Les mauvais jours

depressed woman

Il y a les bons jours. Ceux où je me lève avec cette impression que le monde m’appartient et que rien ni personne ne pourra se mettre en travers de mon bonheur. Ces jours où la course effrénée du matin et les becs barbouillés de confiture me font sourire et me rappellent la chance que j’ai d’être maman. Ces jours où toutes les tâches que j’ai à accomplir sont un défi à la hauteur de mes ambitions. Ces jours où mon cœur se gonfle de bonheur lorsqu’il mesure toute la richesse qu’il possède. Ces jours où il menace d’exploser lorsque mon fils glisse sa main dans la mienne. Ces jours où il bat plus fort lorsque je m’assoupis dans les bras de l’homme incroyable qui partage ma vie. Ces jours où je m’endors l’esprit en paix, heureuse d’être exactement là où je suis. Exactement là où je veux être.

Puis il y a les mauvais jours. Ceux où je me lève avec l’impression de porter le poids du monde sur les épaules. Ces jours où les cris enjoués des enfants me fendent l’âme et me donnent envie de me terrer dans un trou si profond que rien ni personne ne pourrait venir perturber le noir que je veux broyer, tranquille. Ces jours où toutes mes responsabilités me reviennent en pleine face, comme une grande claque qui fait mal, inévitable. Ces jours où j’échangerais ma vie avec tous les étrangers que je croise. Ces jours où le regard espiègle de mon garçon n’arrive pas à transpercer mon cœur comme il sait pourtant si bien le faire. Ces jours où les caresses de celui que j’aime ne me font pas frissonner. Ces jours où le temps s’échappe goutte à goutte sans fin comme une torture. Ces jours où je ne parviens pas à trouver le sommeil même si je me sens plus fatiguée que je ne l’ai jamais été, trop occupée à tourner le fer dans une plaie née d’un mauvais réveil.

Et il y a les autres. Les jours teintés de blanc et de noir. Ceux où la vie n’a rien d’un conte de fées ni d’un cauchemar. Ces jours remplis de fous rires et de moments de grande exaspération. Ces jours qui goûtent la confiance et l’ambition puis la peur et l’insécurité. Ces jours où la colère rencontre souvent le calme et où le calme fait place à la douceur. Ces jours où on se permet de rêver à un demain meilleur tout en souriant au soleil d’aujourd’hui. Ces jours où on se félicite de ses bons coups. Ces jours où on s’en veut et où on pleure en silence avant de se ressaisir en se promettant de faire mieux demain.

La vie est bien loin d’être parfaite. Mais j’ai décidé d’accueillir les bons jours et d’accepter les mauvais. De rire aux éclats et de pleurer à torrents. De ne pas imposer de cadre ni de limites à toutes ces émotions qui se bousculent et qui méritent leur place même quand ça fait mal.

Et depuis, la vie me semble plus douce même quand il fait noir.

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