Lettre à mon ex, le père de mon enfant : je m’ennuie de notre team

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Tu sais, avec le temps,  j’en suis venue à être d’accord avec toi; nous n’étions pas amoureux. Nos valeurs se mariaient bien ensemble, mais nous n’étions pas faits l’un pour l’autre.

Par contre, une chose est  sûre. Bien qu’on ait perdu le cap et qu’on se soit échoués, nous sommes restés de solides capitaines mettant tout en notre pouvoir pour guider notre petit moussaillon dans la grande aventure de la vie. Je m’ennuie parfois du temps où nous ramions encore ensemble, dans la tempête, et où l’on s’efforçait de faire ce qu’il fallait pour que ça ne tangue pas trop, question de ne pas donner le mal de mer au moussaillon.

Malgré tout, avoue-le, on était pas en si mauvais état. On était une solide team et on se complétait bien. OK, je ne payais pas les comptes, mais je savais quand coucher bébé pour qu’il reste de bonne humeur. Je ne sortais pas les poubelles, mais je savais toujours où était l’objet que tu cherchais. Les forces de l’un compensaient pour les faiblesses de l’autre et je crois qu’à nous deux, on formait un tout quand même un brin équilibré.

Je m’ennuie parfois de la team que l’on formait. On pouvait se relayer et aller puiser un peu de patience chez l’autre pour garder notre santé mentale intacte. Tu trouves pas ça tough des fois, que je ne sois pas là? Quand il faut que tu montes l’épicerie tout en gérant notre fille qui pète une crise car tu as décalé sa sieste d’une heure ? Ou quand elle se réveille en pleurs au beau milieu de la nuit et que tu couves une bien mauvaise grippe ? Pendant tes périodes plus sombres ou quand c’est le temps de magasiner?

Moi, je m’ennuie de toi. Souvent. Je ne te l’ai pas assez dit car il fût un temps où je te prenais pour acquis, mais ta présence me faisait du bien. À moi, à mon cœur, à ma vie.  À la longue, on sait lire dans le comportement de l’autre et capter quand ça ne va pas et on sait surtout quoi dire et quoi faire pour le rebooster. Toi, tu savais. Je m’ennuie de ça.

Il y a des moments comme ça, où tu me manques. J’ai fait mon deuil de l’amour, mais celui de l’ami, du partner au quotidien, c’est encore difficile parfois. Les matins d’hiver, quand il y a de la neige à pelleter, les soirées ciné où tu n’es pas là pour m’aider à choisir le film, les après-midi de popote où mes pauvres petites mains ne réussissent pas à ouvrir tous les pots.  Tu me manques.

Les journées grises où notre fille me teste sans bon sang, les soirées de grand froid sans toi pour me réchauffer, les moments d’incompréhension quand mon auto fait de drôles de bruits et quand quelque chose se brise dans la maison. J’aimerais que tu sois là.

Parfois, quand j’ai eu une grosse journée et que mademoiselle est chez moi, je me dis que c’était pas ça le deal. J’avais prévu que nous allions nous en occuper ensemble, pas chacun notre tour. Je trouve ça dur. De ne plus pouvoir compter sur toi. De ne pas pouvoir te laisser t’occuper de son dodo pendant que je fais la vaisselle. Nous avions chacun nos tâches, chacun nos nuits à se taper. Ça ne te manque pas toi ?

Ça n’a pas été tout noir, tu sais. Et à voir la beauté de notre fille, force est de se rappeler que ça n’a pas été déplaisant de la créer. On a eu du fun, tu sais. Je sais que tu le sais. Je ne regrette rien.

Et bien que je sois certaine que nous ne sommes pas des âmes sœurs, je tiens à te dire que je t’aimerai pour toujours. Même que parfois, malgré le fait que tout n’a pas toujours été rose, j’ai peur de ne jamais trouver un homme comme toi dans ma vie. Un aussi bon partner.

Tu me manques, mon ami.

Margaux MacKay
MARGAUX MACKAY

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