Maman séparée : je suis une maman phœnix

mother and kid on sun

Comment j’ai fait. Comment j’ai survécu à l’hiver le plus froid de ma vie. Vous deux dans mes bras, le cœur fendu.

Comment j’ai survécu quand je suis revenue du travail après le déménagement de votre père. Et pis que sa rangée de cintres était devenue aussi vide que ma vie. Que je vous pactais le matin dans mon VUS, laissant dernière moi un filet de sang dans la neige.

Comment j’ai fait pour accumuler toutes ces déceptions lorsque je devenais la proie facile des autres hommes. Ces autres qui me disaient avoir hâte de vous rencontrer, que vous étiez donc beaux. Ces mêmes autres qui me jetaient par la suite comme un déchet après usage.

Comment je suis devenue cette mère insensible et intouchable. La switch émotionnelle tournée complètement à off pour réussir à mettre un tant soit peu un pied devant l’autre.

Combien de fois j’ai pu ressentir un mal si intense et vif à l’heure du souper, parmi vos crises de bacon incessantes. Et pis que le bordel sur le plancher qui s’étalait jusqu’au mur me donnait envie de flancher. De m’endormir pour le restant de la vie, de m’éteindre.

Je tiens à dire que mon cœur en brasier a été amoureux de vous jusqu’à son extinction, jusqu’à sa toute fin, mes amours. Que jusqu’au bout d’elle-même, maman, sur le coin du bar, après avoir vidé toutes les bouteilles de fort, elle vous aimait encore.

Puis, je me suis éteinte en silence, sans pleurer, sans souffrir alors que l’été battait son plein en brillant de mille feux dehors.

Votre maman phœnix venait de renaître parmi les cendres des cadres de famille. Ces cadres encore fumants du souvenir de votre premier cri, de vos premiers pas, de votre premier anniversaire, du temps où nous étions tous ensemble.

La douleur venait de laisser place à la vie, à son bonheur et ses opportunités. Chaque minute en votre compagnie n’était plus une lourde tâche mais bien une occasion d’en profiter. De prendre vos petites mains, plonger mon regard au fond du vôtre et pis de continuer à trois le chemin.

Au final, je me demande comment j’ai pu vivre toute ma vie en espérant trouver l’amour des hommes alors qu’à la base, avant d’aimer et être aimée, une femme se doit d’être amoureuse d’elle-même !

Stéphanie Hébert
STÉPHANIE HÉBERT

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