À toi, l’adolescente qui porte un enfant

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À toi, l’adolescente qui porte un enfant,

Aujourd’hui, j’ai le goût de de te dire les vraies affaires. Celles que ta mère ne sera jamais capable de te dire parce qu’elle t’aime trop.

Elle ne sera pas capable de te dire que t’es mieux de t’atteler parce que les prochaines années de ta vie vont être tough sur un moyen temps.

Elle ne sera pas non plus capable de te dire qu’elle n’est pas sûre que t’as fait le bon choix, par crainte de te faire de la peine.

Elle ne voudra pas te dire que ton chum pis toi, c’est voué à l’échec. Que vous deux, c’est temporaire comme un plancher propre dans une maison unifamiliale abritant une famille de quatre personnes, deux chats pis un Golden Retriever.

Elle refusera de te dire que tu vas être dans la marde. Que tu vas rusher, que tu vas trouver ça dur, que tu vas pleurer toutes les larmes de ton corps plusieurs fois par mois, voire plusieurs fois par semaine.

Bien sûr, elle va être là pour toi. Pour t’aider. Pour venir faire une nuit une fois de temps en temps, question de te donner un break. Mais ta mère, ce ne sera jamais la mère de cet enfant-là et des fois, tu vas te demander si t’as fait la bonne affaire. Si t’étais si « prête » que ça.

Ça fait qu’aujourd’hui, je vais te le dire, moi, que les prochaines années de ta vie vont être épouvantables. Que tu es mieux de t’équiper en kleenex sur un moyen temps si tu ne veux pas avoir à te moucher avec des papiers essuie-tout. Que t’es mieux de faire une croix sur ta belle vie de jeune adulte, celle où t’es censée sortir dans les bars t’amuser comme une petite folle avec tes amies pis boire de la boisson jusqu’à en être malade sur le comptoir du McDo quand tu vas commander tes croquettes. Que t’es mieux d’oublier tout de suite tes belles idées de vie de couple – avec ton futur chum, parce que celui que t’as là va crisser son camp avant même que t’aies eu le temps de changer ta première couche de méconium – parce que les jeunes hommes dans la vingtaine auront ben trop peur de toi et de ton nouveau-mini-toi.

Je vais te le dire, moi, que tu vas te faire juger. Tu vas te faire juger par tout le monde qui va croiser ton regard. On va penser que c’est ton petit frère. Ton neveu. Ton filleul. On va penser que c’est un enfant que tu gardes. Que t’es une bonne petite fille qui aide sa voisine avec ses trois enfants parce qu’elle voulait laver son Frigidaire.

Tu vas te faire juger dès que tu vas prononcer les trois mots suivants : « C’est le mien. »
Les gens vont te trouver jeune. Trop jeune. Ils vont te trouver immature. Inconsciente. Insouciante. Aveugle. Ils vont trouver que t’es une pauvre petite bête innocente.

Ils ne prendront pas le temps de te demander si tu es une bonne fille. Si tu as eu de bons parents. Si tu es née dans une bonne famille, as grandi avec de bonnes valeurs, as eu une belle enfance.

Ils ne prendront pas le temps d’évaluer tes capacités et de faire le tour de ton c.v.

Ils ne prendront pas le temps d’essayer de comprendre. D’essayer de se mettre à ta place.

Ma p’tite fille. Toute ta vie, une grande partie du monde va être contre toi. Fait que, ta job, ce sera de montrer à tout ce pas-beau monde-là à quel point il a tort.

Il va falloir que tu sois forte. Il va falloir que tu sois vraie. Il va falloir que t’en fasses, des concessions. Il va falloir que tu t’acharnes, que tu prouves que tu es une bonne mère. Il va falloir que tu t’armes de patience. Que tu sois bien entourée. Il va falloir que tu montres que tu veux travailler pour l’élever dans le sens du monde cet enfant-là. Va falloir que tu les calmes, tes caprices d’ado, parce que tu vas maintenant avoir un humain à ta charge.

Les prochaines années vont être difficiles. Fracassantes. Glaciales. Mais tu vas réussir. Tu vas passer au travers. Tu vas l’avoir gagné, ton ciel.

Et quand tu vas penser que tu passes par là parce que t’es une mère adolescente, rappelle-toi que ce que tu vis, dans les faits, toutes les mères, qu’elles aient 20, 30 ou 40 ans, le vivent aussi.

Fait que retrousse-toi les manches pis montre-leur, toi aussi, qu’être une bonne mère, c’pas une question d’âge.

La Mamalaisante
LA MAMALAISANTE

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