Mon garçon, tes câlins me manquent

mother kiss boy

Mon fils,

Je ne sais pas ce qui s’est passé. Du jour au lendemain, tu es devenu grand. L’espace d’un été, tu as non seulement poussé verticalement, mais ton goût pour l’indépendance a, pour mon plus grand dam, lui aussi grandi de façon exponentielle. Entre deux randonnées à vélo, deux degrés scolaires et pendant ce qui m’a paru comme une fraction de seconde, j’ai été reléguée au second plan – moi, ta maman qui t’aime tant. Cet été, tu es devenu un préadolescent en puissance et je n’y étais pas préparée.

C’est peut-être moi qui vis dans le déni. Ou est-ce la vie qui passe toujours en coup de vent? Je ne parle pas ici d’une brise légère, mais d’un ouragan subtropical de force cinq qui arrache tout sur son passage, avec les dommages collatéraux qui s’ensuivent. La tempête s’est peut-être calmée, mais le résultat est le même : tu me fuis. En public surtout, tu t’éloignes à vitesse grand V rejoindre tes amis, ton jeu, sans bec ni accolade aucun. Même pas un « au revoir » ou un « bonne journée! ».

Je te souhaite « bonne journée », bien souvent, avec une boule dans la gorge.

Ce matin, j’ai eu l’impression d’être ta cuisinière, ton habilleuse, puis ta conductrice. Peu bavard, tu as exécuté ta routine du matin telle une chorégraphie digne des Grands Ballets Canadiens, sans faux pas et en suivant la cadence prescrite. Je te l’accorde, rien à redire côté exécution – 10/10,  mon gaillard.

Je comprends que tu grandis, mais tu restes et resteras toujours mon bébé. L’affection que j’ai pour toi est immense et j’aurai toujours besoin de sentir que c’est réciproque. Même si l’affection que tu as pour moi est toujours présente dans ton cœur et dans ta tête, la proximité physique que j’avais jusque récemment avec toi nous a quittés trop rapidement. C’est normal de te dissocier tranquillement, surtout devant ta gang, mais s’il te plaît, donne-moi ma dose de câlins quotidienne avant de partir pour une autre journée. C’est en quelque sorte le carburant qui me permet d’avancer.

Peu importe ce qui te rend à l’aise, je devrai le respecter, j’en ai bien peur. Mais sache que, à l’inverse de toi, je ne te trouverai jamais trop grand pour les démonstrations d’affection en public. Si un jour tu changes d’idée, que tu as le goût, même pour un instant, de redevenir mon grand affectueux, s’il te plaît, ne te retiens pas. Il n’y a pas si longtemps, il me semble, tu étais minuscule et tu réclamais mes bras à grands coups de danses du bacon et de crises de larmes. Où est passé mon bébé?

Jamais je n’aurais un jour pensé écrire ces lignes, m’ennuyant de tes accolades et de tes baisers mouillés. Il y a trop peu d’années, je rêvais d’un peu d’espace, mais je n’osais que très rarement te déposer loin de moi. Te repousser semblait te heurter comme un couteau qui t’aurait transpercé le cœur, mon chéri.

Pour l’instant, je prends tes becs au vol, tes accolades faites entre les quatre murs de notre nid, les sourires et les clins d’œil qui veulent tout dire. Je cueille l’amour qui passe, qui transperce ton regard furtif, tes gestes maladroits. Tu deviens grand, et tu prends ton envol.

Et moi, ta maman, je resterai là, toujours, pour te tendre la main ou te serrer dans mes bras au moment où tu voudras.

Je t’aime.

Lysiane Beaubien
LYSIANE BEAUBIEN

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