À celle qui essaie tellement de devenir maman

test de grossesse

Quand on était au secondaire, on se faisait défoncer le tympan à propos des préservatifs et de la pilule contraceptive. Être jeune mère, c’est pas souhaitable. Ça fait que hop, une visite chez le médecin et tu t’es fait prescrire la pilule.

Là, écoute, tu as dû te conditionner à la prendre re-li-gieu-se-ment. T’étais active sexuellement, t’étais un peu fière et tu ne voulais surtout pas voir un + sur un test de grossesse pendant ta semaine d’examens du Ministère en secondaire V.

Te voilà quelques années plus tard avec un chum. Il est super fin et tu l’aimes tellement, même s’il laisse traîner de la vaisselle comme c’est pas possible dans la cuisine. Pis imagine, lui, il te trouve super fine et t’aime tellement, même quand tu boudes dans ta chambre après que ta belle-mère t’ait envoyé une réplique cinglante-vraiment-pas-justifiée-ou-nécessaire. Vous avez gradué de vos chambres respectives chez vos parents, à un petit condo d’amoureux, puis à votre maison. Et cette maison-là, tout comme vous deux, est prête à accueillir un petit mélange de bonheur que vous aurez concocté. Voilà. C’est dit. Tu arrêtes ta pilule et advienne que pourra! Vous êtes fous, vous vivez dangereusement; vous serez peut-être trois occupants bientôt. Tes beaux yeux bleus sont pétillants, lui te trouve tellement belle quand tu t’emballes. C’est clair, la maternité, c’est ton projet de vie et tu ne lui tords pas le bras du tout, il est là-dedans avec toi comme peu de gars le sont.

Mais voilà, ça fait un moment que vous essayez et ça ne semble pas vouloir coller. Tu te poses des questions mais bon, en même temps, c’est pas trop grave, de toute façon vous voulez faire des voyages à deux encore un moment. Tu en glisses quand même un mot à ton médecin. Elle trouve ça long. Elle vous conseille de consulter. Toi, ma grande pratiquante de la théorie-catastrophe, tu capotes. Vous voilà partis pour un extra-super-long processus dans les dédales de l’infertilité. C’est fou comme on désire nettement plus les choses qu’on ne peut pas avoir que celles qui sont accessibles.

Vous avez exploré toutes les possibilités. Qui est la source du «problème»? Qu’est-ce qu’on peut faire pour y remédier? Est-ce que c’est possible de le corriger? Dans tout ça, t’as un chum qui ne parle pas beaucoup mais qui se sent un peu moins mâle. Il sent la pression qui repose sur son engin, impuissant devant la qualité de ses spermatozoïdes. Vous parlez maintenant couramment le langage du sperme. Mobilité, quantité en millions, normalité/anormalité; rien ne vous est inconnu. Vous pourriez enseigner votre savoir à la planète entière mais ça ne vous donnerait pas le bébé que vous voulez tellement avoir.

Ça prend un couple fort et très, très uni pour survivre à ce processus parce que ce sont des montagnes russes d’émotions, d’incompréhensions et de remises en question. Vous êtes remarquablement impressionnants et votre dynamique est très inspirante. Quand j’entends ta voix brisée au téléphone, que tu pleures en me racontant les derniers résultats de vos tests, ça me fend le cœur. Pas parce que votre parcours difficile et épineux est triste. Parce que tu es mon amie et que tu es abattue et découragée parce que ton rêve de devenir maman (et tu seras sûrement une des meilleures que j’aurai la chance de connaître) te semble si loin.

On vous a dit que ce serait plus compliqué que pour d’autres d’avoir un enfant ensemble, mais que c’est bien possible.

Sèche tes beaux yeux bleus, c’est pas fini, ma belle. Remonte tes manches, mouche-toi, respire et continue!

Le verre est à moitié plein : ça nous laisse plus de temps pour brainstormer sur des noms d’enfants.

Catherine I.
CATHERINE I.

3 thoughts on “À celle qui essaie tellement de devenir maman

  1. Solene Répondre

    En essai de bébé depuis plus dd’un an Bhin c’est exactement ce que je vie … et c’est vraiment très dur de ce dire que peut être mon rêve le plus chers ne va peut être pas se réaliser ?

    1. Maman chanceuse Répondre

      Espoir et patience!

  2. Maman chanceuse Répondre

    Been there, done that… ouf! Le 2e se laissait désirer… la 1ère on en avait juste parlé et hop! Mais le 2e…. ouf… kystes au ovaires, ovulation pas “assez bonne”… 2 ans de tout ça…. pour décider que si par les 6 ans de ma grande j’arrêtais de vouloir! 3 ans de tests négatifs (les paies y passaient à Clear Blue) et finalement des maux de cœurs…. attendre 9 semaines pour ne pas revivre la déception…. finalement le + était au rendez-vous! Je voulais encore une grande famille mais plus JAMAIS ce stress… donc on a décidé de faire confiance à la vie pour la suite… maintenant maman de 4 enfants! On ne sait jamais ce qui s’en vient pour nous! Il y a 9 ans je pensais que ma grande serait enfant unique….

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *