Hier, je t’ai puni

sad kid punishment

Mon cher enfant,

Parfois, maman a de durs choix à faire. Mon travail de maman n’est pas rose tous les jours et il m’arrive d’avoir le coeur gros quand je dois te mettre en retrait, te mettre les points sur les “i” ou les barres sur les “t”. La plupart du temps, ce serait tellement plus facile de passer l’éponge rapido-presto et oublier ce qui vient de se produire. Mais la vérité, c’est que ce ne serait pas te rendre service.

Hier, je t’ai puni.

Tu as décidé d’oublier ton sac à l’école, de ne pas prendre tes responsabilités. Je t’ai alors regardé droit dans les yeux, et avec mon air de “on ne me la fait pas , à moi, la maman qui décide”, je t’ai annoncé que tu ne pourrais pas prendre part à  l’activité prévue depuis deux semaines. J’aurais grandement préféré voir tes yeux scintiller à mes côtés, t’entendre rire aux éclats et grimper partout, mais c’est un regard rempli de larmes de déception et de colère qui les a remplacés. Le regret a empli mon coeur, mais ceci n’a fait que confirmer que c’était la bonne chose à faire.

Hier, je t’ai puni.

Je me rappelle de cette journée où tu as choisi de déverser ta colère sur ta soeur. La pauvre n’y était pour rien et ne comprenait rien à ton défoulement HulkHoganien soudain. Il fallait bien évidemment que tu choisisses l’auto comme arène, habitacle privilégié fermé muni de caisses de résonance dignes d’un cinéma-maison. Toutes ces circonstances réunies t’ont une fois de plus fait perdre un privilège, car plusieurs avertissements avait été prodigués au préalable, mon hérisson.

Hier, je t’ai puni.

Lorsque tu as lancé ton repas par-dessus bord, sans même y avoir touché, après t’être obstiné plusieurs minutes pour ne pas y goûter, tu as eu la conséquence connue et méritée. J’aimerais te dire que je suis désolée, mon coeur, mais ce serait te mentir. La seule chose qui me désole, c’est de voir ton manque de gratitude vis-à-vis l’effort, le temps et l’amour mis dans chaque ingrédient, avec mes doigts fatigués de leur journée. Je suis consciente que tu ne penses encore qu’à ton nombril, et que tu aimerais y enfouir chocolat, macaroni et chips à profusion, mais au nom de ta santé future, ça n’arrivera pas.

Hier, je t’ai puni.

Je t’adore et tu le sais. Il existe un lien extrêmement fort, plus fort que tout, qui nous unit depuis ta venue. Mais ce lien ne te donne pas le droit de me traiter comme ton égale, comme un autre enfant ou encore comme une vulgaire chaussette. Je suis ta mère, une figure d’autorité pour toi. Quand tu t’adresses à moi, malgré tout le plaisir et les moments de joie que nous partageons, tu dois me parler avec respect. Et quand tu es impoli ou vulgaire, je dois intervenir. Je sais que c’est parfois difficile à comprendre pour toi, mais je ne suis pas ton amie.

Malgré mes vieilles et fausses craintes, tu ne m’aimes pas moins lorsque je mets mon chapeau de maman stricte. Tu comprends. Le fait que je persiste à être une figure parentale conséquente te guidera mieux sur le dur chemin de la vie et fera de toi une meilleure personne, une punition à la fois.

P.S. : N’oublie pas que je sais aussi récompenser tes bons coups.

Maman

Lysiane Beaubien
LYSIANE BEAUBIEN

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