Mon bébé, maman a décidé de ne plus t’allaiter

mother with milk bottle

Mon bébé,

Avant d’avoir des enfants, j’étais la première à dire que je ne m’acharnerais pas. Que j’essaierais l’allaitement, mais que je donnerais le biberon si ça ne fonctionnait pas facilement parce que je suis de celles qui croient que peu importe la façon dont un bébé est nourri, l’important c’est de le faire avec amour.

Mais, mon bébé, je me suis avérée pas mal plus tête de cochon que je ne le pensais et j’ai persévéré malgré les coliques, les intolérances, les mastites, la douleur et la fatigue sauf qu’aujourd’hui, maman a décidé de ne plus t’allaiter.

Mon bébé, je ne t’allaiterai bientôt plus parce que depuis un bon moment, ton bedon te fait mal, tu es de mauvaise humeur, tu grognes et je me sens coupable à chaque fois; dès que je vois que tu es inconfortable, je me demande si c’est quelque chose que j’ai mangé qui cause ton inconfort et je repasse tout ce que j’ai englouti dans les derniers jours, me culpabilisant jusqu’à temps que tu retrouves ton beau sourire.

Mon bébé, maman a décidé de ne plus t’allaiter parce qu’après plusieurs consultations et sous recommandation de notre médecin en qui j’ai grandement confiance, j’ai réalisé à quel point j’étais perdue à travers tes maux et tes possibles intolérances alimentaires et je n’en peux plus de m’en vouloir et de me remettre en question tous les jours. J’ai tellement lu sur le sujet et tout tenté, mais tes symptômes persistent.

Mon bébé, maman ne t’allaitera plus car en désirant te donner le meilleur de moi-même tout en te regardant souffrir, j’ai constamment l’impression de te donner le pire, je suis épuisée et je n’arrive plus à savoir si ta douleur est causée par mon lait, tes dents ou le manque de sommeil.

Mon bébé, après plusieurs mois d’acharnement, parce que oui, rendu là, maman trouve qu’elle s’acharne, j’ai décidé de te sevrer tranquillement. Tu es fâché, je le sais. Tu veux ton réconfort, ton mamelon, te coller sur moi pour boire tranquillement, mais je te donne un biberon.

Mon bébé, pardonne-moi de te retirer ce que  je t’ai appris à tant aimer au fil du temps.

Maintenant, je vais me répéter autant de fois qu’il le faudra que je ne suis pas une moins bonne mère parce que je donne le biberon. Je sais bien que c’est tout à fait correct et bientôt, je vais y croire, promis.

 

Audrey Morin
AUDREY MORIN

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