Ce qu’on a oublié de dire aux jeunes mamans

newborn crying with mother

Il y a une chose que l’on ne dit jamais aux jeunes mamans. On les laisse rêver, se bercer d’illusions et croire que le monde de la parentalité est un monde solidaire, de partages, de conseils et de douce complicité. C’est faux. En vérité, c’est un monde impitoyable où chacun y va de son commentaire, sa comparaison, de sa réflexion désobligeante et de son jugement. Et le pire dans tout ça, c’est que ce sont souvent les outragées, oui, ces même mères qui se plaignent du jugement et de la pression sociale qui pèsent sur leurs épaules qui se pourlèchent les babines au moindre faux pas et t’assènent les flèches les plus aiguisées.

Aussi bizarre que cela puisse paraître, c’est la maman qui n’a pas allaité son enfant qui te critiquera de ne pas donner le sein et ainsi le meilleur à ton petit, te faisant passer pour une mauvaise mère incapable de donner “le meilleur” à son enfant. C’est la maman qui plante ses enfants toute la journée devant la télévision et l’ordinateur qui tiendra le crachoir des heures durant en société, prônant les puzzles et jouets en bois contre tous ces écrans qui sont néfastes pour la santé de ses chères têtes blondes. C’est la maman qui a fumé tout le long de sa grossesse qui viendra t’expliquer à quel point le tabagisme passif est nuisible et dangereux pour la santé des chérubins. C’est la maman qui ne sait pas dire non qui te méprisera du regard lorsque ta dernière fera un caprice au rayon des bonbons du supermarché local. C’est la maman qui travaille à temps plein et est en déplacement quatre jours par semaine qui viendra t’expliquer que reprendre le travail en ayant des enfants en bas âge, c’est pas le pied et qu’il te faut être disponible pour leur équilibre.

Avec le temps, je me dis que ce n’est finalement pas si bizarre que ça. Ce sont leur égo blessé et leur culpabilité qui parlent et les poussent à se permettre de te critiquer, sous couvert de conseils qu’au passage tu n’as jamais demandés. Et si très tôt, on expliquait aux enfants qu’une mère est forcément imparfaite puisqu’elle est un être humain, peut-être seraient-elles plus humaines à leur tour et mettraient un terme d’elles-mêmes au championnat mondial des langues sales ? Parce que la pression sociale qui pèse sur les épaules des mamans n’est-elle au final pas alimentée par les principales intéressées?

Bien sûr, moi aussi j’ai des principes et je suis parfois choquée par certaines réactions ou modes d’éducation. La différence est que je ne le partage pas sans y avoir été invitée.

Aux poubelles, la belle image lisse de la mère parfaite ! Tu n’aimes pas aller à la plage avec tes enfants ? Ça ne fait pas de toi une mauvaise mère. Tu ne pleures pas lorsque ton petit part le dimanche soir chez son père? Ça ne fait pas de toi une mauvaise mère. Tu vas chercher le pain en cachette à l’épicerie, histoire d’avoir dix minutes de répit? Ça ne fait pas de toi une mauvaise mère. Tu cèdes parfois aux caprices de tes petits et les laisses avaler un bol de céréales devant la télé en guise de dîner? Ça ne fait pas de toi une mauvaise mère.

Alors, les mamans, jeunes et plus expérimentées, aimez-vous donc, les unes les autres. Donnez envie aux nouvelles mamans de vous rejoindre. Transmettez-leur vos petits trucs et astuces au lieu de les juger. Prouvez-leur qu’imperfection ne rime pas avec objection mais amélioration.

Que la force soit avec vous.

Aude Courbouleix
AUDE COURBOULEIX

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