À toi, mon amie qui n’a pas encore d’enfant, quand tu accoucheras, tu comprendras

baby cry with mother in living room

À toi, mon amie qui n’a pas encore d’enfant, lorsque tu accoucheras de la huitième merveille du monde, tu comprendras.

Quand tu me dis : « je ne veux pas la péridurale, je veux accoucher naturellement », sache que j’avais le même discours que toi avant d’accoucher.

Je ne voulais rien savoir de me faire enfoncer une aiguille dans le dos et de ne plus sentir le bas de mon corps lorsque mon enfant sortirait enfin. Je me disais que j’étais capable d’en prendre et de supporter la douleur. Et bien après douze heures à endurer des contractions intenses, ça se peut que tu la demandes finalement. Quand ça t’arrive, tu changes parfois d’idée, mais ça, tu le comprendras seulement quand ça t’arrivera.

Quand tu me dis : « je vais emmener mon bébé avec moi partout », sache que je l’ai aussi cru.

Mais on s’en reparlera quand ton bébé fera des crises ailleurs parce qu’il ne veut pas boire ou dormir et qu’il aura tellement faim ou sera si fatigué que tu auras juste envie de retourner chez toi pour le calmer dans ses choses. Ça se peut que pour un temps, tu préfères recevoir que sortir finalement, mais ça, tu le comprendras quand tu auras des enfants.

Quand tu me dis: « je ne m’empêcherai pas de sortir le soir quand j’aurai des enfants», sache que c’était aussi une de mes résolutions.

Mais on s’en reparlera quand t’auras presque pas dormi de la nuit, que t’auras pas arrêté de la journée, que ton enfant n’aura pas voulu faire de siestes, pis on s’en reparlera si tu vas quand même sortir ce soir-là ou succomber à la tentation de rester en mou et écouter la télé pis te coucher tôt. Tu comprendras quand tu auras des enfants.

Quand tu me dis : « je vais faire garder mon enfant si je ne peux pas l’emmener avec moi », sache que c’est ce qu’on dit toutes.

Qu’on se comprenne bien, tu le feras certainement garder un jour et ça se peut que ce soit tôt ou tard selon ton choix, mais sache que ça se peut que tu décides de ne pas sortir et rater la fête d’une amie parce que tu ne peux pas y emmener ton enfant. Tu voudras faire ce qui est le mieux pour lui et si c’est de rater une sortie et bien tu vas voir que tu vas le faire, mais tu ne le sais pas encore, tu le comprendras quand tu auras des enfants .

Quand tu me dis « quand je vais être en congé de maternité, je vais avoir le temps de faire ça », sache qu’avant d’accoucher, j’ai aussi cru que ce serait le Club Med. 

Souvent, tu me demandes ce que je fais de mes journées de congé. Pour te répondre, sache qu’après avoir passé une courte nuit durant laquelle je me suis levée souvent pour allaiter et bercer mon enfant, je me lève tôt, même très tôt parfois et je m’occupe de lui : je passe tout mon temps avec lui, je joue avec lui, je le nourris, je change ses couches, je l’habille, je vais le promener en poussette, je l’emmène faire des commissions, j’essaie de le divertir du mieux que je peux et lorsque je réussis enfin à l’endormir dans son lit pour une courte sieste, et bien non je ne m’assois pas sur le divan pour écouter des émissions. Je me dépêche plutôt de déjeuner ou dîner, je vide le lave-vaisselle, je pars une brassée de lavage, je commence à préparer mon souper, je ramasse un peu et si j’ai de la chance, je peux enfin finir mon café que j’ai fait réchauffer trois fois. Alors lorsqu’il est rendu sept heures et que mon enfant dort, excuse-moi de ne pas avoir envie de m’arranger et de sortir passer la soirée dans un resto-bar à me faire hurler dans les oreilles (pour faire changement de ma journée) et revenir à minuit, heure à laquelle mon enfant risque de se réveiller… j’ai juste le goût de m’assoir et de relaxer de ma journée « de congé » mouvementée. Tu verras quand tu auras des enfants.

Quand tu me dis « quand je vais être maman, je ne passerai pas mon temps à parler de bébé », sache que ça pourrait bien changer.

Je sais que tu es tannée de m’entendre parler de mon enfant tout le temps, mais quand tu auras des enfants à ton tour, tu seras tellement fière que tu auras probablement toujours le goût d’en parler toi aussi.

Je sais qu’en tant que femme sans enfant, tu en as probablement ta claque d’entendre que tu comprendras quand tu seras maman, mais sache que c’est bien vrai et j’ai bien hâte que tu en aies pour me comprendre enfin.

 

Marie-Élaine Morin-Bélanger
MARIE-ÉLAINE MORIN-BÉLANGER

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