Ton papa qui travaillait trop fort

girl miss father

Papa, tu étais présent, oui, physiquement parlant. Tu étais présent à ton boulot, à travailler parce que toi, papa, tu étais et es encore aujourd’hui, un travailleur acharné. Tu travaillais tant pour moi et maman, pour qu’on ne manque de rien. Je te voyais une petite demi-heure au souper et c’était calculé au quart de tour. Durant ce petit trente minutes, il ne fallait pas parler parce que tu écoutais les nouvelles du soir. Ensuite, tu repartais dans ton garage et bonne nuit.

Papa, comme tous les enfants, j’ai fait des pièces de théâtre et des spectacles à l’école devant les parents. Maman y était, mais pas toi. Souvent, je devais les manquer par manque de temps à cause de ton travail. Ce fameux temps. Le temps était et est encore très important pour toi, pour te rapporter de l’argent et travailler. Oui c’est ça, travailler tout son temps, travailler toutes les minutes qui existent.

Papa, tu avais peut-être peur de ton rôle paternel envers moi donc ton travail était une échappatoire. Tu n’as jamais assisté à une de mes parties de baseball car tu travaillais. Tu n’as jamais assisté à la remise de mon DEC car tu travaillais. Pourtant, moi, j’ai passé mon enfance à te suivre, avec obligation, dans ton sport, oui tu sais, celui pour lequel tu trouvais du temps car c’était pour toi. Et je n’avais pas le choix de te suivre, trop jeune pour me garder seule.

Papa, sache que je ne me plains pas ici du manque paternel que j’ai eu. Sache aussi que j’ai grandi et me suis forgé une carapace. Sache aussi que, grâce à toi, je donne tout mon temps à mon enfant car tu m’as appris ce que c’était de passer sans cesse en deuxième dans la vie d’un enfant. Grâce à toi, jamais mon travail ne passera avant le bonheur et le temps précieux que je peux offrir à la petite prunelle de mes yeux.

Papa, je me demande comment tu as fait pour manquer tout ça, ces petits moments de tendresse, de câlins, d’amour et de complicité que le cœur peut éprouver en étant un parent. Je n’écoute pas la télévision avec mon enfant lors des repas car je préfère lui expliquer les belles choses de la vie et discuter de tout et de rien durant notre souper quotidien familial.

Papa, sache que grâce à toi, je suis une mère dévouée, amoureuse, attentive et passionnée envers mon enfant. Oui, moi, je lui donne tout mon temps. J’ai grandi avec l’idée de donner à mon petit être cher ce que j’ai manqué, et de lui offrir avec tout mon cœur ce qu’il ne manquera pas dans sa vie. Je te remercie tout de même d’avoir été toi. Je ne prétend pas être une maman parfaite, mais je suis heureuse de donner à mon enfant ce qu’il y a de plus précieux à mes yeux, l’amour et le temps.

Papa, maman m’a annoncé que tu devenais malade. Évidemment, tu n’es pas capable de prendre le téléphone et d’appeler ta fille pour lui dire. Maman dit que tu dépéris à vue d’œil avec des larmes dans les yeux. Cela m’atteint, certes parce que tu es mon père et que j’ai de l’amour pour toi, mais aussi parce que maman est tellement triste et devra gérer tout ce qui s’en vient seule. Oui seule. Tu sais pourquoi ?

Parce que je me demande comment prendre soin d’un père. Je ne sais pas comment te donner de l’attention. Comme si quelque chose m’avait manqué dans mon enfance.

Pardonne-moi papa. J’espère que tu ne souffriras pas.

« Maman sera là pour toi », cette phrase que tu m’as tellement dite toute ma vie.

Je regrette de ne pas t’avoir davantage connu car au fond de moi, je sais que tu es une personne exceptionnelle.

N’oublie pas que je t’aime papa. De la même manière que tu m’aimes en retour.

La Collaboratrice dans l'Ombre
LA COLLABORATRICE DANS L’OMBRE

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