Ma fille TDAH, pardon de ne pas avoir cru en toi

sad little girl in front of window

Tu n’avais pas encore trois ans que déjà, je savais que tu serais différente avec ton caractère bouillant, ton impatience, tes colères, ton incapacité à rester immobile deux secondes, le ton et le volume de ta voix qui surpassait toujours celle de tout le monde. Seigneur, ce que j’ai pu espérer que tu te taises parfois. Juste un peu.

Dès le moment où le diagnostic est tombé, j’ai cessé de te voir telle que tu étais, aveugle devant ta personnalité. Sourde à ta vraie voix. Pardon ma fille d’avoir laissé cette étiquette influencer ma façon de te voir. Le TDAH. Comme si ta personnalité pouvait se résumer à quatre lettres de l’alphabet.

Ce que j’aurais dû voir, c’est toi. Ton énergie débordante, tes idées à l’infini, ta débrouillardise, ta persévérance, ton altruisme, ta sensibilité.

Ce que j’aurais dû entendre, c’est toi. Tes questions pour tout comprendre LÀ MAINTENANT!, tes commentaires qui dénoncent les injustices et prennent la défense de ceux qui en sont incapables. J’aurais dû saisir beaucoup plus tôt ta manière bien à toi de demander de l’aide, de déclarer ta présence. Je n’aurais pas dû en être irritée.

Je te regarde aujourd’hui relever les défis de la vie, un à la fois, sans baisser les bras et tu m’impressionnes chaque jour. Je vois tes efforts pour montrer que tu veux bien faire les choses, pour qu’on te félicite. J’entends ta voix chanter fort les chansons qui font vibrer ton coeur. J’entends les notes de musique qui t’habitent et qui rythment ton quotidien et ta voix parfaitement juste qui célèbre la vie chaque jour. Je t’entends vivre à ta manière bien à toi.

Aujourd’hui, tes difficultés sont des défis qui te rendent fière. Tes impatiences ne sont que l’anticipation des belles choses qui t’attendent. Tes colères naissent de cette passion qui pimente ton existence.

Tu es différente, oui, mais tellement en paix avec celle que tu es, parce que dans la vie, tu as compris qu’on peut décider de se concentrer sur le fait qu’on part avec deux prises ou saisir et comprendre toute la beauté de celle qui reste.

Chaque jour, ta façon de surmonter les défis et les épreuves me rappelle à quel point j’ai eu tort de ne pas croire en la personne que tu es.

Ma magnifique enfant, du haut de tes huit ans, tu es, à toi seule, ma leçon de vie.

Dominique Careau
DOMINIQUE CAREAU

Une réflexion sur “Ma fille TDAH, pardon de ne pas avoir cru en toi

  1. Suzy Répondre

    Waw . Merci pour ce texte .
    J’aurai aimée qu’on croit en moi .

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