L’amour d’avant valait plus cher que l’amour d’aujourd’hui

couple vintage with pigs

Parfois, je me dis que j’aurais aimé vivre à une autre époque. Dans l’ancien temps où tout était plus canné, plus obligé. C’était ça pis c’était toute. La vie fonctionnait comme ça et tu ne faisais rien contre l’avis de tes parents et de ton entourage de peur de te faire renier, lyncher ou enfermer dans une école de sœurs dans le village voisin.

L’éducation des enfants se faisait, selon moi, sur le sens du monde. On était polis, respectueux, travaillants et persévérants. On se fixait un but et on travaillait d’arrache-pied sur notre petite ferme dès l’aube pour finalement finir la journée les larmes aux yeux quand on réalisait nos rêves.

On se contentait de ce qu’on avait pis on était ben heureux de même parce qu’on savait bien qu’on ne pouvait pas tout avoir, tout obtenir sans le moindre effort et que la course à l’éphémère était une perte de temps.

On était peut-être nés pour un petit pain, mais on était bien et selon nous, le bonheur c’était ça. Apprécier ce que l’on avait au lieu de toujours vouloir plus beau, plus cher, plus grand pis plus gros.

Et l’amour. Ah! l’amour. Avant, on pognait le kick sur quelqu’un et on le voyait tout de suite dans sa soupe. On ne pouvait pas le texter, l’espionner sur Facebook, ni même, souvent, lui regarder la face sur une photo pour se remémorer ses beaux yeux. Si oui, elle était petite, en noir et blanc pis floue. N’empêche que ça laissait place à l’imagination.

On se datait une couple de fois, généralement avec un chaperon pour ne pas perdre notre dignité et s’offrir à qui mieux mieux, on jasait, on s’apprivoisait, on se charmait et les chaleurs nous envahissaient quand il nous prenait enfin la main à la fin du deuxième mois de fréquentation. C’était beau.

Dans le temps, aussi, on déclarait notre amour peu de temps après avoir pogné le kick. Pas d’histoire de fréquentations pendant six mois, un an, cinq ans. Le gars répondait oui ou non et on se mariait dans pas long. Il n’y avait pas de game, pas de ghosting, pas de magasinage de love sur un paquet de plateformes en tout genre. On s’engageait point barre. Suffisait d’être un bon parti.

Nos critères de sélection étaient les bons. On cherchait un homme qui gagne bien sa vie, qui est vaillant et qui semble être un bon père de famille. Pas un musclé, bien amanché, riche de préférence, avec une bonne éducation sans non plus péter de la broue. Pas un blond avec les yeux verts, pas trop maigre, pas trop gros.

Avant, on se demandait si c’était l’homme qu’il nous fallait pour bâtir notre vie et non s’il y en avait des meilleurs ailleurs. C’est triste. Parce qu’aujourd’hui, ceux qu’on qualifie de « meilleurs » sont souvent les plus cons. Meilleurs de l’extérieur mais rarement bons de l’intérieur.

Avant, c’était pour le meilleur et pour le pire. Pis tu sais quoi, du pire, parfois, il y en avait un char pis une barge, mais on restait là parce c’est ça, le véritable amour. C’est pas toujours tout beau pis tout rose. Rares sont ceux qui trouvent la personne idéale et qui la trouve idéale en tout temps. L’amour inconditionnel, c’est pour les enfants qu’on le ressent. Pas pour les chums pis les blondes.  Pis même encore.

Maintenant, on veut du gros feu dès le début et si ça ne dure pas, on change de spot. On rajoute pas de papier, on souffle même pas un peu. On préfère allumer un autre feu ailleurs parce que ce sont les flammes qui nous excitent. On consume ce qu’on veut, on éteint ce qu’on ne veut pas et on gaspille du bois à profusion. Du bois qui s’assombrit et finit par ne plus être en mesure de s’enflammer pour qui que ce soit.

On se garroche sur un, sur l’autre, on magasine. On vit, on s’ennuie, on flush. Dans une génération comme la nôtre, il faut pas s’étonner de se faire jeter.

On clique sur next et on attend le prochain. Remplie de rêve et d’espoir que ça marche. Mais dans le fond, le veut-on vraiment? Tout d’un coup que le prochain serait mieux ?

L’homme idéal fille, il n’existe pas. La perfection, c’est ennuyant. Si tu as trouvé un homme rempli de défauts qui te font sourire, c’est que tu as trouvé le bon. Si tu ne l’as pas encore trouvé, il se trouve probablement bien moins loin que tu ne le penses et en attendant de mettre le grappin dessus, descends de ton petit nuage et réalise que toi aussi, t’es loin d’être parfaite. Révise tes critères et crois-y donc un peu.

À trop chercher, on finit par se perdre.

Crédit : Everett Collection/Shutterstock.com
Margaux MacKay
MARGAUX MACKAY

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