Ne me dis pas que j’ai de la chance de ne pas avoir mes enfants une semaine sur deux

mother with two kids

Merci de ne pas me dire que j’ai de la chance de ne pas avoir mes enfants une semaine sur deux.

Quand je suis devenue mère, que j’ai enfin accouché de mes filles, je ne me suis pas dit que mon idéal serait d’en être responsable 50% du temps pour avoir du temps pour moi. Non, ce n’est pas ce genre de contrat que je croyais avoir signé.

Merci de ne pas me dire que j’ai de la chance de ne pas avoir mes enfants une semaine sur deux.

Je comprends que toi, tu es parfois à bout de souffle et que tu voudrais bien être à ma place. Je comprends aussi que tu trouves ça dur par moments parce que même à temps partiel, ça m’arrive aussi. Mais je te garantis que tu ne veux pas réellement être à ma place et si tu persistes à croire que oui, c’est que tu n’as aucune idée de ce qu’est la vie d’une mère en garde partagée.

Merci de ne pas me dire que j’ai de la chance de ne pas avoir mes enfants une semaine sur deux.

Parce que tu ne te trouverais en aucun cas chanceuse si tu étais privée de la moitié de la vie de tes enfants. Parce que tu gérerais bien mal le fait d’être privée de leurs sourires et de leurs soucis. Parce que tu t’inquiéterais de ne pas savoir comment ils vont vraiment. Parce que tes petits devraient laisser leurs vêtements et leurs jouets chez toi semaine après semaine pour les troquer contre des choses qui leur appartiennent aussi dans une autre maison. Parce qu’ils devraient changer de chambre et de parent une semaine sur deux. Parce qu’ils devraient vivre avec une personne qui n’est pas leur mère, même si elle est tout à fait gentille. Mais surtout parce que de vivre ces changements perpétuels n’est pas ce que tu souhaitais pour tes enfants quand tu as accouché.

Merci de ne pas me dire que j’ai de la chance de ne pas avoir mes enfants une semaine sur deux.

Parce que si tu étais à ma place, tu perdrais tes repères une semaine sur deux.

Merci de ne pas me dire que j’ai de la chance de ne pas avoir mes enfants une semaine sur deux.

Je n’en ai pas et mes enfants non plus. Ils ont une magnifique capacité d’adaptation qu’ils ne devraient pas avoir parce qu’ils sont tout simplement trop petits pour exprimer leur désaccord et faire un choix. Notre incapacité à garder notre famille unie leur a été imposée, point, et ils doivent apprendre à vivre avec cette réalité comme je le fais chaque jour. Le père de mes enfants et moi nous sommes séparés comme couple et les dommages collatéraux ont été inévitables.

Merci de ne pas me dire que j’ai de la chance de ne pas avoir mes enfants une semaine sur deux.

Parce que tu le dis sur un ton qui prétend que je fais la fête et que j’ai une chance inouïe de me reposer alors que je ne peux absolument pas te regarder en face et te dire que j’en profite au maximum.

Parce que la vérité est que je maudis cette semaine de solitude pendant laquelle je donnerais tout ce que j’ai au monde pour être à bout de mes enfants.

Crédit : Alexander_Safonov/Shutterstock.com
Cathy Potvin
CATHY POTVIN

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