Le jour où j’ai accepté d’être faible

depressed woman

J’ai toujours cru que les gens qui réussissaient le mieux étaient ceux qui ne pliaient jamais le genou.

Ceux qui, devant les épreuves et les tempêtes, restaient debout sur le pont, s’accrochant au gouvernail de leur navire pour s’assurer qu’il maintienne le cap coûte que coûte. Puis j’ai flanché et je suis tombée à genoux les doigts gercés et glacés toujours cramponnés au volant de ce navire sur le point de s’échouer à cause de mon entêtement à ne jamais m’avouer vaincue.

J’ai toujours cru qu’il fallait garder la tête froide.

Qu’en temps de crise, pleurer ou hurler de douleur ne menait à rien d’autre qu’à retarder le moment ultime où les nuages faisaient finalement place au soleil. Puis, j’ai flanché. J’ai hurlé toutes ces années où je m’étais tue, j’ai pleuré toutes ces larmes que j’avais retenues jusqu’à ce qu’elles inondent mon salon et fracassent la fenêtre en emportant une partie de ma vie que je m’étais refusée à vivre.

J’ai toujours cru que de se montrer faible devant les autres ne pouvait que me rendre plus vulnérable.

Que de baisser ma garde et laisser quelqu’un envahir mon petit monde ne pouvait que le conduire à sa perte. Puis j’ai flanché, le cœur trop plein de solitude dans cette tour d’ivoire que j’avais construite de mes mains en croyant me protéger de la douleur alors que c’est de l’amour dont je me privais.

J’ai toujours cru qu’il fallait se protéger des autres et du mal qu’ils peuvent nous faire.

Que pour éviter les guerres et les blessures, il fallait me construire une carapace si lourde et si épaisse que rien ni personne ne pourrait plus jamais m’attaquer. Puis j’ai flanché parce que sous mon armure mon corps se fissurait sous le poids de toutes les craintes et  les peurs que je refoulais depuis trop longtemps.

J’ai toujours cru que pour être forte, il ne fallait jamais fléchir. Que les gens courageux ne pleuraient pas et que ceux qui se montraient vulnérables couraient à leur perte.

Puis j’ai accepté d’être faible. De perdre pied. De m’avouer vaincue pour un temps. Trop fatiguée pour lutter encore. Trop fatiguée de me tenir droite et de prétendre que tout va bien quand tout s’écroule.

J’ai réalisé que ce sont les gens qui acceptaient de fléchir, d’admettre leurs défaites et de faire part de leur douleur et de leurs peurs qui étaient les plus forts.

Et je n’ai plus jamais cessé d’être forte.

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