug

Aujourd’hui chère société, j’ai envie qu’on se parle dans le blanc des yeux. Je te remercie de vouloir participer à l’éducation de mon enfant, mais je ne te laisserai pas le modeler pour qu’il entre dans ton moule stressant, contraint dans la multitude de normes sociales que tu comptes lui imposer et dans ton insistance perpétuelle à la perfomance juste pour que tu paraisses bien.

Aujourd’hui chère société, j’ai un fils en pleine santé avec tous ses membres. Il est actif, allumé et unique. Ne trouves-tu pas que c’est déjà bien assez? Je n’ai pas besoin que tu l’étiquettes parce qu’il court au lieu de marcher, parce qu’il demande plus de temps à comprendre que le voisin ou parce que c’est le plus énervé du quartier. Ce n’est pas parce que la moindre originalité sociale te fait peur qu’il faut que tu la considères comme une maladie ou que tu passes cela sur le dos de l’incompétence parentale.

Aujourd’hui chère société, j’ai envie de te dire que tu fais dure. Qu’au nom de son enfance, son innocence et sa légèreté, je ne te permettrai pas de retirer à mon enfant sa joie de vivre, sa bonne humeur et sa spontanéité sous prétexte que pour faire partie de sa génération, il doit être réduit à un conditionnement technologique et physique permanent alimenté par des standards superficiels et démesurés.

Aujourd’hui chère société, je réalise qu’inconsciemment en tant que mère, on se met la barre haute sans trop connaître les raison qui le motive. C’est bien beau, inscrire nos enfants au hockey ou au soccer et crier victoire si ils sont bons et qu’ils performent. Mais combien d’enfants ne disent rien lorsqu’ils n’en ont pas envie et font de leur mieux, sans se plaindre, simplement par peur de décevoir leurs parents ou Pierre-Jean-Jacques parce qu’on leur a appris qu’il était important de performer. Performer pour quoi? Performer pour qui? Après, on se demande pourquoi nos jeunes deviennent stressés, anxieux, inquiets et émotionnellement instables.

Aujourd’hui chère société, je t’annonce que je ne suis pas une maman laxiste, que je n’ai aucun problème à mettre un cadre à mon fils et à faire figure d’autorité, mais je suis capable de le faire sans toi. C’est mon rôle de lui imposer des limites et je pense que c’est notre devoir de parents de dire non ou d’intervenir quand il le faut. C’est clair que ma façon d’agir comme mère ne peut pas toujours faire l’unanimité. Devant une même situation, certains feraient la même chose que moi, d’autres le contraire.

Ce que je veux te dire, c’est que du haut de ses presque trois ans, mon fils a déjà mille interdits. Les “non”, “ne touche pas ça”, “attention”, “c’est interdit ça”, “mange pas ça, ce n’est pas bon pour la santé” sont déjà tellement présents dans son quotidien et si fatigants que je ne veux pas le priver de plus de ces petites joies du quotidien qui, au final n’embêtent, que toi. Ça fait que si mon fils a envie de crier, chanter à tue-tête dans ma cour pis qu’il mange autre chose qui ne suit pas ton foutu guide alimentaire canadien une fois de temps en temps, veux-tu ben me sacrer patience avec ton jugements s’il vous plaît ?

Il me semble qu’on ne devrait jamais restreindre nos enfants par crainte d’être catalogués “parents irresponsables de l’année”.

Mon fils n’est pas dans la projection de l’après, il vit dans l’instant présent, cette indicatif du temps si précieux que toi, société, as parfois tendance à négliger. Nous avons tellement de mal à vivre dans le présent avec le travail et la garderie, nous, parents, que ce serait bien salutaire de laisser nos petits faire ces petites choses qui leur font plaisir et saisir leur liberté, là où elle est, quelle que soit sa forme.

Aujourd’hui chère société, je te demande de laisser mon fils être un enfant. C’est à toi de t’adapter et non pas à lui.

Laissons nos enfants, nos amours, partir dans une course effrénée et envions-les. Permettons-nous de ressentir leur insouciance et cette liberté oubliée.

Aujourd’hui mon fils, maman te supplie de ne jamais t’arrêter, de suivre ta voie et non celle déjà toute tracée. Et quand tu l’auras trouvée, suis-la précieusement et je te promets que tu seras bien plus heureux que ceux qui se sont fondus dans l’image d’une société qui a oublié ce qu’était être un enfant.

Julie Gagnon
JULIE GAGNON

Une réflexion sur “À toi, chère société qui veut s’ingérer dans l’éducation que je donne à mon enfant

  1. Karyne Répondre

    Ayoye le texte toi. Malade jadore sa.
    Je suis rendu trop moi dans le systeme ma dernière a 8 ans on lui a mit une étiquette et on essaie de la modeler comme y faudrait, mais la jen est assez de me battre. L’école à la maison sera ma solution. Il ne vont pas détruire qui elle est. Lui enlever sa joie de vivre, son empathie, sa générosité, son énergie et surtout sa confiance en elle car oui elle fait de son mieux mais au finale cest pas assez, cest pas les notes de passage ben non caline. Bref! Merci bon texte ouf javais besoin de ventiler.

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