La fois où t’aurais souhaité ne plus avoir d’enfant

femme allongé tranquille

On jase entre mamans, là. Sans oublier qu’on les aime nos enfants, qu’on ne les échangerait pour rien au monde.

Mais t’sais quand t’es à bout, que tes enfants se tapent rhume après rhume et que tu passes une couple de nuits blanches en ligne, que ton terrible two te pique des crises inimaginables, souvent devant public, que ton huitans te fait de l’attitude, que ton panier de linge sale semble être une montagne insurmontable, que ton chum est aussi un enfant à charge qui de plus ne t’est d’aucune utilité et que tu crois être au bord d’une crise de nerfs ou pire, d’une dépression… quand t’es rendue là, ça t’arrive de jalouser tes amies sans enfant. De rêver d’en avoir jamais eu ou de les parker dans une garde-robe pis des les ressortir quand ça fera ton affaire.

Des fois, tu rêves d’écouter en rafale les six saisons de ta série télé préférée une à la suite de l’autre en pyjama et de te lever seulement quand le livreur de bouffe arrive. De boire la bouteille de vin au grand complet, au goulot par-dessus le marché et dormir tout l’avant-midi le lendemain pis de peser sur le bouton repeat. D’aller souper avec ta meilleure amie un mercredi soir sans avoir peur de la tornade qui sera passée dans ta maison au retour. De te réserver un voyage dans le sud de dernière minute sans que ça nécessite une planification militaire. Tu rêves de faire la route pour le chalet le vendredi soir dans le silence le plus complet, que tes oreilles silent et que ce soit le son le plus agréable jamais entendu.

Tu avais tout le temps de faire ces trucs avant ton premier enfant, sauf que tu ne les as pas faits. Dans ta vie antérieure, tu rêvais d’avoir des enfants. Tu jalousais les mamans qui se baladaient avec leur poupon en poussette, qui berçaient leur bébé en chantant des petites chansons douces. Tu ne voyais que le beau côté de l’affaire.

Puis, tu as accouché. C’était le plus beau jour de ta vie. Tu as ramené ton nourrisson à la maison, toute fière, en amour, en pensant que c’était enfin ton tour d’être la maman jalousée qui berce son bébé en chantant des chansons. Quelques semaines ou quelques années ont passé et la réalité t’a frappée en plein visage.

Tu ne dors plus. Après deux verres de vin, t’es en état d’ébriété. Tes relations amicales ne se déroulent souvent plus qu’au téléphone entre deux bains. Tu ne voyages plus jamais pour te reposer et pas en bas de 8000$, car moi-aussi-veut-aller-en-voyazeeeeee et tu suis tes séries télé en retard de deux bonnes semaines, sans vraiment les regarder, en pliant tes cinq brassées de foncé.

Et quand tout cela sera fini, que tu pourras te reposer et retrouver une vie normale, tu voudras garder tes petits-enfants tout le temps pour remettre un brin de vie dans ta maison.

Comme quoi on est jamais satisfaites.

Nadine Nantel
NADINE NANTEL

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