La maîtresse, c’est moi

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Je sais que tu me détestes et sincèrement, il y a fort à parier que je t’aurais aussi détestée si on inversait les rôles pour un moment.  Avant que je me retrouve dans le siège de la mauvaise fille.  Avant que je devienne cette ennemie à abattre.  Probable que tu ne réussiras pas à lire ma lettre en entier parce que ça fera trop mal, parce qu’il y a encore trop d’amertume.  Et je te comprends.  Je vais tout de même l’écrire en me disant que peut-être un jour, t’en seras capable.  Pis au pire, ça me servira de thérapie.

Malgré ce que tu crois aujourd’hui, malgré ce que tout ton entourage te dit, je ne suis pas une mauvaise personne.  Je ne suis pas le diable réincarné.  Je ne suis pas la bitch que tu t’imagines.  Je suis juste une fille qui est tombée en amour avec la mauvaise même personne que toi.  Tu crois que j’aurais dû résister par solidarité féminine?  Peut-être.  T’as sans doute raison.  Mais pour ce que ça vaut aujourd’hui, sache que je l’ai fait, longtemps.  Sache qu’on ne s’est pas tombé dessus à la première occasion.  Sache que j’ai combattu aussi fort que j’ai pu.  J’ai tenté de tout freiner.  Et lui aussi.  Mais ç’a été comme une digue qui a cédé sans qu’on puisse rien retenir.  Ç’a été plus fort que nous.  Vraiment plus fort que nous.

Toi et moi, on ne se connaît pas.  J’ai seulement vu des photos de toi qui parsèment son profil Facebook et c’est suffisant pour faire en sorte que ma conscience ne soit plus tranquille.  C’est probablement tout ce que je mérite, n’est-ce pas?   Et je te l’accorde.  Il y a le moi qui a un problème de conscience, qui ne dort pas bien le soir en sachant que je t’ai brisée.  Mais y’a aussi le moi qui sait que je ne pouvais plus faire semblant, faire autrement.  Le moi qui a décidé d’affronter ce qui s’en venait et d’être heureuse.  Le moi qui assume le raz-de-marée et qui est convaincue que c’est pour le mieux et qui malgré tout, malheureusement, ne regrette pas.

Je te comprends de m’en vouloir et ne tenterai pas de me défiler en faisant porter le fardeau sur d’autres épaules que les miennes.  J’ai haï la personne que je suis devenue, je l’ai démonisée quand des gens autour de moi l’ont croisée.  Maintenant, j’ai compris qu’on n’est jamais à l’abri de ça.  Que ça peut arriver à n’importe qui, n’importe quand.  Que ceux qui me lancent des pierres actuellement seront peut-être les prochains à vivre une situation semblable.  Que le jugement, c’est facile, tant que ça ne nous arrive pas.

Alors, tout ce que je veux que tu saches, c’est que je n’ai pas couru après ça.  Ce n’est pas un pattern que je répète.  Que non, ça ne m’était jamais arrivé.  Que ce n’est pas uniquement physique.   Je veux que tu saches que je suis désolée.  Vraiment.   Je veux que tu saches que je n’ai pas voulu ton malheur… j’ai juste voulu mon bonheur.  Je n’ai pas voulu tout te prendre…  j’ai juste voulu assumer pour une fois ce que je ressentais.  Je n’ai pas voulu tout détruire… j’ai juste voulu construire ma vie auprès de celui que j’aime.

Alors, déteste-moi si ça te fait du bien.  Prie pour qu’il m’arrive malheur.  Je comprends.  Et j’accepte.

Pour ma part, tout ce que je te souhaite, c’est de trouver le bonheur.  Parce que je sais que tu le mérites.  Amplement.

La Collaboratrice dans l'Ombre
LA COLLABORATRICE DANS L'OMBRE

Une réflexion sur “La maîtresse, c’est moi

  1. Louison Tremblay Répondre

    Euh… le type à quitté sa femme pour toi? Tu n’es pas la maîtresse, tu es la nouvelle conjointe!

    Il ne l’a pas quittée? Alors, oui, tu es la maîtresse. Tu cours après ton bonheur, mais tu risques de courir longtemps. La majorité des hommes qui trompent leur femme l’aiment et ne la quitteront jamais. C’est curieux mais c’est comme ça. Ta belle histoire d’amour se terminera abruptement au moment où tu oseras faire des demandes et quand tu exprimeras souffrir d’être depuis si longtemps le second violon malgré tes mois ou tes années d’amour absolu et grandiose.

    Tu t’inquiètes pour le bonheur de la femme du type? Inquiète-toi donc pour ton propre bonheur à toi. Les excuses vont finir à manquer au petit monsieur pour aller te voir et puis l’intérêt aussi va finir par s’émousser. Il ne va probablement jamais être fidèle à sa femme qu’il aime et qui est son ancre et sa source de stabilité et de sécurité, mais il la trompera avec une autre que toi. Ça viendra.

    Tu parles de “construire ta vie” auprès de celui que tu aimes? Construire quoi au juste? Des escapades cachées et limitées dans le temps au gré des disponibilités de monsieur? Des attentes, des déceptions, aucune reconnaissance sociale, des cachotteries? Belle construction!

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