Mon fils, tu n’es pas un monstre

little boy shout

Du plus lointain de mes souvenirs, je te revois potelé à souhait, tout rose et débordant de force, mon fils. Avec un désir de tout connaître, de tout faire tout seul. Comme si toi, tu n’avais jamais été petit, jamais été frêle.

Même si au fond de moi, je souhaite éperdument que ça te passe bien au-dessus de la tête lorsque tu vas le réaliser, je dois te parler de quelque chose que tu ne remarques pas encore, mais ça ne saurait tarder. Quelques chose que mon cœur de mère défaillant a beaucoup de mal à contenir présentement. Un peu comme une sorte de rage malhabile contre le monde entier.

Tu n’es pas un monstre, mon fils. Même si c’est ce qu’on s’amuse à te démontrer. Même si c’est toujours toi le grand méchant loup sans qu’on te l’ait dit ouvertement dans la cour de récré. Même si on te fuit sans cesse en criant, qu’on t’évite.

Tu n’es pas un monstre, mon fils. Même si certains parents nous regardent du haut de leur standard de conformité. Que c’est ton nom qu’on chuchote parfois dans le vestiaire de la garderie en écho. Que tu ne cadres dans aucun moule et que l’image de l’enfant modèle te coule dessus comme de l’eau.

Tu  n’es pas un monstre, crois-moi, quand tu te blottis sur ma poitrine, que tu t’agrippes à mon cœur et que je respire l’odeur fruitée de ta chevelure. Non, tu es plutôt un garçon d’exception, un visage qu’on reconnaît. Différent et parfait, quoi qu’on en dise.

Tu n’es pas un monstre, mon fils. Dans ta tête, les informations se bousculent et se chamaillent. Ton environnement se heurte à ton esprit à chaque seconde, chaque rayon lumineux, chaque son. Tu analyses la réalité et n’en comprends que bien rarement le sens. Rassure-toi, tu n’es pas le seul.

On te demande d’être comme tous les autres amis malgré toute ta différence, un rôle que tu mets en pratique chaque jour, une pièce de théâtre que tu peaufines de mieux en mieux. Ceux qui osent te juger, nous juger, ignorent à quel point la patience est de mise pour toi, pour nous.

Alors sache que si c’est vraiment toi le grand méchant loup, mon fils, c’est seulement parce que les autres ne sont que des moutons. Mais tu ne seras jamais un monstre, oh ça non.

Stéphanie Hébert
STÉPHANIE HÉBERT

Une réflexion sur “Mon fils, tu n’es pas un monstre

  1. Marie-Josée Gagnon Répondre

    Je me souviens très bien, en travaillant au service de garde scolaire, que les enfants en difficultés de comportement avaient des mères extraordinaires, (tellement vrai). Je me souviens plus des mères que les pères à cause qu’à cette époque, la majorité du temps, c’était elles, qui passaient chercher leur(s) enfant (s). Oui oui, les pères aussi, c’est certain, je parle de la majorité. J’ai tissé des liens avec ces mères, je les admirais. En fait, ces sont elles qui m’encourageait à poursuivre mon travail auprès de leur (s) enfant (s), par leur amour, tout simplement. J’ai beaucoup appris de leur part.

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