La maudite balance

woman on the floor with scale

Comme chaque matin avant de prendre ta douche, tu sors ton objet à aiguilles ou, si t’es plus fancy, ta petite boîte numérique. Tu t’assures qu’elle est au bon endroit, que t’as pas trop de vêtements sur le dos et que t’as évacué les fluides dans l’objet blanc. Après tout ce rituel, tu grimpes finalement dessus. Tu attends durant quelques secondes interminables, impatiente de savoir si dans la nuit ton poids a bougé de quelques grammes. Bam! Le chiffre tant attendu apparaît. Et c’est ça qui va dicter ta réaction.

S’il est plus élevé que la veille et que celui de tes aspirations, tu t’exclames avec dédain qu’encore une fois t’as abusé. Le biscuit que t’as mangé ou l’entraînement que t’as skippé sont responsables de cette prise de poids soudaine. Tu te promets de faire attention toute la journée pour perdre ce surplus oh! combien indésirable.

S’il a magiquement descendu, tu te félicites pour tous tes beaux efforts de la veille. Et tu te dis que tu vas skipper le dessert ce soir au souper de fête de ton plus grand. Pour ne pas scrapper ce que t’as durement perdu.

Et… c’est ça qui set le ton de ta journée.

Est-ce que c’est moi ou ce n’est pas normal? Que le diktat de la balance soit aussi présent dans ta maison et celle de milliers de femmes et de mamans? Est-ce que ça t’inquiète toi aussi? Je veux dire, pourquoi tu te mets une pression aussi intense pour atteindre LE chiffre sur la balance. Mais surtout, pourquoi en tant que femme, en tant que maman, tu te définis par un chiffre? Pourquoi tu lui laisses le droit de te dicter comment tu te sens. Ce que tu vaux? Qui tu es?

Parce que, laisse-moi être franche ma belle. Tu es BIEN PLUS qu’un chiffre. Et tu vaux plus que le satané chiffre que ta balance te pitche dans le visage chaque matin. Laisse-moi te redire ça une autre fois.

Tu n’es pas un chiffre.

Tu es un être humain.Un être humain avec des qualités, des défauts, des forces, des faiblesses. Pas juste un IMC pis un poids en livres. Et que tu ne devrais pas te taper sur la tête pour ça.

En même temps, je suis pas en train de te dire que tu devrais t’en foutre pis engloutir tout ce que tu veux. De manger de la junk en quantité industrielle pis de te dire que c’est pas grave. Comme je ne suis pas en train de te suggérer de manger du poulet sec pis du brocoli vapeur à l’infini pour atteindre tes objectifs de poids. Parce que prendre soin de sa santé et de son corps pour se sentir bien, c’est une autre affaire.

Non mais, t’sais, on va se le dire ça se peut que t’aies pris du poids dans le dernier mois ou dans la dernière année. Ça se peut aussi que tu en aies perdu et pour plein de raisons.

Je te dis juste que le rapport que tu entretiens avec ta balance chaque jour ne devrait pas avoir le droit de te définir en tant que personne et surtout pas comment tu te sens. La balance devrait être tout sauf ton amie. Parce que, c’est une fausse relation d’amitié qu’elle te propose en te permettant de t’évaluer sur un seul et unique critère.

Laisse-moi te dire que tu es belle. Pis c’est pas un chiffre qui me permet de l’affirmer. Et crois-moi, quand je te dis qu’être mince ne fera pas de toi quelqu’un de plus heureux et surtout pas une meilleure personne, si tu n’apprends pas à aimer ce que tu es au fond de toi. Avec tout ce que ça comporte.

Et aussi, parce que je suis certaine que tu n’as pas envie d’apprendre à tes enfants à se définir par un chiffre et par leur image corporelle. Parce que t’sais, ça aussi c’est inquiétant.

Ça fait que la prochaine fois que tu monteras sur ton petit objet métallique, pense à tout ça. Pis dis-toi que malgré tout ce que tu peux penser, tu es belle. Pis que c’est pas la seule chose qui va faire que tu vas passer une belle journée. Pense à ton chum, tes enfants, ta job, ta famille, ta vie et ce que tu as au programme dans ta journée. Au fond, à ce que tu veux et dis-toi que peu importe ton poids, tu peux affronter la vie sans te soucier du chiffre que tu vois en ce moment.

Et si t’es plus drastique, jette-la au vidange ou cache-la dans la garde-robe.

Es-tu game?

Véronique Martel
VÉRONIQUE MARTEL

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