Ta maternité et ton anxiété de performance

anxious pregnant woman

La minute où tu as vu apparaître les deux lignes sur le test de grossesse, tu as commencé à vouloir performer en tant que maman. Ça a commencé par l’achat d’innombrables articles de bébé, certains utiles, d’autres pas. Dans ta tête, plus c’était cher, de meilleure qualité c’était. Pourquoi y a-t-il des sièges d’auto à 200$ et d’autres à 400$ ? Celui à 400$ devait être plus performant et sécuritaire, ça c’est sûr.

Ensuite, petit bébé est né. Ton allaitement a été marqué par l’anxiété de performance. Malgré des mamelons en sang, le tirage de lait, donner ton lait à la seringue à bébé, ça allait mal. Tu as essayé de persévérer quelques semaines, mais un moment donné, tu as juste dû arrêter. Tu t’en es voulu pendant des semaines, des mois. Tu as lu tous les articles et les blogs sur Internet qui mettaient en évidence les bienfaits du lait maternel, question de bien retourner le fer dans la plaie. Ça t’a rongée littéralement de l’intérieur.

Et puis tu as  commencé à lire des livres. Trop de livres. Des livres qui exposaient la « normalité » dans le développement des enfants. Dès que ton enfant n’était pas tout à fait « dans la norme », tu paniquais. Et tu culpabilisais. C’est évident que c’était de ta faute : tu ne l’avais pas assez stimulé à parler ou à avancer à quatre pattes.

Ça ne semble pas avoir de fin. Veux-tu bien me dire pourquoi tu t’excuses si ton enfant en frappe un autre ? Ce n’est tout de  même pas toi qui lui as enseigné à taper ou à mordre ! Pourquoi avons-nous tendance à nous excuser pour notre enfant ? Pourquoi nous gonflons-nous de fierté si notre enfant fait un bon coup ? C’est normal dans une certaine mesure de ressentir de la fierté, mais pas de façon excessive. Après tout, il est une personne bien distincte de nous, avec son caractère ainsi que ses forces et ses faiblesses. Sa réussite (ou son échec), il la doit à lui en premier, pas à nous.

Lorsque tes enfants iront à l’école, s’ils éprouvent de la difficulté dans une matière, s’il-te-plaît, ne te sens pas responsable de la situation. De la même façon, essaie de ne pas te projeter sur tes enfants s’ils refusent de faire une activité, un art ou un sport qui te tient particulièrement à cœur. Ils ont droit à leurs préférences et il faut respecter leurs intérêts.

On oublie souvent que nos enfants ne sont pas notre possession. Ils ne sont pas une projection de nous-même. Nous ne pouvons pas les forcer à emprunter la voie où nous aimerions qu’ils cheminent. Nous ne pouvons que les accompagner, les aimer de tout notre cœur et les accepter inconditionnellement.

Mélina Morin
MÉLINA MORIN

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