À toi qui prétends que je donne des pilules à mon enfant parce que je ne suis pas capable de le gérer

kid take pill

En réaction à TDAH, BABI et compagnie : quand les diagnostics nous déresponsabilisent et J’suis à boutte des p’tits cr*sses paru sur cette plateforme.

À toi qui prétends que les diagnostics sont un moyen de se déresponsabiliser en tant que parent,

À toi qui crois que les lettres TDAH, BABI, TOP et TSA, signifient “parents dépassés ayant des méthodes éducatives douteuses”, j’aimerais t’expliquer deux ou trois petites affaires parce qu’on va se le dire, c’est facile de regarder chez le voisin et de prétendre qu’il est malhabile, trop permissif ou surprotecteur. Surtout quand on a gagné à la loterie de l’enfant dit “facile” qui fit dans le moule.

Qu’on se comprenne bien, je ne suis pas en train de te dire que tes enfants sont si faciles que tu ne rencontres pas de défis dans ta parentalité. Ce que je te dis, c’est que les défis que tu rencontres sont fort probablement de la petite bière pour le parent d’un BABI ou d’un enfant aux prises avec un TDAH, un TSA ou un TOP.

Le problème vois-tu, c’est que tu fais de l’exception une généralité et que tu participes à la stigmatisation et c’est ce qui fait en sorte que la majorité des parents qui ont réellement besoin de support se font juger dans leurs compétences de parents plutôt qu’être compris dans leur réalité.

C’est vrai que la société va trop vite, que les parents manquent de ressources et que le système de santé est insuffisant, mais quand tu prétends que tous ces troubles ne sont qu’un prétexte pour gaver les enfants de pilules et alléger la tâche des parents, tu contribues à alimenter l’isolement et le sentiment de solitude et d’impuissance des familles qui vivent des difficultés et le jugement de ceux qui, tout comme toi, n’ont aucune idée de la réalité avec laquelle ces familles composent.

Ça fait qu’avant de blâmer ces parents que tu considères comme étant inadéquats, peut-être aurais-tu avantage à t’informer et ainsi mieux comprendre leur vécu au quotidien.

T’sais, des nuits courtes, TRÈS courtes, depuis la naissance. Pas depuis quelques semaines là, non. Depuis deux, trois, quatre ans, voire plus.

T’sais, des crises incontrôlables d’enfant qui ne se comprend pas. Pas parce qu’il est trop gâté, ni parce qu’il n’a pas appris qu’il y a des limites, non. Juste parce que son cerveau n’a tout simplement pas la capacité de gérer la situation. Parce qu’il est incapable de communiquer ses besoins. Parce qu’il évolue dans un monde parallèle à celui de ceux qui l’ont mis au monde et qui tentent tant bien que mal de le comprendre.

T’sais, un enfant constamment anxieux et en larmes, effrayé à l’idée d’être une méchante personne, parce qu’encore une fois, malgré toute sa bonne volonté, il n’est pas arrivé à répondre aux consignes, à contrôler ses impulsions ou à s’exprimer correctement parce que dans sa tête, c’est la tempête. Tout. Le. Temps.

As-tu déjà réalisé que les parents de ces enfants qui souffrent se retrouvent bien souvent seuls et démunis face au peu de progrès de leurs petits, malgré les techniques appliquées, les pictogrammes, les tableaux de récompenses mis en place pour tenter d’améliorer la situation en attendant d’avoir enfin accès à des spécialistes, qui souvent, n’ont pas de solutions autres que celles déjà appliquées à la maison?

As-tu réalisé que l’enfant aussi souffre de sa situation, qu’il est lui aussi conscient du regard plein de préjugés que tu poses sur lui et ses parents et que ça le heurte et le fait sentir coupable d’exister?

La prochaine fois que tu vois un parent dépassé par l’ampleur de la crise de son petit ou que tu constates qu’une alarme sonne sur son cellulaire pour lui rappeler que c’est l’heure de la médication, plutôt que de le juger, offre-lui donc une oreille compatissante ou un coup de main. Si on était plus à agir ainsi, peut-être qu’on viendrait à bout des préjugés et de la désinformation et qu’on passerait tranquillement d’un système mésadapté à une communauté aidante et peut-être qu’il y aurait moins de parents épuisés.

Peut-être qu’on arriverait à changer les choses, une main tendue à la fois.

Christine Jean
CHRISTINE JEAN

9 thoughts on “À toi qui prétends que je donne des pilules à mon enfant parce que je ne suis pas capable de le gérer

  1. Sandra Répondre

    Très beau résumé! Mots justes, et sans « agressivité » dans le texte. Je croise les doigts que ce texte fasse son chemin vers les gens intolérants aux difficultés des autres.

  2. Christina.S Répondre

    Mille merci de avoir écrit se que tu a écrit ! sais exact se que je toujours aime dire mais que je étés effrayé du jugment du monde 🙁
    Je suis maman de 5 enfant , je une cocote de 10ans qui est TDAH et TSA , aussi que 2 fille de 12ans et 22ans qui on TDAH avec trouble de anxiety et oufff sa fait 22ans qu je vies le jugment des autre parents qui on pas des enfants comme moi … je toujours étés la maman qui sais pas bien éduque sais enfants mais je fait telment d’ eford !! a chaque jour depuis 22ans je fait tout pour mais enfants ( allez cherche de l’ aide , des medication , des spécialiste TOUT …
    Merci , merci , merci de en fin avoir écrit tout sa !! BRAVO

  3. Isabelle Répondre

    Merci tant..

  4. Mélanie Drapeau Répondre

    Les opinions de tous devraient reposer sur leur propre expérience, en ce qui concerne la mienne, j’ai médicamenté un de mes enfants en me basant sur les recommandations de soi-disant professionnels et je l’ai amèrement regretté! Probablement que ca peut être une solution pour certains mais ce n’est pas une solution générale pour tous… dans le sens où plusieurs solutions doivent être envisagées avant de médicamenter. Certes, cela demande des efforts, mais je préfère investir en ce sens, parce-que ma job, en tant que parent c’est d’apprendre à mon enfant à devenir un adulte qui saura surmonter ses difficultés en trouvant des solutions, à développer son esprit critique face aux événements de vie qui font pas son affaire… pas à gober une pelule pour éviter de faire face à ces situations… bref, je ne suis pas vraiment d’accord avec la généralité, ni dans un sens, ni dans l’autre!

  5. Normand duval Répondre

    Les enfants cela ne se “GÈRE PAS”. On les guide, les éduque et on les aime comme des enfants et non comme des petits adultes bien tranquille… TDAH … 1 enfant sur 5 au Québec??????

  6. Claude Lucier Répondre

    Madame, je vous remercie d’amplifier l’éclaircissement de mon ignorance. Oui j’avais tendance à juger des parents tels que vous par mon ignorance de votre souffrance – et celle de votre enfant! – que je découvre et ressens très fort en ce moment. Merci pour votre cri de désespoir, je l’ai entendu très clair! Voue êtes une victime et non la responsable de cette malheureuse situation. Je dépasse la soixantaine, ayant vécu l’époque où ces problèmes n’existaient pas. L’autorité des parents n’y était alors pas remise en question, d’où la tendance de ma génération à penser que ce n’est qu’une question d’autorité. Plein de causes nouvelles ont pas la suite généré ce genre de problèmes. Je n’ai pas l’expertise me permettant de vous juger alors je me limiterai dorénavant à écouter la souffrance de parents tels que vous, grâce à vous et votre admirable courage. Mille merci et gardez votre langue en action!

  7. Marie Josée Répondre

    Mon enfant de 12 ans est dyspraxique, dysgraphique, dysorthographique, TDA élevé et intelligence supérieur.
    Avant de prendre des médicaments, il avait une moyenne de 75%, il se sentait différent et me disait régulièrement qu’il était pas capable d’écouter le prof jusqu’ à la fin. Le soir tard, il venait dans ma chambre tard le soir avec des questions genre: maman le blv René levesque va jusqu’où a mtl???? Son cerveau étant incapable de s’arrêter.
    Avec les médicaments, il à une moyenne de 90%, une confiance en lui et il ne se sent plus différent, enfin il peut écouter jusqu’à la fin.
    Le soir avec une mélatonine légère, son cerveau peut enfin se mettre a off et s’endormir .
    Donc à tout ceux qui nous respect, merci, et les autres rester dans votre monde de calimours mais en silence.

  8. Alice Répondre

    On peut aussi faire le choix de ne pas utiliser de camisole chimique sur nos enfants TSA et TDAH (nous concernant).
    Et se refuser à ce qu’ils doivent impérativement obéir aux règles sociales en n’étant jamais eux-mêmes…
    oui c’est difficile mais non la médication n’est pas non plus une fatalité, ça reste un choix de parents.
    Ici deux TSA et TDAH qui ont dix sept mois d’écart. C’est du sport. Ça demande des trésors de patience, d’explications, de négociations etc je n’apprends rien a personne. Mais pour rien au monde je ne les enfermerai dans une camisole chimique qui ne leur ressemble pas. J’y suis passée quand j’étais jeune et je me souviens encore de mon cerveau qui dépérissait à force d’être contraint. Je ne me vois pas imposer ça à mes enfants.
    Qu’ils en fassent le choix quand ils seront en âge de le faire soit, mais personne ne devrait prendre cette décision à leur place.

  9. Jocelyn Répondre

    Mon fils de 11 ans est diagnostiqué TDA, et en plus, il doit composé avec l’épilepsie! Dans ce texte, je me retrouve tellement. Malheureusement, même dans le milieu scolaire, certaines personnes refusent de comprendre et jugent trop facilement nos enfants et nous mêmes en tant que parents. Pourtant mon fils est très intelligent et il ne demande qu’à apprendre.

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