Accepte la mère que tu es

mother and baby at home

En tant que mère, tu passes ton temps à te remettre en question. À t’en vouloir. À trouver que tu n’en fais pas assez. Que tu ne le fais pas assez vite. Que tu ne le fais pas de la bonne façon. Tu peux compter sur les doigts d’une main le nombre de fois où tu as croisé ton regard cerné dans le miroir et que tu y as lu la fierté d’être une bonne maman, comme s’il t’était impossible d’être « assez ». Le bonheur de la maternité passe son temps à t’échapper parce que tu ne le saisis pas, trop occupée à te sentir coupable et il est grand temps que tu acceptes la mère que tu es.

Accepte que ta patience aura toujours ses limites. Toutes les mères en voudraient plus, mais ça ne se puise pas dans un puits sans fond, le sang-froid pis les grandes respirations. Vient un moment où le presto saute pour tout le monde. L’important, ce n’est pas la patience que tu n’as pas, c’est la façon dont tu gères ton impatience. Y’a pas de mal à t’enfermer dans ta chambre, le temps que la vapeur redescende. Y’a pas de mal à crier un bon coup dans ton oreiller le temps que la jugulaire arrête de te sauter.

Accepte que ta constance fait son possible. Tu voudrais toujours maintenir les menaces pis les punitions que tu promets au compte de trois. Tu voudrais que tes enfants ne jouent pas plus que quinze minutes par jour sur leur tablette. Tu aimerais les obliger à finir leur assiette à tous les jours que la vie fait s’ils veulent un dessert. Mais parfois, tu cèdes. Parce que t’es fatiguée. Parce que tu as ta journée dans le derrière. Parce que tu n’as pas la force de te battre. Toutes les mères le font. Plutôt que te flageller toutes les fois que tu cèdes, félicite-toi donc pour toutes les fois où tu tiens ton bout; tu vas vite réaliser que tu es beaucoup plus persévérante que tu ne le crois.

Accepte que ta fatigue prend parfois le dessus. Toutes les mamans aimeraient déborder d’entrain le jour comme la nuit pour entertainer leurs enfants et prendre soin des nez qui coulent et des gorges qui toussent au clair de lune. Mais pour ça, toutes les mamans devraient dormir huit heures d’affilée, avoir le temps de manger trois repas chauds par jour et prendre un bon bain chaud quotidiennement. Entre ce qui serait souhaitable et la réalité, il y a un précipice dans lequel gît possiblement la plus grande partie de ton énergie. Tu as le droit d’être fatiguée et de faire le minimum quand tu es vidée.

Accepte que l’envie de jouer à quatre pattes n’est pas innée. Tu voudrais avoir envie de jouer avec tes enfants toutes les fois qu’ils te le demandent. Tu voudrais sincèrement leur offrir ce moment de bonheur systématiquement pour les rendre heureux. Mais tu n’as plus six ans et il est possible qu’une game de petits chars sur une piste de course en tapis ne t’enthousiasme pas au même titre que tu n’es pas fanatique des après-midi au parc à regarder ta progéniture jouer dans les blocs moteurs. Mais tu fais autre chose. Tu dessines avec eux. Tu parles avec eux. Tu leur lis des histoires. Tu leur chantes des chansons. Tu les emmènes glisser. Arrête de minimiser ce que tu fais au quotidien au profit de ce que tu ne fais pas.

Accepte ton besoin de faire des choses pour toi, de savourer une grosse demi-heure de silence ou de partir en vacances sans tes petits. Ça ne fait pas de toi une mauvaise mère. Ça fait de toi une mère qui cherche l’équilibre entre les quarante chapeaux qu’elle porte au quotidien et qui a tout à gagner à le faire. Avant d’être une maman, tu étais quelqu’un et cette personne-là n’a pas disparu le jour où tu as mis bas. Elle est toujours là et elle a aussi des besoins.

C’est difficile de mettre la culpabilité dehors. C’est difficile d’admettre qu’on ne sera jamais parfaite. Mais c’est là que se trouve le véritable bonheur. Celui d’aimer la mère qu’on est. Celui de l’accepter dans toutes ses forces et toutes ses faiblesses.

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