Ton coeur malade

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Ma belle, je sais que tu as envie de hurler des fois. Hurler ta peur pour ta vie, ta peur d’abandonner tes petits.

Ton coeur de maman, aussi grand soit-il pour aimer et protéger, a besoin qu’on prenne soin de lui. Parce que la nature, aussi formidable soit-elle, fait parfois des erreurs. Parce que quand tu n’étais encore qu’une petite pousse, dans le ventre de ta mère, la malchance s’est logée dans ton cœur, qui malgré cela, s’est développé pour aimer.

Puis un jour, tu as appris l’existence de cette malchance. Tu as appris que pour sauver ta vie, tu devrais confier ton coeur à un docteur pour quelques heures.

Cette nouvelle aurait pu te paralyser. Mais tu as décidé de foncer. Parce que ça t’a rappelé à quel point la vie est fragile et comment il faut profiter de chaque seconde. Parce que ça t’a permis de ne pas oublier qu’il ne faut jamais laisser la peur avoir le dessus sur le cœur.

Encore plus depuis ce jour, tu vis en écoutant d’abord ton coeur. Tu l’as toujours laissé parler plus fort que tes craintes. Lorsqu’il t’a assuré que ton homme était le bon, tu l’as cru. Lorsque ton coeur t’a dicté d’avoir des enfants, tu lui as obéi.

Mais aujourd’hui, même si tu lui as toujours fait confiance, je sais que tu es effrayée. Tu as peur qu’il te laisse tomber. Mais tu gardes tout ça pour toi. Parce que tu veux être plus forte que ta frayeur, tu continues ta vie, comme si. Comme si de rien n’était. Comme si ça ne te pendait pas au bout du nez. Comme si tu n’étais pas terrorisée.

Mais tu l’es, je sais.

Et le soir, lorsque tes amours sont couchés et que tu te retrouves seule devant le miroir, je sais que tu pleures. Tu pleures de colère devant la malchance qui s’est arrêtée sur toi. Devant ton impuissance, face à ce destin qui est le tien. Devant l’inquiétude, qui te ronge en silence. Devant l’angoisse de ne pas avoir profité de chaque seconde. Devant la crainte que tes enfants ne sachent pas combien tu les aimes, malgré tes impatiences et tes cris, parfois. Devant la perspective, insupportable, que tu pourrais ne pas connaître les adultes merveilleux qu’ils deviendront.

Maintenant, tu l’attends avec impatience, exaspération même, ce jour où le docteur donnera un second souffle à ton cœur. Pour mettre fin à tes tourments. Pour te permettre d’aimer encore, longtemps.

En attendant, tu as peur en silence. Moi aussi, ma belle amie. Mais mon coeur me dit que tout ira bien. Et parce que je te trouve si forte, que je t’admire tant, je fais comme toi, je l’écoute et je le crois.

Tout ira bien.

Et tu reviendras chez toi, le coeur raccommodé. Prêt à chérir encore tes petits, de nombreuses années.

Et devant leurs sourires, lorsqu’ils vont t’accueillir, devant ta vie qui va se poursuivre, tu n’auras plus de raisons de pleurer.

Juste des raisons d’aimer.

Meliane
MELIANE

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