Je suis la pire des mères

angry little boy

Mon enfant,

Il arrive régulièrement que je devienne la pire des mères à tes yeux et je souhaitais t’informer que je l’assume pleinement.

Lorsque je suis la pire des mère parce que je te demande de m’aider dans la maison, tu apprends à faire ta part et tu gagnes de l’autonomie. Cendrillon peut aller se rhabiller; toi, tu aides ta mère à plier du linge et tu donnes un coup de main quand vient le temps de faire le fameux ménage du samedi matin. Je sais, je sais, c’est poche, c’est plate et tu es le seul de tes amis qui doit faire ça. Mais tu sais quand, un jour qui arrivera trop vite, tu vas quitter la maison, tu seras content de savoir faire ton lavage et cuisiner autre chose que du Kraft Dinner. D’ici là, j’accepte d’être LA pire des mères.

Lorsque je suis la pire des mère parce que je refuse de t’acheter systématiquement toutes les bébelles que tu désires ou que je te propose d’en payer la moitié seulement, tu apprends le sens des responsabilités et la valeur de l’argent.  Je l’avoue, bien souvent, je suis à la cenne près avec toi et toi, pauvre enfant, tu dois travailler pour gagner un salaire de crève-faim afin de te payer tes fantaisies. Oui, c’est vrai, j’ai bien en poche les vingt dollars que tu me demandes pour payer le jouet que tu veux avoir, mais quand tu réussis à te payer ledit jouet toi-même après avoir accompli maintes tâches et mis de côté l’argent reçu en cadeau à ton anniversaire, tu en reconnais toute la valeur et tu lui fais attention comme jamais. Mais surtout, tu apprends qu’on ne lance pas l’argent durement gagné par les fenêtres. Donc au risque de passer pour la cheap des cheap, j’accepte d’être LA pire des mères.

Lorsque je suis la pire des mère parce que je refuse que tu sois impoli et ce, peu importe avec qui, tu apprends le respect. Même si ce n’est pas à moi que tu t’adresses, même si ” tu l’as juste dit à ton frère”, même si tu ne le penses pas pour vrai, même si tu l’as dit tout bas, je ne tolérerai jamais tes petits mots pas très doux et j’accepte avec plaisir d’être LA pire mère du monde lorsque je te l’interdis.

Lorsque je suis la pire des mères parce que je te punis en te confisquant ton jeu vidéo ou en limitant ton temps passé sur les écrans, tu apprends que chaque geste et chaque parole ont une conséquence. Saint-Martyr-des-privés-d’électronique, tu erres dans la maison tel un zombie assoiffé d’électronique, prêt à tout pour gamer, mais tu apprends tout de même à te contrôler, à gérer ce trop-plein d’émotions, à voir que tout ne se dit pas n’importe comment.  Et puisque cet apprentissage est essentiel pour vivre en société, j’accepte avec joie d’être LA pire de mères.

Mon enfant, je suis souvent la pire des mère et je l’assume; je suis là pour te guider et faire de toi un adulte sensé, pas pour être ta meilleure amie même si ce serait souvent beaucoup plus facile pour moi d’être la plus cool des mères.

Mais au-delà de nos différends, sache que je t’aime et je suis fière de toi et de la grande personne que tu deviens un peu plus chaque jour.

La p'tite mère
LA P'TITE MÈRE

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