À toi, la maman absente, je suis une mère remplaçante usée

belle-maman avec enfant et papa

À toi, la mère absente qui, au fil des années, a coupé mes ailes de bonheurs à petit feu;

À toi qui as égoïstement décidé d’abandonner ton rôle de maman, nous laissant éponger les dégâts de tes choix;

Au fil du temps, je me suis usée dans ce rôle de mère remplaçante qui m’a été imposé, ce rôle parmi les plus ingrats qui puissent exister.

C’est connu, être belle-mère, c’est devoir vivre avec les jugements ignobles de ne jamais en faire assez ou de toujours en faire trop. C’est d’assumer toutes les tâches d’un parent sans réclamer aucune miette de reconnaissance. Mais être une mère remplaçante, c’est, en plus, perdre tous ses repères, ses sens, et ne plus reconnaître l’essence même de sa propre valeur.

À toi, la mère absente qui est partie refaire sa vie, sache que jusqu’à présent, j’ai été plus présente pour l’enfant à qui tu as donné naissance que tu ne l’as jamais été.

Au fil des saisons, je l’ai cajolé des nuits durant pour le réconforter et calmer ses peurs. J’ai soufflé avec lui les bougies sur son gâteau d’anniversaire et organisé ses fêtes pour qu’il puisse se construire des souvenirs remplis de richesses. J’ai rendu féeriques les différents passages importants de sa vie.

Je l’ai coiffé et habillé chaque matin pour qu’il se sente bien dans sa peau. J’ai cuisiné, chanté, dansé avec lui pour qu’il apprenne le plaisir de partager des moments en famille. Je lui ai raconté toutes les histoires de princesses et de contes de fées imaginables pour que son cœur s’imbibe de magie, et ce, sans recevoir beaucoup d’affection parce que son cœur était trop blessé par ton abandon.

Je l’ai accompagné aux multiples rendez-vous médicaux et je me suis impliquée à cœur ouvert auprès de plusieurs spécialistes pour l’aider à guérir et se tisser une place essentielle dans nos vies, parce que tes absences ne sont pas sans conséquences.

Et quand, à bout de souffle, j’ai réclamé un peu de ton aide, tu t’es montrée hargneuse et pleine de jalousie envers moi me rappelant que tu étais la seule et unique mère de ton enfant, cette même mère que tu n’as jamais réellement été pour lui.

À toi la mère absente, au travers des années tu m’as usée, tu nous a usés alors que tout ce que je souhaitais être était une belle-mère, une complice, une alliée. Pas celle qu’on juge, qu’on rejette, mais à qui incombe le développement d’un enfant qui n’a rien demandé.

À toi, la mère biologique qui brille par son absence, toi qui te places sur le podium de la super maman et réclames les trophées suite à tes courtes visites sous prétexte que tu as généreusement acheté un Kinder surprise et un Joyeux Festin à ton enfant, je crains de ne jamais te comprendre.

Mais chaque jour, je tente de retrouver ce chemin, celui vers la paix. Celui qui me permettrait de te pardonner.

Crédit : DGLimages/Shutterstock.com
Janie Gauthier
JANIE GAUTHIER

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