Quand ton enfant n’évolue pas aussi vite que le petit voisin

anxious woman

« Quoi, ton enfant a deux ans, pis il parle pas plus que ça? »

T’as peut-être déjà entendu une phrase du genre ou un de ses dérivés. Celle que tout le monde se permet de te lancer et qui te pousse à te remettre en question à chaque fois que t’analyses le développement de ton enfant. Parce que t’sais, selon tel livre, ton bébé est supposé marcher à un an, être déjà propre à deux, pis dire un bon nombre de mots à trois ans. C’est beau, en théorie.

Sauf que dans la vraie vie, ton bébé n’a peut-être pas envie de faire ses premiers pas tout de suite. Lui, ce qu’il préfère, c’est de se promener à quatre pattes, c’est de découvrir le monde en se tenant sur les fauteuils, c’est de prendre de l’assurance sur ses pieds avant de se lancer dans le monde des bipèdes.

Dans la vraie vie, ton fils,  il va peut-être décider que la propreté, ce n’est pas pour lui tant qu’il n’aura pas trois ans. Tu vas tout essayer. Toutes les techniques, tous les conseils, tous les livres. Lui ne veut pas et n’est pas prêt.

Dans la vraie vie, ta puce n’aime peut-être pas parler ou ne dira pas autant de mots que conseillés par le CLSC avant ses trente-six mois. Elle parle. Mais pas assez, selon les guides et tes amis.

Y’a plusieurs choses que les gens commentent. Tes enfants vont passer par plusieurs étapes de développement pis ces trois-là, ce n’est que le début. T’as pas fini de te demander ce que tu as fait de pas correct pour que ton p’tit ne fasse pas la même chose que les autres. C’est un réflexe d’adulte de vouloir mettre des chiffres, suivre des statistiques et souhaiter que notre enfant suive le sempiternel développement considéré « normal ». Sauf qu’en première année, que ton enfant ait été propre à trois ans ou à deux, ben ça n’aura aucune importance. Pis si ton deuxième a marché un peu tard, inquiète-toi pas, au secondaire y’a personne qui va l’écoeurer parce qu’il aura marché à quinze mois plutôt qu’à douze.

Les enfants suivent leur rythme à eux. Pis c’est peut-être pas le même que celui du voisin.

Je ne suis pas en train de te dire de ne pas aller voir l’orthophoniste, de le laisser éternellement en couche, pis de ne pas tout faire ce que tu dois faire pour le bien de ton enfant. Je suis en train de te dire de lâcher prise sur ton sentiment de culpabilité. Sauf si t’élèves ton enfant dans une grotte depuis sa naissance, ce n’est pas ta faute s’il ne dit que vingt mots plutôt que trente, pis tu fais sûrement de ton mieux. T’essaies fort mais t’sais, tu ne peux pas essayer pour lui.

Slaque-toi sur le syndrome de la mauvaise mère. Chaque enfant progresse différemment. On peut lui donner un coup de pouce, l’aider. Mais quand t’as tout fait, ton pouvoir est pas mal limité. Arrête de te sentir mal, de te dire que t’as dû skipper une étape ou manquer quelque chose. Tu fais de ton mieux,  pis ton enfant ben, c’est un enfant.

Lui, il a peut-être juste pas envie d’avoir tout de suite des bobettes de Pat’ Patrouille, pis de dire qu’il veut du lait, mais cette étape arrivera inévitablement et tu pourras être fière de vous deux et du travail accompli.

Alexandra Rivard
ALEXANDRA RIVARD

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